PHOTO D'ARCHIVE : Un panneau indiquant « Wall Street » devant la Bourse de New York (NYSE), à New York
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en repli mardi à l'ouverture et les Bourses européennes sont également en baisse à la mi-séance, au démarrage d'un mois de septembre traditionnellement difficile pour les marchés, alors que la pression s'accentue dans l'obligataire, sur fond de craintes inflationnistes alimentées par la hausse du pétrole. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en recul de 0,57% pour le Dow Jones, de 0,58% pour le Standard & Poor's 500 et de 1,08% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,37% à 8.303,46 points vers 11h30 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 1,12% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,84%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,64% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,71%. Le Stoxx 600 cède 0,68%, pénalisé en premier par la consommation cyclique (-1,66%). La quasi totalité des grands secteurs de l'indice paneuropéen sont dans le rouge, hormis la santé et l'énergie (+0,90%), ce dernier compartiment profitant du regain de tensions militaires entre les Etats-Unis et l'Iran.
Après un été plutôt favorable pour les marchés avec des indices boursiers proches de leur niveau record, les investisseurs sont désormais sur la défensive à l'entame du mois de septembre.
Le reflux de l'appétit pour le risque est lié principalement à l'envolée des rendements obligataires qui pèse sur les actions alors que le niveau des dettes des Etats inquiète et que la reprise des hostilités au Moyen-Orient fait craindre une persistance de l'inflation.
Les données publiés ce mardi par Eurostat montrent que l'inflation en zone euro a accélérée sur un an en août, à 3,3%, dépassant l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), qui se réunit la semaine prochaine.
"Pour la BCE, la forte hausse du taux d'inflation global rend une hausse des taux en septembre plus facile à justifier", anticipe Bert Colijn, chef économiste chez ING, dans une note.
La hausse des prix est également un sujet d'inquiétude aux Etats-Unis, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, ayant lui-même récemment estimé que la banque centrale américaine avait "du pain sur la planche" si l'inflation reste supérieure à l'objectif fixé.
La publication vendredi du rapport mensuel officiel sur l'emploi américain permettra d'ajuster les anticipations sur les taux directeurs alors que la Fed tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire les 15-16 septembre. Avant cela, l'enquête Jolts sur l'emploi et les chiffres de l'activité des entreprises, mesurée par l'indice ISM manufacturier, donneront à 14h00 GMT un aperçu de la santé économique des Etats-Unis.
En Europe, la croissance de l'activité manufacturière en zone euro a atteint en août son plus haut niveau depuis plus de quatre ans, signe d'une certaine résilience de l'économie du bloc, tandis qu'en Grande-Bretagne, le secteur manufacturier a ralenti à un creux de cinq mois.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les géants des puces comme Nvidia, Intel et AMD reculent de 1,2% à 1,9% en avant-Bourse avec la remontée des rendements obligataires.
Exxon Mobil et Devon Energy gagnent respectivement 1% et 1,3% en avant-Bourse avec la progression des cours du pétrole.
VALEURS EN EUROPE
Air Liquide avance de 3,04% après la publication d'informations dans les médias selon lesquelles le fonds activiste Elliott Investment Management a pris une participation dans la multinationale française.
Kering recule de 3,42% dans le sillage du repli du secteur du luxe en Europe et de la consommation en Europe. La maison mère de Gucci a par ailleurs annoncé mardi plusieurs nominations à la tête de ses activités en Italie, dont l'arrivée de Sabina Belli, passée notamment par des fonctions de direction chez WPP (-2,11%), L'Oréal (-0,92%) et LVMH (-0,95%), à la présidence de Kering Italie.
Reckitt Benckiser prend 3,85% après une décision de justice aux Etats-Unis favorable à la filiale du groupe, Mead Johnson, concernant les préparations pour nourrissons.
Novartis grimpe de 5,03% après des données positives d'essais cliniques de phase avancée sur un médicament contre la sclérose en plaques (SEP). Cela prend le pas sur l'annonce par le laboratoire suisse de la suspension d'essais cliniques d'une thérapie cellulaire expérimentale après trois décès.
Partners Group plonge de 7,61%, la société suisse de capital-investissement ayant annoncé une baisse de son bénéfice semestriel et déclaré que son directeur général, David Layton, quitterait l'équipe de direction en janvier prochain.
Le distributeur britannique Frasers perd 1,26% après avoir annoncé son intention de porter sa participation dans Hugo Boss (+0,93%) à plus de 50%, à la suite de l'échec en juin de son projet d'acquisition pour deux milliards d'euros de la maison de mode allemande.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans monte de 2,7 points de base, à 3,35%, après avoir touché en séance un plus haut de 15 ans, à 3,36%.
La maturité à 30 ans, quant à elle, est à un sommet depuis 2011, à 3,84%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans s'affiche à 4,20%, en hausse de 3,3 points de base, tandis que l'échéance à 30 ans, ressortie à 4,95%, a de nouveau progressé pour atteindre son plus haut niveau depuis 2008. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans grimpe de quatre points de base, à 4,79%, après avoir pris la veille 3,6 points de base. Le 30 ans avance de 3,4 points, à 5,28%.
CHANGES
Le dollar progresse de 0,21% face à un panier de devises internationales, la reprise des attaques dans le Golfe ayant provoqué une vague de ventes d'obligations à l'échelle mondiale et alimenté les craintes d'inflation.
L'euro recule de 0,22%, à 1,1590 dollar, après avoir progressé de plus de 1% en août.
La livre sterling s'échange à 1,3532 dollar (-0,13%).
Le yen japonais s'est de nouveau affaibli, franchissant la barre des 160 pour un dollar, malgré la pression croissante, notamment celle du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, sur la Banque du Japon (BoJ) pour qu'elle relève ses taux directeurs.
PÉTROLE
Le marché pétrolier poursuit mardi sa remontée avec la reprise des combats entre les Etats-Unis et l'Iran au Moyen-Orient, ce qui ravive les craintes de perturbations dans l'approvisionnement.
Le Brent prend 1,76% à 92,06 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,32% à 87,66 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 1ER SEPTEMBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h00 Indice ISM manufacturier août 55,2 55,6
USA 14h00 Enquête Jolts sur les offres juillet 7,300 7,359
d'emplois millions millions
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer