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UniCredit/Commerzbank-L'évolution de la position de Berlin lance un signal pour la consolidation bancaire européenne
information fournie par Reuters 04/09/2026 à 10:52
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MADRID/LONDRES, 4 septembre (Reuters) - L 'assouplissement de la position allemande à l'égard d'un rachat de Commerzbank CBKG.DE par UniCredit CRDI.MI , après des années de manœuvres de son directeur général Andrea Orcel, pourrait favoriser une nouvelle vague de consolidation bancaire en Europe.

Jusqu'à présent, l'Allemagne s'opposait à une prise de contrôle de sa troisième banque par UniCredit, qu'elle jugeait hostile. Mais l'invitation adressée par le ministre des Finances Lars Klingbeil à Andrea Orcel, révélée la semaine dernière par Reuters, montre que Berlin est désormais prêt à discuter d'une éventuelle opération.

La résistance allemande s'est atténuée après qu'UniCredit a atteint en juillet une participation de près de 50%, un niveau suffisant pour peser sur les décisions des actionnaires, notamment la nomination des membres du conseil d'administration.

"L'accord potentiel entre UniCredit et Commerzbank jetterait les bases d'un champion paneuropéen. Une telle opération accentuerait la pression sur les concurrents pour gagner en taille", a déclaré Antonio Reale, expert des banques européennes chez Bank of America.

Les partisans de la consolidation bancaire en Europe estiment que des établissements plus importants seraient mieux armés pour absorber la hausse des coûts technologiques et réglementaires.

À Bruxelles et à la Banque centrale européenne, les responsables plaident depuis longtemps en faveur de fusions transfrontalières, estimant que l'Europe a besoin de banques plus grandes pour rivaliser avec leurs concurrentes américaines. JPMorgan JPM.N vaut à elle seule autant que les cinq plus grandes banques européennes réunies, selon les données de LSEG. Parmi elles figurent BNP Paribas BNPP.PA , HSBC HSBA.L et Santander SAN.MC .

Les gouvernements de l'UE restent toutefois plus hésitants à encourager de telles opérations. Dans ce contexte, l'évolution de la position allemande revêt une importance particulière, selon les banquiers et analystes.

Plusieurs des 11 banquiers, analystes et économistes interrogés par Reuters estiment que la volonté de Berlin de dialoguer avec UniCredit après des mois d'opposition pourrait encourager d'autres banques en quête de taille critique et servir de précédent pour de futures opérations.

Selon un banquier d'affaires, cette évolution pourrait favoriser un soutien plus large à la consolidation bancaire en Belgique, aux Pays-Bas et dans les pays nordiques.

LA CONSOLIDATION GAGNE DU TERRAIN EN EUROPE

La Commission européenne cherche à approfondir le marché unique de l'UE, qui compte 450 millions de consommateurs, afin de faciliter les activités transfrontalières des entreprises. Cet objectif passe notamment par l'union bancaire, un projet longtemps retardé que les dirigeants du secteur jugent indispensable au développement des opérations transfrontalières, même si ses contours restent débattus.

"D'une certaine manière, les banques attendaient l'achèvement de l'union bancaire avant d'engager une nouvelle phase de consolidation, mais il semble que ce soit l'inverse qui se produise", a déclaré Nicola de Caro, vice-président chez Morningstar DBRS.

"L'expérience sur le terrain pourrait renforcer les arguments en faveur d'une plus grande intégration bancaire. Au final, les deux évolutions progresseront probablement en parallèle", a-t-il ajouté.

Toutefois, la plupart des experts soulignent que des obstacles importants subsistent et qu'un rapprochement entre UniCredit et Commerzbank constitue un cas particulier.

La banque italienne dispose déjà d'une présence importante en Allemagne via sa filiale HypoVereinsbank, ce qui lui permettrait de dégager des synergies locales et d'améliorer les performances de Commerzbank.

Fernando de la Mora, codirecteur des services financiers chez Alvarez & Marsal, estime que les opérations transfrontalières ne verront le jour qu'en présence de gains d'échelle et de création de valeur clairement identifiables.

Plusieurs banquiers et analystes soulignent que la fragmentation persistante du marché européen limite les synergies potentielles, les banques opérant souvent avec des plateformes et des infrastructures très différentes selon les pays.

Selon trois des experts interrogés, les gouvernements européens restent également hésitants à abandonner leur influence sur les systèmes bancaires nationaux, d'autant qu'ils restent exposés en cas de défaillance bancaire.

La Commission européenne a contesté le recours par l'Italie à ses pouvoirs spéciaux ("golden powers") pour examiner certaines opérations stratégiques. UniCredit a attribué à l'intervention du gouvernement l'abandon de son offre sur Banco BPM BAMI.MI .

Les autorités européennes ont également critiqué les tentatives de Madrid visant à entraver l'offre de 16 milliards d'euros lancée par BBVA BBVA.MC sur Sabadell SABE.MC , une opération qui a finalement échoué.

Selon Fernando de la Mora, les responsables allemands semblaient convaincus qu'il serait difficile d'empêcher UniCredit de prendre le contrôle de Commerzbank et souhaitaient pouvoir peser sur l'issue du dossier. Il a toutefois ajouté que les gouvernements continueraient à défendre leurs intérêts nationaux.

Une fusion entre UniCredit et Commerzbank créerait une banque disposant de plus de 1.300 milliards d'euros d'actifs, plus petite toutefois que BNP Paribas ou HSBC. Pour Antonio Reale, de Bank of America, une telle opération pourrait néanmoins servir de modèle à d'autres établissements, même si le risque d'interventions gouvernementales demeure.

"Les exemples récents de BBVA-Sabadell et d'UniCredit-BPM nous rappellent que même les opérations nationales peuvent se heurter à des intérêts régionaux ou nationaux", a-t-il déclaré.

(Jesus Aguado à Madrid et Amy-Jo Crowley à Londres avec la contribution d'Elisa Martinuzzi; Version française Aleksandra Krets, édité par Augustin Turpin)

par Jesús Aguado et Amy-Jo Crowley

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