* Des bureaux de Huawei et Orange Polska perquisitionnés-TVP
* La Chine fait part de son inquiétude
* Les Etats-Unis soupçonnent Huawei d'aider Pékin à
espionner
* Huawei réfute ces accusations et affirme se conformer au
droit
(Ajoute déclaration d'Orange, des services de sécurité et
sources)
par Joanna Plucinska et Jack Stubbs
VARSOVIE/LONDRES, 11 janvier (Reuters) - La Pologne a arrêté
un employé chinois de Huawei ainsi qu'un ancien membre des
services de sécurité polonais aujourd'hui employé d'Orange
Polska OPL.WA pour des soupçons d'espionnage, alimentant la
controverse autour de l'équipementier télécoms chinois.
Un porte-parole des services de sécurité polonais a
toutefois déclaré à Reuters que les soupçons portaient sur des
actes individuels et n'étaient pas directement reliés à Huawei
Technologies HWT.UL
Le groupe chinois est le premier équipementier télécoms au
monde avec un chiffre d'affaires de 93 milliards de dollars
(81,7 milliards d'euros) en 2017 mais plusieurs pays occidentaux
redoutent que Pékin n'utilise ses infrastructures à des fins
d'espionnage.
Aucune preuve n'a jusque-là été apportée pour étayer ces
soupçons et le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces
accusations.
La controverse a toutefois conduit plusieurs pays
occidentaux à restreindre l'accès à leurs marchés.
Stanislaw Zaryn, un porte-parole des services de sécurité
polonais, a expliqué que l'Agence de sécurité intérieure du pays
avait arrêté un ressortissant chinois et un ancien responsable
des forces de sécurité polonais le 8 janvier sur des soupçons
d'espionnage.
Les deux hommes ont été informés des accusations les visant
et seront détenus pendant trois mois, a-t-il précisé.
"Cela concerne ses actions, cela n'a rien à voir avec le
groupe pour lequel il travaille", a expliqué le porte-parole à
propos du ressortissant chinois.
Selon une personne au fait du dossier, un salarié de Huawei
nommé Wang Weijing a été arrêté mais n'a pas été inculpé.
D'après son profil LinkedIN, il travaille pour la division
polonaise de Huawei depuis 2011 et avait auparavant occupé la
fonction d'attaché au consulat général chinois à Gdansk de 2006
à 2011. Il n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de
commentaire adressée via le réseau social.
La chaîne de télévision publique polonaise TVP a pour sa
part rapporté que le ressortissant polonais était un ancien
officier de l'Agence de sécurité intérieure et que les services
de sécurité avaient perquisitionné les bureaux de son actuel
employeur Orange Polska, filiale d'Orange ORAN.PA .
SURVEILLANCE ACCRUE
Des bureaux de Huawei ont également fait l'objet de
perquisitions ainsi que le siège de l'Autorité polonaise des
télécoms, a précisé la chaîne.
Dans un communiqué, Huawei a dit être au courant de la
situation mais ne pas avoir de commentaire à faire pour le
moment.
"Huawei respecte toutes les lois et règles en vigueur dans
les pays où il opère et nous exigeons de chaque employé qu'il se
conforme aux lois et règles dans le pays où il est basé."
Le ministère chinois des Affaires étrangères s'est quant à
lui dit "fortement préoccupé" et a demandé que l'affaire soit
traitée "équitablement".
Orange Polska a déclaré que "des membres de l'agence de
sécurité intérieure polonaise avaient conduit mardi des
procédures d'investigation concernant un de se s employés" dont
la société n'a pas révélé l'identité.
"Nous ignorons si cela a quelque chose à voir avec son
travail professionnel", a déclaré un porte-parole d'Orange
Polska.
La maison-mère Orange ORAN.PA a également dit son
intention de répondre aux demandes d’informations qui pourraient
lui être faites dans le cadre de l'enquête en cours.
"Le groupe prendra toutes les mesures nécessaires pour
protéger ses intérêts dans le respect de la présomption
d’innocence et également des intérêts de sa filiale et de ses
clients", a ajouté le premier opérateur télécoms français dans
une déclaration transmise à Reuters, ajoutant ne pas disposer
d'information particulière sur l'enquête à ce stade.
Huawei est au centre de l'attention depuis plusieurs mois
alors que plusieurs pays dont l'Australie, la Nouvelle-Zélande
et le Japon ont emboîté le pas des Etats-Unis en excluant
l'équipementier de leurs marchés.
En décembre, la directrice financière de Huawei, Meng
Wanzhou, avait été arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis
qui soupçonnent Huawei d'avoir enfreint les sanctions
américaines contre l'Iran, ce qui a exacerbé les tensions avec
la Chine au moment où Washington et Pékin sont engagés dans un
conflit commercial plus vaste.
Pour Ewan Lawson, chercheur au Royal United Services
Institute à Londres, les arrestations en Pologne pourraient
renforcer les inquiétudes occidentales.
"Cela met en lumière les sortes de connexion qui pourraient
exister entre l'appareil de renseignement étatique et des
compagnies privées chinoises", a-t-il dit.
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ECLAIRAGE-Huawei, un géant chinois des télécoms frappé de
soupçons
Nouveaux problèmes pour Huawei en France et en Allemagne
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(Avec Gwénaëlle Barzic à Paris, Jean-Stéphane Brosse pour le
service français, édité par Blandine Hénault)
Un employé chinois de Huawei arrêté pour espionnage en Pologne
information fournie par Reuters 11/01/2019 à 15:54
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