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RPT-FCA-Manley assurera la continuité de la stratégie de Marchionne

Reuters23/07/2018 à 06:00
 (Répétition sans changement d'une dépêche transmise dimanche)
    par David Shepardson
    WASHINGTON, 23 juillet (Reuters) - Mike Manley, le nouvel
administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles (FCA)
 FCHA.MI , s'est attelé à faire de Jeep une marque
internationale et compte maintenant mettre en oeuvre la
stratégie de la société-mère dévoilée le mois dernier.
    Le constructeur automobile italo-américain a fait savoir
samedi que Manley assumait sur le champ les fonctions de Sergio
Marchionne (66 ans), dont l'état de santé s'est dégradé à la
suite de complications liées à une opération chirurgicale.
 
    Sergio Marchionne, qui devait démissionner en avril 2019,
avait exposé au tout début juin son plan stratégique destiné à
doubler le bénéfice d'exploitation de FCA d'ici 2022 grâce aux
SUV et aux voitures hybrides et électriques, ces dernières
devant faire l'objet d'un investissement de neuf milliards
d'euros.  
    C'est ce plan que Manley, qui assume également la
responsabilité de la région Amérique du Nord, s'emploiera à
concrétiser. 
    "La réussite de la marque Jeep sous la houlette de Mike
Manley et son expérience internationale en font un choix avisé
pour être le nouveau patron de FCA", dit Karl Brauer, directeur
des rédactions d'Autotrader et de Kelley Blue Book.
    Manley, 54 ans et d'origine britannique, dirigeait la marque
Jeep depuis 2009 à la suite d'une restructuration consécutive à
un renflouement des Etats-Unis et du Canada et effectuée sous le
contrôle de Fiat.
    Depuis lors, les ventes annuelles de Jeep sont passées de
300.000 exemplaires - concentrés pratiquement sur les seuls
Etats-Unis - à 1,4 million de par le monde l'an passé.
    FCA, le septième constructeur automobile mondial, avait dit
en juin qu'un SUV sur 12 vendus dans le monde d'ici 2022 serait
sans doute une Jeep. 
    Jeep compte présenter neuf nouveaux produits, se développer
dans trois nouveaux segments, dont les gros SUV, et proposer
quatre versions électriques d'ici 2022. 
    Manley a lancé la production de Jeep en dehors des
Etats-Unis, en Chine, en Inde, au Mexique et en italie, dans le
but d'augmenter ses ventes à l'international.
    "Le fait qu'il y ait déjà un nouveau plan, que les équipes
dirigeantes ont adopté en bloc, facilite quelque peu la tâche de
Manley en tant que successeur", observe George Galliers,
analyste du courtier Evercore ISI.
    Les analystes de Morgan Stanley estimaient en juin que les
marques Jeep et Ram, que Manley a pris en charge en 2015,
réalisaient un chiffre d'affaires annuel de 84 milliards de
dollars, soit les deux tiers du CA total de FCA, et les
jugeaient ainsi primordiales pour l'avenir du constructeur.
    
    LA BARRE TRÈS HAUT
    Manley hérite d'un constructeur dont la dette aura été bien
réduite par son prédécesseur, qui jugeait par ailleurs qu'une
fusion pour FCA serait "en définitive inévitable".
    La valeur de Fiat a été multipliée par 11 depuis que
Marchionne en a repris les rênes, en 2004, grâce notamment aux
scissions de CNH Industrial et de Ferrati. Une autre scission
est prévue, celle de l'équipementier Magneti Marelli; prévue
pour cette année, elle devrait à son tour augmenter la
génération de valeur.
    Marchionne a également refondu en profondeur les
organigrammes, remaniés suivant une philosophie de la
méritocratie, et a opéré des coupes claires en réduisant le
nombre d'architectures de véhicules et en créant des
coentreprises pour partager les coûts de développement et les
charges fixes.
    Réputé dur en affaires, Marchionne avait obligé General
Motors en 2005 à verser à Fiat deux milliards de dollars pour
qu'il n'exerce pas son option de vendre sa division automobile
au constructeur américain, un fait d'armes qui ne l'a pas
forcément aidé dans ses futures approches collaboratives.
    Les résultats opérationnels de Marchionne sont un peu moins
brillants que sa capacité à conclure des affaires.
    La rentabilité en Europe s'améliore mais peu à peu, tandis
que FCA n'a pas encore vraiment percé en Chine et qu'Alfa Romeo
n'a toujours pas dégagé de bénéfice.
    En revanche, Marchionne n'a pas hésité à arrêter en Amérique
du Nord la production de berlines non rentables et à rééquiper
les chaînes de montage pour qu'elles produisent des SUV et des
pickups bien plus rentables, inspirant ainsi les concurrents
Ford et GM.
    Marchionne a ainsi placé la barre très haut, trop haut
peut-être pour des gérants tels qu'Umberto Borghesi (Albemarle
Asset Management).
    "Le jour où il partira, la société perdra de son attrait",
avait-il déclaré cette année.

 (Avec Laurence Frost à Paris et Agnieszka Flak, Danilo Masoni à
Milan, Elvira Pollina à Turin
Wilfrid Exbrayat pour le service français)
 

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