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Quelle suite pour le contrôle de la courbe de la BOJ ?
information fournie par Reuters 31/07/2023 à 10:55

TOKYO, 31 juillet (Reuters) - La Banque du Japon (BOJ) a modifié sa politique de contrôle des rendements obligataires et les laissera évoluer plus librement, une décision interprétée comme le début de la fin pour la politique monétaire ultra-accomodante du Japon.

Depuis 2016, le taux directeur est à -0,1% et le rendement des obligations d'État à 10 ans est fixé à environ 0% par la BOJ, dans le cadre de sa politique de contrôle de la courbe des taux (PCC). Le rendement peut évoluer à plus ou moins 50 points de base (pdb) du rendement cible.

La BOJ n'a apporté aucune modification aux objectifs de rendement ou à la bande de tolérance au cours de sa dernière réunion de politique monétaire vendredi, mais a indiqué que la bande de fluctuation serait désormais une "référence" plutôt qu'une "limite rigide": le rendement à 10 ans pourra dépasser le plafond tant qu'il demeure inférieur à 1,0%.

QUE SIGNIFIE CETTE DÉCISION?

L'année dernière, la BOJ a été critiquée par les investisseurs pour avoir créé des distorsions de marché en défendant le plafond de rendement de 0,5% avec des achats illimités de titres à 10 ans, et la banque centrale cherche désormais à éviter de nouvelles distorsion.

Or, avec un taux d'inflation qui demeure supérieur à l'objectif de 2%, les marchés auraient pu tester de nouveau le plafond s'il était demeuré à 0,5%, forçant la BOJ à acheter massivement des titres.

La banque centrale a écarté ce risque en décidant de n'intervenir que lorsque le rendement à 10 ans pourrait dépasser 1,0%.

En permettant aux taux à long terme d'évoluer plus librement, la BOJ prolonge la durée de vie de sa PCC et se donne du temps avant de s'engager dans des changements de politique monétaire plus importants.

POURQUOI MAINTENANT ?

Le gouverneur Kazuo Ueda a déclaré que la BOJ avait sous-estimé le risque d'inflation et qu'il était nécessaire d'agir de manière préventive pour éviter des mesures de resserrement monétaire plus importantes par la suite.

Toutefois, des considérations politiques ont probablement joué un rôle, car la faiblesse du yen pose un casse-tête pour le gouvernement en augmentant le coût de la vie.

Une intervention sur les changes aurait été difficile à justifier, les mouvements récents du yen étant modérés, et il incombe donc à la BOJ de lutter contre la faiblesse malvenue du yen, Kazuo Ueda déclarant que la volatilité des change était l'un des effets secondaires de la PCC que la BOJ surveillait.

POURQUOI UN AJUSTEMENT SI COMPLEXE ?

La BOJ aurait pu supprimer complètement la bande de tolérance ou relever l'objectif de rendement, mais cela aurait pu faire laisser croire que la politique monétaire se durcissait.

Cela serait allé en contradiction avec la promesse de la BOJ de maintenir "avec patience" sa politique ultra-accommodante jusqu'à ce que s'ancre une dynamique d'inflation à 2%, soutenue par une croissance solide des salaires.

En maintenant la PCC, la BOJ préserve aussi ses capacités d'intervention - acheter des titres sans aucune limite - en cas de hausse des taux à long termes.

QUELLE EST LA SUITE?

En n'intervenant que lorsque le rendement à 10 ans dépasse 1,0%, la BOJ peut réduire progressivement ses achats d'obligations et jeter les bases d'un éventuel démantèlement de la PCC.

L'institution scrutera les données pour comprendre si l'activité peut résister au ralentissement de l'économie mondiale, et si les entreprises pourront continuer d'augmenter prix et salaires l'an prochain.

Si la BOJ se convainc que l'inflation sera durablement à 2%, la banque centrale pourrait supprimer le plafond de rendement et ne plus se préoccuper que des rendements sur les taux courts.

Certains analystes estiment qu'une telle mesure pourrait être prise dès le mois d'octobre, lorsque la BOJ réexaminera ses projections en matière de croissance économique et d'inflation.

QUE NE FERA PAS LA BOJ ?

La mise en place d'une dynamique d'inflation tirée par la demande était plus qu'incertaine au Japon, la BOJ souhaite disposer de temps avant de normaliser sa politique.

Une hausse des taux d'intérêt est donc éloignée.

La BOJ passe actuellement en revue les mesures de politique monétaire prises par le passé afin d'en tirer les leçons, et pourrait attendre les conclusions de l'analyse, qui seront disponibles vers mai prochain, avant de relever ses taux d'intérêt.

(Reportage Leika Kihara, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)

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