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UniCredit lance une offre sur Commerzbank pour rouvrir les discussions de fusion
information fournie par Reuters 16/03/2026 à 14:58

Des cartes de crédit d'Unicredit devant le logo de la Commerzbank

Des cartes de crédit d'Unicredit devant le logo de la Commerzbank

UniCredit a lancé lundi une offre non sollicitée afin de ‌porter sa participation dans Commerzbank à plus de 30%, une opération visant à pousser son concurrent allemand à accepter les discussions sur une ​possible fusion après 18 mois de statu quo.

Cette offre, dont la modeste prime valorise Commerzbank à environ 35 milliards d'euros, relance la pression sur la banque allemande, les efforts précédents d'UniCredit s'étant heurtés à l’opposition marquée de Berlin, ainsi qu'à celle de la direction et des salariés.

"Le ​message que nous adressons aujourd'hui à Commerzbank est qu'il est temps de discuter", a déclaré lundi le directeur général d'UniCredit Andrea Orcel.

La législation allemande en matière de fusions-acquisitions impose une ​offre publique d'achat sur l'ensemble du capital dès qu'un acquéreur franchit le ⁠seuil de 30% dans une société.

"UniCredit devrait détenir une participation supérieure à 30% dans Commerzbank sans pour autant en prendre le ‌contrôle", a déclaré dans un communiqué le groupe italien, qui détient déjà 26% du capital de son concurrent et 4% supplémentaires par le biais de contrats de swap de rendement total.

UNE INITIATIVE "PAS COORDONNÉE"

Commerzbank, dont l'action a ouvert ​en hausse et gagnait 7,33% lundi à 13h07 ‌GMT, a déclaré que la proposition d'UniCredit ne comportait pas les conditions essentielles nécessaires pour servir ⁠de base aux discussions, ni aucune prime pour les actionnaires.

"Nous sommes convaincus de la solidité et du potentiel de notre stratégie, qui met l'accent sur l'indépendance et la croissance rentable. Cette initiative n'a pas été coordonnée avec nous", a déclaré dans un communiqué Bettina Orlopp, présidente du ⁠directoire.

L'actionnaire de Commerzbank Union Investment ‌a cependant renouvelé ses appels en faveur d'un engagement dans des négociations avec Andrea Orcel.

Selon Jerome Legras, directeur de ⁠la recherche chez Axiom Alternative Investments, "il s'agit d'une offre plus 'technique', visant à gérer la question liée au code allemand des OPA".

"Cela semble être ‌une décision judicieuse, qui offre à UniCredit une plus grande marge de manœuvre pour l'avenir", expliquent les analystes de ⁠Citi.

D'après Andreas Thomae, expert en gouvernance d'entreprise du groupe de fonds communs de placement Deka, il ⁠s'agit d'une "manoeuvre technique astucieuse".

"SEUIL CRITIQUE"

Conformément à ‌la réglementation allemande, l'autorité des marchés déterminera le prix de l'offre, la banque italienne disant s'attendre à ce qu'il soit fixé à 0,485 ​action UniCredit par action Commerzbank, ce qui impliquerait un prix de 30,8 euros ‌par action Commerzbank, soit une prime de 4% par rapport au cours de clôture du 13 mars.

"L'offre vise à franchir le seuil critique de 30% prévu par ​la législation allemande en matière de rachat et à favoriser un dialogue constructif avec Commerzbank et ses parties prenantes au cours des prochaines semaines", a précisé UniCredit.

Le syndicat allemand Verdi a déclaré lundi rester déterminé à préserver l'indépendance de Commerzbank, réitérant ainsi son opposition de ⁠longue date à un rachat par UniCredit.

"Nous estimons que le maintien de l'indépendance des deux institutions constitue la meilleure option. Nous restons attachés à cet objectif. L'offre publique d'achat annoncée ne change en rien notre point de vue", a-t-il dit dans un communiqué.

Le ministre-président du Land de Hesse, où siège Commerzbank, a déclaré lundi que le Land évaluerait l'offre "avec diligence et sans préjugé", soulignant que la position de Francfort en tant que premier centre financier européen devait être renforcée.

(Rédigé par Valentina Za à Milan et Ludwig Burger et Tom Sims à Francfort ; version ​française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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