La production de la nouvelle Fiat 500 hybride de Stellantis
Stellantis a annoncé vendredi des charges exceptionnelles massives d'environ 22,2 milliards d'euros au second semestre 2025, reflétant un virage stratégique passant notamment par une révision en baisse de ses ambitions 100% électriques et le conduisant à anticiper une perte nette annuelle qui privera ses actionnaires de dividende.
Le constructeur automobile né de la fusion entre PSA et FCA, qui a publié en avance des données préliminaires sur ses résultats, a vu sa situation financière se dégrader fortement courant 2024 à la suite d'une baisse de ses ventes en Amérique du Nord et en Europe qui a précipité le départ de l'ancien directeur général Carlos Tavares.
Au premier semestre 2025, il avait déjà accusé une première perte nette de 2,3 milliards d'euros.
"Stellantis a annoncé des charges de restructuration en hausse significative", commente Philippe Houchois, analyste automobile chez Jefferies, ajoutant que ces charges se situent à un niveau record.
Vers 09h20, l'action du groupe chute de 14% à la Bourse de Milan après une suspension dans les premiers échanges.
"Le 'reset' annoncé aujourd'hui s'inscrit dans la démarche décisive engagée en 2025, visant à remettre nos clients et leurs attentes au cœur de toute notre action", a déclaré le nouveau directeur général Antonio Filosa cité dans un communiqué.
"Les charges exceptionnelles annoncées aujourd'hui reflètent en grande partie le coût d'avoir surestimé le rythme de la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs", a-t-il ajouté.
JUSQU'A E21 MDS DE PERTE NETTE AU S2
Stellantis a annoncé vendredi également le rachat par LG Energy Solution de la participation de 49% du constructeur dans leur coentreprise de batteries au Canada, marquant son désengagement capitalistique d'un projet phare du plan stratégique "Dare Forward 2030" de Carlos Tavares, bien que Stellantis "demeure un client engagé et continuera à s'approvisionner en produits de batteries" auprès de l'usine canadienne, a-t-il précisé dans un autre communiqué.
Sur les provisions annoncées, 2,9 milliards d'euros sont liés à l'annulation d'actifs liés aux projets véhicules arrêtés et 6,0 milliards d'euros à des dépréciations d'architectures de voitures. Le groupe a également annoncé que 5,8 milliards d'euros de sorties de cash devraient être effectués au cours des quatre prochaines années sur des projets de véhicules arrêtes et d'autres véhicules électriques en cours de commercialisation, dont les volumes devraient être "nettement inférieurs" aux prévisions.
Confronté à un marché électrique européen plus lent que prévu et aux revirements de l'administration Trump sur l'électrification des véhicules, Stellantis a par exemple arrêté le Ram 1500 BEV aux Etats-Unis et réintroduit un gros moteur essence emblématique dans le pays, le V8 HEMI.
Il veut aussi combler en 2026 les autres trous laissés dans son offre produit afin de regagner des volumes.
Après une année 2025 marquée par une perte nette estimée entre 19 milliards et 21 milliards d'euros au second semestre, Stellantis s'est montré optimiste pour 2026, disant viser une amélioration de son chiffre d'affaires net, de sa marge opérationnelle courante et de ses cash flows industriels.
Il a par ailleurs fait état d'une hausse de 9% de ses facturations au quatrième trimestre. Ses résultats annuels définitifs seront publiés le 26 février.
(Rédigé par Etienne Breban et Gilles Guillaume, avec Giulio Piovaccari à Milan et Hyun Joo Jin à Séoul; édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)

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