La saison des résultats va démarrer dans les prochains jours avec la publication des chiffres du plus grand fabricant mondial de puces, TSMC, et des grandes banques américaines, tandis que des nouvelles données macroéconomiques en provenance des États-Unis et de la Chine apporteront des précisions en matière de croissance, pressions inflationnistes et flux commerciaux.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:
1/ LES INCONTOURNABLES PUCES
Le plus grand fabricant mondial de puces d'IA de pointe, la société taïwanaise TSMC 2330.TW , publiera jeudi ses résultats du deuxième trimestre, l'un des rendez-vous incontournables pour évaluer la santé d'un secteur qui ne cesse de faire parler de lui.
Le géant sud-coréen des puces mémoire SK Hynix 000660.KS a fixé jeudi le prix de ses certificats de dépôt américains (ADR) à 149 dollars, levant ainsi environ 26,5 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse aux Etats-Unis, qui intervient à un moment où le débat s'intensifie quant à savoir si le spectaculaire rallye du secteur des semi-conducteurs, porté par l'IA, a encore de beaux jours devant elle.
Les résultats TSMC, première capitalisation boursière du continent asiatique et fournisseur clé des groupes américains Nvidia NVDA.O , Apple AAPL.O , AMD AVGO.O et Broadcom
AMD.O , devraient apporter des indications cruciales sur la demande en matière d'IA, avec les investisseurs impatients de voir si l'entreprise revoit à la hausse ses prévisions de croissance du chiffre d'affaires et d'investissement pour 2026.
L'entreprise a déclaré le mois dernier qu'elle s'efforçait de répondre à une demande incessante en matière d'IA et d'éviter de devenir un goulot d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement en puces, tout en laissant entendre qu'elle souhaiterait augmenter les prix facturés à ses clients.
2/ LES BANQUES AU PROGRAMME
La saison des résultats aux États-Unis débute la semaine prochaine, et les grandes banques de Wall Street marqueront, comme toujours, le coup d'envoi de ce que les investisseurs espèrent être un nouveau trimestre solide pour les entreprises américaines.
Cinq des six plus grands établissements de crédit américains, dont JPMorgan Chase JPM.N et Goldman Sachs GS.N , publieront leurs résultats mardi, suivis par Morgan Stanley
MS.N le lendemain, et leur trimestre devrait être exceptionnel, en raison de l'extrême volatilité des marchés.
Au-delà des banques, les investisseurs attendent également les résultats d'une série de poids lourds de la cote, notamment le géant du streaming Netflix NFLX.O , le gestionnaire d'actifs BlackRock BLK.N et le laboratoire Johnson & Johnson JNJ.N .
Les attentes sont très élevées. Selon LSEG IBES, les entreprises de l'indice S&P 500 devraient enregistrer une progression de 23,4% de leurs bénéfices au deuxième trimestre par rapport à l'année dernière, après des résultats du premier trimestre bien supérieurs aux prévisions de nombreux analystes.
3/ORMUZ DANS L'IMPASSE
Les propos du président américain Donald Trump selon lesquels le protocole d'accord avec l'Iran a "est mort" a ravivé la volatilité sur l'ensemble des marchés et fait grimper brièvement les cours du pétrole au-delà des 80 dollars le baril, ce qui a mis une nouvelle fois en évidence le risque d'inflation.
La reprise des flux de pétrole brut transitant par le détroit d'Ormuz devrait contribuer à contenir les prix, mais tant que les États-Unis et l'Iran se livreront à des attaques mutuelles, il est difficile de savoir si elle pourra être maintenue, voire si elle augmentera de manière significative.
Les opérateurs se sont précipités pour acquérir des options leur donnant le droit d'acheter des contrats à terme sur le Brent à un prix supérieur au cours actuel d'ici la fin juillet, ce qui pourrait laisser penser que le pétrole semble bon marché en ce moment.
Les données de la LSEG montrent que la plus forte hausse des positions concerne les options d'achat de brut à un prix compris entre 86 et 91 dollars le baril d'ici fin de ce mois-ci. Les opérateurs ont toutefois conservé leurs positions les plus importantes, des options de vente du Brent à 69 ou 70 dollars le baril.
4/ENCORE LES PRIX
Les indicateurs macroéconomiques américains prévus dans les prochains jours pourraient donner aux investisseurs une indication plus claire sur la question de savoir si l'inflation est en train de se modérer ou si elle s'avère suffisamment persistante pour maintenir la Réserve fédérale (Fed) en état d'alerte.
L'attention se portera surtout sur la publication de l'indice des prix à la consommation mardi, suivie le lendemain par celui des prix à la production. Les chiffres des ventes au détail, prévus jeudi, donneront quant à elles des indications sur la vigueur de la consommation américaine, dont les dépenses ont constitué un pilier essentiel de l'économie.
Les craintes d'une surchauffe de l'économie se sont apaisées après la publication d'un rapport sur l'emploi plus faible que prévu pour le mois de juin, mais les investisseurs tentent toujours d'évaluer dans quelle mesure la Fed s'inquiète de l'inflation, qui dépasse de longue date l'objectif de 2% fixé par la banque centrale.
Les préoccupations à l'égard d'une inflation élevée ont été au coeur de la réunion de juin de la Fed, selon le compte-rendu publié mercredi dernier, des discussions présidées pour la première fois par Kevin Warsh qui a entrepris une refonte de la manière dont l'institution communique.
Le patron de la banque centrale américaine doit par ailleurs faire mardi sa première intervention devant le Congrès pour évoquer la politique monétaire.
5/TEST POUR LA CHINE
Les données économiques chinoises seront également suivies de près afin de déceler les effets du boom de l'IA et de la guerre en Iran sur la deuxième économie mondiale.
Le commerce est l'un des rares points positifs à l'heure où Pékin tente de réorienter la croissance, en la détournant de son secteur immobilier en difficulté depuis longtemps pour la diriger vers la consommation intérieure, qui reste morose.
Les chiffres des exportations qui seront publiés mardi devraient afficher une hausse des expéditions de 18,0% en glissement annuel en juin, soit un rythme légèrement inférieur à la progression de 19,4% enregistrée en mai, qui avait été portée par la demande de puces électroniques et d'autres produits technologiques.
Le véritable test aura toutefois lieu mercredi, lorsque la Chine publiera ses chiffres de croissance du deuxième trimestre, qui devrait ralentir pour s'établir à 4,5% en glissement annuel.
L'économie chinoise a progressé de 5% au premier trimestre, dépassant les prévisions et atteignant la limite supérieure de l'objectif de croissance fixé par Pékin, mais la majeure partie de cette période s'est déroulée avant le début de la guerre en Iran, qui a depuis bouleversé les marchés de l'énergie.
(Compilé par Karin Strohecker, infographies par Mayank Munjal ; version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)

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