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Tokyo assouplit encore sa réglementation pour attirer les sociétés de gestion étrangères
information fournie par Newsmanagers16/11/2021 à 10:15

(NEWSManagers.com) - Le Tokyo de la finance poursuit ses efforts pour continuer à compter dans la région. Le gouvernement local, qui s' est lancé depuis quelques années dans une série de réformes pour faire de la capitale nippone un " hub financier international " , a publié en début de mois quelques nouvelles avancées, et notamment un assouplissement des règles pour les sociétés de gestion étrangères.

Ces dernières vont désormais être accompagnées dans leurs démarches administratives pour s' installer dans le pays, et profiter d' un régime d' immigration préférentiel pour leurs employés et leurs familles. Elles recevront également des subventions de la part de la métropole pour les inciter à externaliser leurs opérations de middle et de back office auprès d' acteurs locaux.

L' objectif de la Place tokyoïte est ambitieux, puisqu' elle espère tripler le nombre de sociétés de gestion étrangères domiciliées. Il s' élève pour le moment à 374 structures. " Nous ne sommes pas au niveau de Londres ou de New York, mais il est clair que les investisseurs mondiaux ont remarqué le Japon " , a déclaré Keiichi Aritomo, directeur exécutif de FinCity.Tokyo, une initiative publique-privée établie en 2019. Celle-ci est chargée de trouver, avec certains investisseurs institutionnels internationaux, des moyens de simplification des règles d' entrée ainsi que la diffusion d' information sur toutes les aides disponibles pour les gérants étrangers.

Selon Keiichi Aritomo, en attirant des entreprises et des talents étrangers, le Japon pourra élever le niveau général de compétences et le dynamisme de son propre secteur de la gestion d'actifs et le relier au reste du monde d'une manière inédite. " Nous ne sommes pas exigeants sur la taille ou le type de gestionnaire d'actifs. Si vous voyez des opportunités au Japon, nous vous aiderons à en tirer le meilleur parti " , a-t-il confié à NewsManagers. La présence de gérants d' actifs internationaux doit également permettre aux PME locales d' améliorer leurs canaux de financement. " Pour les PME également, le fait de s'engager avec des gestionnaires d'actifs internationaux les aiderait à acquérir des compétences pour se connecter avec les investisseurs mondiaux, par exemple en améliorant les rapports " , a-t-il ajouté.

Taxation et finance verte complètent le projet

Les différentes réformes seront présentées par le gouvernement à la Diète, le parlement bicaméral japonais, avant la fin de l' année. Outre la simplification des procédures pour les sociétés de gestion, il compte également intégrer les gérants d' actifs parmi des amendements relatifs au régime de taxation, qui englobe déjà notamment les entreprises et les successions.

Côté finance durable, le gouvernement métropolitain de Tokyo a précisé qu' il comptait réduire certains obstacles en matière d' émission d' obligations vertes, afin d' aider le pays à atteindre son objectif de 3.000 milliards de yens d' émissions en 2030, contre 800 milliards aujourd' hui. Les émetteurs ne seraient ainsi plus obligés de faire appel à un analyste externe pour valider l'utilisation des fonds. Le gouvernement local s' est également engagé à maintenir ses propres émissions vertes, et à réfléchir à la possibilité de réaliser des investissements à impact pour résoudre des enjeux sociaux.

La barrière linguistique en cours de démolition

Le pays du Soleil levant avait déjà réalisé une étape majeure de simplification réglementaire au début de l' année, en créant un point de contact unique pour les sociétés de gestion étrangères désirant s' installer. Ce bureau, dénommé Financial Market Entry Office, et supervisé par le Financial Services Agency, a pour particularité de fonctionner en langue anglaise.

Ce nouveau service est " un véritable game-changer " , témoigne David Shirt, le directeur général et fondateur du tierce partie marketeur et conseiller en investissement Astris Advisory, basé à Tokyo. Cet ancien responsable Japon chez Macquarie est conscient des difficultés, puisqu' il a lui-même connu ce parcours en lançant sa société de distribution de fonds privés étrangers pour investisseurs institutionnels locaux. " Il nous avait fallu six mois pour obtenir nos licences, soit le même temps qu' en Chine, à Singapour ou en Europe. Mais maintenant, avec ces changements, le processus sera plus rapide " , a-t-il expliqué à NewsManagers.

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