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Sauvetage d'Atos: bras de fer en coulisses et discussions vives avant la date butoir
information fournie par Boursorama avec AFP 27/05/2024 à 08:26

( AFP / LUDOVIC MARIN )

( AFP / LUDOVIC MARIN )

A moins d'une semaine de la date butoir, les discussions restent vives en coulisses entre les candidats à la reprise d'Atos et ses créanciers: le géant informatique français, lourdement endetté, s'est donné jusqu'au 31 mai pour présenter une solution de sauvetage financier.

"On sent que ça se tend un peu. Les discussions vont se poursuivre ce week-end et s'intensifier en début de semaine", glisse à l'AFP une source ayant connaissance du dossier.

Atos, qui doit être l'un des piliers technologiques des Jeux de Paris cet été, a annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d'euros de liquidités pour son activité en 2024-2025 et vouloir réduire de 3,2 milliards d'euros sa dette brute, qui avoisine les 5 milliards, pour sauvegarder son activité.

Parmi les offres en lice figurent notamment celle d'EPEI du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (un temps en discussions pour racheter une partie d'Atos avant de voir les négociations rompues en février), allié au fonds Attestor; et celle de Onepoint, premier actionnaire d'Atos avec environ 11% du capital, dans un consortium au sein duquel figurent également la société d'investissement de l'homme d'affaires Walter Butler et l'entreprise Econocom.

M. Kretinsky et Attestor ont indiqué avoir soumis une offre "entièrement financée" pour reprendre "l'ensemble du périmètre d'Atos", qui prévoit également l'annulation de 4 milliards d'euros de dette.

Ils se disent prêts à apporter 1,9 milliard d'euros au groupe, dont 600 millions d'euros de fonds propres et 1,3 milliard de "financements opérationnels".

L'offre de David Layani, patron de Onepoint, prévoit également une restructuration de la dette d'Atos à hauteur de 3,2 milliards d'euros, conformément au souhait du groupe.

Le consortium qu'il mène défend la "préservation de l'unité d'Atos" et propose un apport de 1,8 milliard d'euros, dont 350 millions d'euros d'argent frais.

"On est toujours en recherche d'un projet industriel viable. On soutiendra un projet industriel crédible. Les discussions avec les deux sont toujours en cours", indique à l'AFP une source proche des créanciers.

- "Impartialité" -

Mais les différentes fuites sur l'état de santé de l'entreprise et les prises de position dans la presse révèlent un intense bras de fer en coulisses entre toutes les parties.

"La vitesse du déclin d'Atos est tout simplement énorme", a notamment indiqué un porte-parole d'EPEI, cité mercredi par Le Figaro.

"Si cette restructuration n'est pas conduite en tenant compte de la réalité de la situation financière de la société, il n'y aura plus rien dans un an", a-t-il ajouté.

De quoi irriter la conciliatrice Hélène Bourbouloux, qui a appelé toutes les parties - dans une lettre dont l'AFP a eu copie - "à la responsabilité de chacun pour s'abstenir de toute communication sur ce dossier très sensible", et le président d'Atos Jean-Pierre Mustier.

"Je tiens à rappeler aux différents acteurs du dossier que nous sommes dans une procédure cadrée et ordonnée, qu'il convient de respecter impérativement. Le conseil d'Atos s'attache à considérer avec impartialité toutes les offres qui pourront être soumises en ligne avec ses recommandations", a insisté M. Mustier dans une déclaration transmise à la presse, dont l'AFP.

Le syndicat CFE-CGC d'Atos, majoritaire, avait déjà réclamé mercredi de la "transparence" et alerté "sur le fait que les salariés sont aujourd'hui les grands oubliés du processus de restructuration en cours".

Alors que le compte à rebours est enclenché, l'enjeu des prochains jours est clair, pour un des acteurs du dossier: "un deal rapide est nécessaire pour redonner une nécessaire stabilité (à la situation), avec un actionnaire de référence clair, car c'est ce qui va donner de la confiance vis-à-vis des clients et des employés".

Dans une tribune transpartisane, des parlementaires appellent "tous les acteurs publics et économiques à maintenir Atos sous pavillon français pour protéger notre autonomie stratégique". "Atos doit rester française, entière, indépendante", insistent notamment les présidents des groupes LR à l'Assemblée nationale et au Sénat Olivier Marleix et Bruno Retailleau, leurs homologues socialistes Boris Vallaud et Patrick Kanner ainsi que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

"Non seulement elle ne doit pas être vendue à la découpe, mais elle doit saisir cette opportunité unique de créer en France un champion mondial de la tech. Emmanuel Macron n'avait-il pas lui-même souhaité que la France devienne un champion de l'IA ?", plaident-ils dans La Tribune Dimanche.

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