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USA-Le "shutdown" pourrait enrayer la mécanique de la consommation
information fournie par Reuters 18/01/2019 à 14:49

    par Nandita Bose et Howard Schneider
    NEW YORK, 18 janvier (Reuters) - Les dépenses des ménages,
moteur de la croissance des Etats-Unis en 2018, risquent d'être
moins dynamiques cette année et la fermeture partielle des
administrations fédérales ("shutdown")contribue à brouiller les
cartes un peu plus.
    La Réserve fédérale et beaucoup d'économistes ont longtemps
compté sur la vigueur de la consommation des ménages pour
alimenter la croissance économique en dépit des récentes
turbulences sur les marchés financiers, des tensions
commerciales et du ralentissement de la croissance mondiale.
    Mais ils craignent maintenant que ce moteur ait des ratés.  
  
    Les signaux d'alarme se manifestent sur la totalité du
spectre des revenus, des plus aisés qui pourraient freiner leurs
dépenses après avoir subi de fortes pertes en Bourse aux plus
pauvres qui risquent gros si le "shutdown" aboutit à repousser
les versements de prestations d'aide alimentaire.
    Les économistes se demandent par ailleurs, à titre
d'exemple, si la baisse de l'impôt sur le revenu intervenue l'an
dernier dopera les gros achats, comme dans l'électroménager, qui
se font souvent à cette époque de l'année, ou si cette manne
fiscale a déjà été intégralement dépensée.
    Le "shutdown", qui en est à son 28ème jour, risque de
retarder les reversements d'impôts et d'affecter les entreprises
qui comptent sur les consommateurs qui consacreraient une partie
de cet argent frais à acheter leurs biens et services.
    Les entreprises d'amélioration de l'habitat telles que Home
Depot  HD.N , Lowe's  LOW.N  et Wayfair  W.N , dont les ventes
sont habituellement dopées par les achats de meubles et autres
grosses dépenses de printemps, ne seraient pas épargnées. 
    "Nous ne constatons pas d'impact tangible", a toutefois
déclaré un porte-parole de Home Depot. Lowe's et Wayfair n'ont
pas répondu aux sollicitations de commentaires.
    Le "shutdown" a des implications difficiles à cerner pour le
consommateur, les distributeurs et l'économie dans son ensemble
parce les chefs d'entreprise et les autorités ne peuvent mesurer
les répercussions directes liées aux 800.000 salariés du secteur
public qui ne touchent plus leur paye, ni le contrecoup sur la
confiance des consommateurs et des entreprises.
    Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de
Chicago, déclarait la semaine dernière que même si les effets
immédiats du "shutdown" sur l'économie seront limités, son
impact psychologique pourrait lui être conséquent.
    "Le consommateur éprouve une aversion au risque et se replie
sur lui-même; les entreprises commencent à planifier une baisse
d'activité et tous ces effets vont en s'amplifiant", a-t-il dit.
    Constance Hunter, chef économiste de KPMG, a dit à Reuters
que si le "shutdown" durait jusqu'à la fin du mois, "nous
retrancherons deux points de pourcentage (à la croissance du
PIB) du premier trimestre".
    Ces préoccupations ont trouvé leur chemin jusqu'au sein de
la Réserve fédérale qui prône désormais la patience et la
prudence dans sa politique de relèvement des taux d'intérêt.
    
    FAST FOODS ET L'ALIMENTAIRE EN PÉRIL
    Les dépenses des ménages représentent les deux tiers environ
de l'activité économique aux Etats-Unis et le bond de 4% de
leurs achats de biens l'an passé expliquent en grande partie la
solide croissance qui devrait probablement atteindre 3%.
    Plus récemment, le dynamisme de cette consommation a
contrebalancé un investissement productif plus faible que prévu
et le coup de frein du commerce. On pense aussi qu'elle a
compensé la dissipation de l'effet de la récente vague de
dépenses publiques mise en oeuvre par l'administration Trump.
    Que la hausse des taux d'intérêt et les tensions
commerciales freinent les dépenses des ménages n'a rien qui
puisse surprendre les économistes. C'est sur l'ampleur de ce
coup de frein qu'ils se posent des questions et le "shutdown"
contribue à rendre la réponse encore plus compliquée.
    Steven Blitz, chef économiste chez TS Lombard, observe que
des distributeurs tels que Macy's  M.N , Nordstrom  JWN.N  et
d'autres ont évoqué un mois de décembre faible et il pense que
le "shutdown" affectera la croissance du premier trimestre.
    "Il y aura un mieux au deuxième trimestre mais certains
secteurs subiront des dégâts dans la durée, comme la
restauration", a-t-il dit.
    Seraient concernés au premier chef McDonald's  MCD.N ,
Chipotle Mexican Grill  CMG.N  et Starbucks  SBUX.O , qui ne
pourront rattraper le manque à gagner dû au "shutdown", de
l'avis des analystes.
    Tous trois n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.
    Brian Cantor, chez Alvarez & Marsal, observe que les
distributeurs de produits alimentaires tels que Walmart  WMT.N 
et Kroger  KR.N  risquent de ressentir les effets d'une baisse
des dépenses en biens non essentiels, ce qui devrait rogner
leurs marges, tandis que les achats de biens de première
nécessité se maintiendraient.
    Walmart s'est abstenu de tout commentaire. 
    Rodney McMullen, PDG de Kroger, soulignait pour sa part la
semaine dernière que si le consommateur conserve une opinion
incroyablement positive sur l'état de l'économie, "il est de
plus en plus nerveux concernant l'évolution de la situation".
    Les petits détaillants indépendants, dont la clientèle est
souvent peu aisée, risquent également de souffrir.
    Le programme d'aide alimentaire aux plus démunis
(Supplemental Nutrition Assistance Program, SNAP), qui aide 19
millions de foyers aux maigres revenus, est financé jusqu'à
février inclus. Mais le "shutdown" a perturbé le traitement des
nouvelles demandes de licences SNAP ou leur renouvellement.    
    Peter Larkin, PDG de la National Grocers Association, a
écrit au Congrès le 10 janvier pour dire que le "shutdown"
empêchait beaucoup de distributeurs indépendants d'obtenir une
licence SNAP pour leurs nouveaux magasins et que plus de 2.500
détaillants ont des difficultés à faire prolonger leur licence.
    "L'incapacité à obtenir de nouvelles licences SNAP pour des
magasins nouvellement ouverts ou achetés pourrait avoir un
impact négatif important sur les économies locales", a-t-il dit.

 (avec Anna Driver, Wilfrid Exbrayat pour le service français,
édité par Juliette Rouillon)
 

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