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POINT HEBDO-Une semaine riche en nouvelles données pour mesurer l'ampleur du choc énergétique
information fournie par Reuters 20/03/2026 à 15:57

Les inquiétudes liées aux prix de l'énergie et à l'inflation marqueront probablement de nouveau la semaine prochaine, alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient et que les investisseurs prendront connaissance des premiers indicateurs sur l'activité économique depuis le début du conflit.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:

1/ UN MOIS DE GUERRE

La guerre en Iran entre dans sa quatrième semaine sans qu'il y ait de signes d'apaisement.

Les marchés restent en ébullition, craignant que le conflit ne provoque de nouvelles destructions d'infrastructures énergétiques et commerciales au Moyen-Orient, tandis que le détroit d'Ormuz, voie cruciale pour le transport d'énergie, reste fermé de facto.

De plus en plus de traders parient que les banques centrales, face à la remontée de l'inflation et à la volatilité, seront contraintes de relever leurs taux d'intérêt, du moins en Europe, ou, dans le cas de la Réserve fédérale américaine (Fed), qu'elles ne disposeront plus de la marge de manoeuvre nécessaire pour les abaisser.

Même les marchés d'actions, qui s'étaient jusqu'à présent montrés plutôt résistants, ont commencé à vaciller, les opérateurs ayant revu leurs hypothèses de base concernant la croissance économique et l'inflation.

Dans ce contexte, la diplomatie tentera d'aller de l'avant, les États du Golfe devant continuer à coordonner leurs efforts par le biais de contacts au niveau ministériel, tandis que les ministres des Affaires étrangères du G7 se réuniront à Paris jeudi prochain.

2/ L'ÉNERGIE DANS LE VISEUR

La manière dont le secteur énergétique mondial gère l'impact du conflit au Moyen-Orient sera sous les feux de la rampe lorsque les dirigeants de plusieurs grandes entreprises donneront lundi le coup d'envoi de la conférence CERAWeek à Houston, au Texas.

Les patrons de Saudi Aramco, Shell et Chevron figurent parmi les participants de ce rendez-vous annuel qui se tiendra jusqu'à vendredi.

Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, ainsi que d'autres responsables du secteur venus d'Europe et d'Amérique latine sont également attendus.

Le Moyen-Orient ne sera toutefois pas le seul sujet d'intérêt de cet événement.

Mercredi dernier, Washington a largement autorisé les entreprises américaines à faire des affaires avec la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA, qui détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. La cheffe de file de l'opposition au régime de Caracas, María Corina Machado, participera à la conférence.

Le compartiment de l'énergie .SPNY est le secteur du S&P 500 qui a enregistré les meilleures performances depuis le début de la guerre. Son homologue européen .SXEP sur le Stoxx a pris plus de 10% au cours des trois dernières semaines.

3/ PREMIERS INDICES

Les données préliminaires sur l'activité économique pour le mois de mars, attendues mardi, donneront une première indication de l'impact de la guerre sur le moral des entreprises, alors que les marchés craignent une augmentation du risque de stagflation, c'est-à-dire une combinaison de stagnation économique et d'inflation.

La plupart des effets de la hausse des coûts énergétiques, tant directs qu'indirects, ne se sont pas encore fait sentir, mais les chiffres de l'enquête PMI donneront un premier aperçu aux investisseurs et permettront de comparer l'impact de la crise sur différentes régions du monde.

Les opérateurs considèrent que l'Asie et l'Europe sont beaucoup plus exposées à la hausse des coûts énergétiques que les États-Unis, même si les effets de la flambée des cours devraient être mondiaux.

L'activité économique s'est redressée dans la plupart des économies en février, mais il est possible que la guerre ait entraîné un revirement significatif de cette tendance.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) doit publier jeudi ses perspectives économiques intermédiaires, qui, dans ce contexte, revêtiront un intérêt particulier.

4/ INFLATION AU JAPON

Les investisseurs examineront mardi les nouveaux chiffres de l'inflation japonaise, qui ont déterminé le cycle de resserrement de la politique monétaire de la banque centrale, désormais affecté par la crise au Moyen-Orient.

En janvier, l'inflation sous-jacente annuelle a atteint son plus bas niveau depuis deux ans, à 2%, conformément à l'objectif de la Banque du Japon (BoJ).

Selon un sondage réalisé par Reuters auprès d'économistes, les prix devraient avoir ralenti pour s'établir à 1,7% en février, mais ces chiffres ne refléteront pas la forte hausse des coûts énergétiques provoquée par la guerre en Iran, qui a perturbé les approvisionnements en pétrole dont dépend le Japon.

Bien qu'elle ait maintenu ses taux inchangés jeudi dernier, la banque centrale nippone a adopté un ton restrictif, mettant en garde contre l'impact de l'inflation énergétique importée sur les consommateurs.

5/ RENDEZ-VOUS AUX URNES

Le Danemark tiendra des élections législatives mardi.

La Première ministre danoise Mette Frederiksen, qui brigue un troisième mandat, espère tirer parti du fort soutien dont bénéficie sa position de résistance face aux pressions du président américain Donald Trump concernant le Groenland, dont il a dit vouloir s'emparer.

Ces élections pourraient également servir de baromètre du sentiment indépendantiste des Groenlandais. La question du coût de la vie a également occupé une place importante dans la campagne.

De son côté, l'Italie organisera dimanche et lundi un référendum sur un projet gouvernemental très controversé visant à réformer le système judiciaire. Ses partisans affirment qu'il est nécessaire de moderniser le système juridique, mais ses détracteurs estiment que le projet permettra à l'État de le contrôler plus facilement.

Une victoire du "non" pourrait notamment exacerber les tensions au sein de la coalition au pouvoir menée par Giorgia Meloni.

En France, les électeurs sont appelés dimanche aux urnes pour le deuxième tour des élections municipales, un scrutin incertain dans la plupart des grandes villes, comme à Paris et Marseille.

(Dhara Ranasinghe, Alun John et Karin Strohecker à Londres, Rocky Swift à Tokyo et Lewis Krauskopf à New York; Infographie Prinz Magtulis, compilé par Karin Strohecker, version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)

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