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Trump s'en prend de nouveau à Zelensky alors que Washington presse pour des concessions
information fournie par Reuters 23/04/2025 à 23:55

Trump s'en prend à nouveau à Zelensky

Trump s'en prend à nouveau à Zelensky

Le président américain Donald Trump s'en est pris mercredi à son homologue ukrainien Volodimir Zelensky, auquel il a reproché d'avoir déclaré la veille que Kyiv ne reconnaîtrait pas l'occupation russe de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014, disant y voir un frein dans les négociations de paix.

Ces commentaires ont été effectués alors que des discussions prévues dans la journée à Londres entre représentants américains, ukrainiens et européens, ont été réduites à un niveau "technique" en l'absence du secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, qui a annulé son voyage dans la capitale britannique à la dernière minute.

Washington a prévenu en fin de semaine dernière qu'il cesserait ses efforts diplomatiques destinés à mettre fin à la guerre en Ukraine s'il ne constatait pas sous peu des avancées de la part des deux camps.

Cet avertissement, formulé par Donald Trump et par Marco Rubio, a été répété mercredi par le vice-président américain J.D. Vance au cours d'un déplacement en Inde. Il a souligné qu'il était temps pour la Russie et l'Ukraine d'accepter une proposition de paix présentée par les Etats-Unis, ou sinon de voir ceux-ci "se détourner du processus".

La proposition américaine, a précisé J.D. Vance devant des journalistes, prévoit le gel des lignes territoriales "à des niveaux proches de ceux actuels", avec une "solution diplomatique à long-terme" devant aboutir à une paix durable.

Un ancien responsable occidental au fait de la proposition présentée par Washington a déclaré que celle-ci appelait à la reconnaissance de l'annexion russe de la Crimée.

Le secrétaire général de la présidence ukrainienne, Andreï Yermak, présent à Londres, a dit mercredi via le réseau social X avoir affirmé auprès des Etats-Unis que l'Ukraine "restera ferme sur ses principes de base durant les négociations" en lien avec sa souveraineté et son intégrité territoriale.

"AUCUNE RAISON DE SE VANTER"

Volodimir Zelensky a réitéré mardi que Kyiv ne reconnaîtrait pas l'annexion de la Crimée par la Russie. "Il n'y a là rien à débattre. C'est contraire à notre Constitution", a déclaré le président ukrainien.

Donald Trump a jugé mercredi cette déclaration "très néfaste pour les négociations de paix avec la Russie". La péninsule de Crimée a été perdue par l'Ukraine il y a des années, a écrit le président américain sur son réseau social Truth, ajoutant que ce n'était selon lui "même pas un point de discussion".

"Personne ne demande à Zelensky de reconnaître la Crimée comme territoire russe. Mais, s'il veut la Crimée, pourquoi (les Ukrainiens) ne se sont pas battus il y a onze ans quand elle a été donnée à la Russie sans même un coup de feu ?", a dit également le chef de la Maison blanche.

La Russie a déployé des troupes en Crimée en 2014 pour en prendre le contrôle, en marge d'affrontements entre l'armée ukrainienne et des troupes pro-russes dans la région du Donbass, dans l'Est ukrainien. Cette annexion a été condamnée par la communauté internationale; peu de pays reconnaissent la souveraineté revendiquée par Moscou sur la Crimée.

Donald Trump s'était déjà montré virulent à l'égard de Volodimir Zelensky par le passé, qualifiant en février son homologue ukrainien de "dictateur", lui reprochant à tort d'avoir déclenché la guerre avec la Russie, et écourtant sa visite à la Maison blanche le 28 février dans la foulée d'une vive altercation en direct devant des caméras du monde entier.

"Ce sont des déclarations incendiaires comme celles de Zelensky qui compliquent les choses. Il n'a aucune raison de se vanter !", a écrit mercredi le président américain, qui avait dit être en mesure de mettre fin à la guerre en Ukraine en vingt-quatre heures seulement. Il a tout de même ajouté qu'un accord était "très proche".

CONCESSIONS

Revenu au pouvoir en janvier dernier, Donald Trump a effectué un revirement dans la politique de Washington à l'égard de la guerre en Ukraine, opérant un rapprochement avec Moscou et exerçant des pressions sur Kyiv - en suspendant un temps aides militaires et partage de renseignements - pour qu'il accepte notamment un accord donnant accès à ses minerais.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andry Sybiha, a toutefois déclaré mercredi à l'issue de la réunion de Londres que l'Ukraine était engagée à travailler avec les Etats-Unis pour parvenir à la paix.

Ces discussions devaient notamment servir à établir les conditions que Kyiv pourrait accepter, dans le sillage d'une réunion similaire à Paris, une semaine plus tôt, présentée par la France comme le début d'un "processus positif" impliquant à la fois Américains, Ukrainiens et Européens.

D'après trois diplomates, les propositions américaines, formulées à Paris par l'émissaire spécial Steve Witkoff, semblent réclamer davantage de concessions de la part de Kyiv que de Moscou.

Plusieurs sources ont rapporté que les propositions de Washington incluaient la reconnaissance de l'annexion russe de la Crimée, le début d'une levée des sanctions américaines visant la Russie et l'exclusion d'une adhésion de l'Ukraine à l'Otan. Kyiv et des pays européens ont exprimé leur opposition.

Le rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie, illustré par l'appel téléphonique passé en février par Donald Trump au président russe Vladimir Poutine, a inquiété les Européens, écartés par la suite de discussions bilatérales organisées distinctement par Washington avec Moscou et avec Kyiv.

L'Ukraine a accepté le mois dernier un projet de trêve de 30 jours présenté par les Etats-Unis, à propos duquel Vladimir Poutine a réclamé des modifications - ce que Volodimir Zelensky a dénoncé comme des manoeuvres.

(Doina Chiacu, Katharine Jackson, Jonathan Landay, Erin Banco et Steve Holland à Washington, Elizabeth Piper, Daphne Psaledakis et Tom Balmforth à Londres, John Irish à Paris, Yuliia Dysa, Anna Pruchnicka et Max Hunder à Kyiv; rédigé par Jean Terzian)

1 commentaire

  • 24 avril 08:04

    Quelles sont les concessions pour la Russie ?


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