Teleperformance victime collatérale de son concurrent américain Concentrix
Concentrix, qui publiait après la clôture de la Bourse New York hier soir, a réservé une bien mauvaise surprise à ses actionnaires. Car si les résultats du 3ème trimestre fiscal (le groupe clôture son exercice au 30 novembre) sont plutôt conformes aux attentes, les prévisions pour la fin d'année sont médiocres.
La société a guidé vers un bénéfice par action moins élevé que ce que prévoyait le marché, à savoir de 11,11 à 11,23 dollars contre un consensus établi à 11,69 dollars et une précédente fourchette d'objectifs de 11,53 à 11,76 dollars. La prévision de chiffre d'affaires s'avère, elle, proche des attentes.
Lors de la présentation de ses résultats, le management a été assailli de questions sur la dégradation des marges. Il a expliqué que la rentabilité a été affectée par une capacité excédentaire liée à des clients affectés par des droits de douane et par l'accélération de projets de transformation technologique coûteux. La direction a reconnu que la normalisation de cette situation prendrait plusieurs trimestres, sans garantir un retour rapide aux niveaux de rentabilité antérieurs, ce qui a fortement contribué à accroître le décrochage du titre.
Autre source de prudence, Concentrix mise fortement sur sa suite logicielle iX intégrant des outils d'intelligence artificielle (désormais présente dans 40% des nouveaux contrats). Mais les analystes doutent encore du retour sur investissement, même si la direction a évoqué un effet relutif modeste dès la fin de l'année. La crainte est que le pari IA ne consomme beaucoup de cash sans effet immédiat sur les résultats. Un analyste s'est aussi ému de la hausse du dividende alors que les marges baissent et que la dette reste importante. La direction s'en est sortie par une pirouette en assurant vouloir équilibrer remboursement de dette, investissements et retours aux actionnaires. Mais la démonstration n'a visiblement pas trop convaincu.
Le parcours boursier de Teleperformance et de Concentrix dépend énormément de leur capacité à convaincre que l'IA ne les remplacera pas, mais les aidera à cimenter leurs positions et à améliorer leurs résultats. Quand le marché a des doutes, la punition est immédiate, ce qui se traduit aujourd'hui par un retour du spécialiste français de l'externalisation de l'expérience-client à de nouveaux planchers de 11 ans.
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