Malgré un contexte de marché difficile, thyssenkrupp a poursuivi l'amélioration de sa performance opérationnelle au 3e trimestre de l'exercice fiscal 2025/2026. Dans le même temps, le groupe de sidérurgie allemand a vu sa rentabilité progresser et poursuivi son redressement stratégique dans le cadre du programme ACES 2030. Porté par cette excellente dynamique, l'action progresse de 0,42% à 12,43 euros.
"Le projet d'introduction en bourse de tk accelis, les progrès accomplis dans la restructuration de Steel Europe (division acier) et la position solide de TKMS démontrent que notre modèle fonctionne. Nous créons des segments forts et indépendants, dotés de perspectives stratégiques claires, sous l'égide d'une société de portefeuille financière optimisée", se félicite Miguel Lopez, PDG de thyssenkrupp AG
Prises de commandes en repli, chiffre d'affaires en hausse
Sur le plan commercial, au 3e trimestre (clos fin juin), les prises de commandes ont atteint 7,7 milliards d'euros, contre 10,1 MdsEUR l'an dernier à la même période. Ce recul s'explique surtout par un effet de comparaison défavorable du segment Marine Systems (défense navale), qui avait enregistré un an plus tôt une importante commande de sous-marins et un gros contrat pour la marine allemande.
La division Automotive Technology (équipementier automobile) pâtit du ralentissement de la production automobile et de la vente de son activité Automation Engineering. Quant au segment Decarbon Technologies (ingénierie et la transition écologique), les commandes baissent aussi en raison du report de projets de centrales chimiques. A l'inverse, la division Materials Services (distribution et logistique) progresse grâce aux prix et aux volumes, tout comme Steel Europe dont les livraisons ont augmenté auprès de l'industrie et de l'automobile.
Le chiffre d'affaires du groupe ressort à 8,8 MdsEUR (contre 8,2 MdsEUR un an avant). Cette croissance est principalement portée par la division Materials Services qui a profité de la hausse des prix et des volumes en Amérique du Nord et à l'international. Les revenus de Steel Europe et Marine Systems progressent également, tirés par les nouveaux navires et l'électronique navale. En revanche, les revenus des segments Automotive Technology et Decarbon Technologies chutent dans le sillage de leurs commandes.
Amélioration de la rentabilité et retour aux bénéfices
Sur le plan de la rentabilité, l'EBIT ajusté augmente de 28 MEUR sur un an pour atteindre 183 MEUR. La division Steel Europe reste le premier contributeur grâce aux effets positifs du plan de performance APEX, à sa restructuration et à la baisse du coût des matières premières. Le segment Materials Services progresse aussi nettement sous l'effet combiné d'APEX et de la hausse des prix et volumes. Marine Systems améliore aussi sa rentabilité. Seuls Automotive Technology (impacté par des frais de fret exceptionnels et des volumes en baisse) et Decarbon Technologies (pâtissant de surcoûts sur des projets de cimenteries) tombent dans le rouge.
Au final, thyssenkrupp a dégagé un résultat net s'établit à 34 MEUR (contre une perte de 255 MEUR un an plus tôt), dopé par un gain comptable de 131 MEUR d'euros lié à la cession des parts dans HKM (Hüttenwerke Krupp Mannesmann) au sein de Steel Europe. Le résultat net part du groupe ressort à l'équilibre (contre une perte de 278 MEUR au 3e trimestre 2024/2025), soit un bénéfice par action nul contre une perte par action de 0,45 EUR il y a un an.
Maîtrise des coûts et relèvement des objectifs annuels
Le flux de trésorerie disponible (FCF) ressort négatif à -114 MEUR, impacté par 236 MEUR d'investissements (capex) et de sorties de BFR (besoin en fonds de roulement)", compensés en partie par la réception de subventions publiques pour l'usine de réduction directe de Steel Europe.
"Dans l'ensemble, le 3e trimestre confirme l'efficacité des réductions de coûts internes pour compenser un environnement macroéconomique toujours difficile", a commenté Jefferies.
S'appuyant sur cette dynamique opérationnelle et d'une structure financière renforcée par une nouvelle ligne de crédit de 1,7 MdEUR, thyssenkrupp a relevé la fourchette basse de ses prévisions annuelles.
Le sidérurgiste vise désormais un EBIT ajusté compris entre 600 et 900 MEUR (contre une fourchette précédente entre 500 et 900 MEUR). La perte nette est réestimée entre 400 et 700 MEUR (contre une estimation antérieure entre 400 et 800 MEUR). Le chiffre d'affaires devrait baisser de 1 à 3% sur un an (contre 0% à 3% auparavant). La prévision de flux de trésorerie disponible avant M&A reste inchangée, entre -600 et -300 MEUR.
Le plan ACES 2030 est la feuille de route stratégique à long terme de thyssenkrupp. Son objectif principal est d'abandonner le modèle du "gigantesque conglomérat lourd" au profit d'une holding financière allégée gérant des filiales autonomes, compétitives et performantes sur leurs marchés respectifs.
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