(Répétition sans changement d'une dépêche publiée vendredi)
Les marchés financiers devraient connaître une nouvelle semaine de volatilité malgré des résultats d'entreprises globalement solides qui n'ont toutefois pas été en mesure d'atténuer une aversion généralisée au risque.
Les investisseurs redoutent une survalorisation des actions, notamment dans le compartiment technologique.
Tour d'horizon des perspectives des marchés des jours à venir:
1/LE POINT DE BASCULE
Près de la moitié des banques centrales des pays développés ont commencé à réduire leurs taux directeurs: la Banque d'Angleterre (BoE) l'a fait le 1er août et la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait lui emboîter le pas en septembre.
Les actifs financiers dans le monde tels que les actions, les cryptos et les obligations ont été portés depuis le début de l'année par la thèse d'une baisse des coûts d'emprunt des banques centrales, d'un reflux de l'inflation et d'un atterrissage en douceur de l'économie, sans récession.
A cela se sont ajoutés des bénéfices corrects dégagés par les entreprises, avec davantage de résultats positifs que négatifs.
Mais la période estivale, souvent marquée par l'absence de catalyseurs et une grande volatilité, est venue chambouler ce récit d'une "valorisation à la perfection" des actifs, entraînant un mouvement de rotation vers les titres dits "value" au détriment des mégacapitalisations.
La faiblesse des dernières données de l'activité économique et de l'emploi aux Etats-Unis a accéléré le mouvement de vente des actifs. Désormais certains investisseurs se demandent désormais si les baisses de taux décidées par les banques centrales ne pas sont le reflet d'une économie plus faible que prévu et s'il n'est pas temps de prendre ses profits.
2/ D'AUTRES RÉSULTATS À VENIR
La saison des résultats des entreprises américaines, qui s'est révélée pour le moment meilleure que prévu, se poursuivra dans les jours qui viennent avec des groupes bien connus du grand public comme Caterpillar CAT.N , Walt Disney DIS.N ou encore le spécialiste des médicaments contre l'obésité Eli Lilly
LLY.N .
Alors que plus de la moitié des sociétés du S&P 500 ont déjà publié leurs comptes financiers, les bénéfices du deuxième trimestre sont en passe d'augmenter de 12,6% par rapport à l'année précédente, selon les données LSEG/IBES au 31 juillet. Le consensus tablait au premier juillet sur une hausse de seulement 10,6%.
Parmi les groupes ayant déjà publié, 78,4% ont dépassé les attentes des analystes en termes de bénéfices, un niveau pratiquement identique à celui relevé au cours des quatre trimestres précédents.
3/LA CHINE ATTENDUE
Une série de publications en provenance de Chine devraient montrer comment la fragile reprise de la deuxième économie mondiale se dessine pour le second semestre. Il y a de fortes chances que le tableau d'ensemble ne soit pas particulièrement reluisant.
La semaine va commencer par une enquête du cabinet Caixin sur l'activité des services pour le mois de juillet, suivie mercredi par une statistique sur le commerce et en fin de semaine des chiffres mensuels sur les prix à la consommation.
Les dernières données sur la Chine continuent de suggérer un assombrissement des perspectives et la nécessité de mesures de relance qui se sont traduits récemment par une baisse surprise des taux directeurs de la Banque populaire de Chine (BPC).
Mais les investisseurs attendent des mesures supplémentaires. Le rapport vendredi sur l'inflation sera à cet égard surveillé par les dirigeants chinois pour déterminer les efforts supplémentaires nécessaires afin de soutenir une demande intérieure anémique.
4/ UN POIDS LOURD EUROPÉEN EN PISTE
Novo Nordisk NOVOb.CO , première capitalisation boursière en Europe, publiera mercredi ses résultats du deuxième trimestre. Le laboratoire danois, porté par le Wegovy, a vu sa valorisation boursière croître de 380 milliards de dollars depuis le lancement de son médicament anti-obésité il y a trois ans, pour atteindre 572 milliards de dollars.
Aux yeux des investisseurs et des analystes, Novo et son concurrent américain Eli Lilly LLY.N. n'ont pratiquement qu'un seul défi: augmenter la production de leurs traitements anti-obésité.
Novo représente près de 4% de l'indice paneuropéen Stoxx 600
.STOXX , ce qui donne du poids à ses résultats.
5/L'INFLATION CHANGE LA DONNE POUR LA RBA
En Australie, les traders intègrent désormais une possible baisse des taux de la Banque de réserve d'Australie (RBA) d'ici la fin de l'année sur fond de reflux des pressions inflationnistes dans le pays alors qu'ils envisageaient encore récemment un relèvement des coûts d'emprunt à l'issue de la réunion de l'institution prévue les 5 et 6 août.
Sur les marchés, le dollar australien AUD=D3 est tombé à un creux de trois mois, tandis que les actions ont atteint un niveau record avec récemment un indice S&P/ASX 200 .AXJO à 8.092.30 points. L'inflation dite de base a ralenti de manière inattendue en juin, à 3,9%, son plus bas niveau en deux ans.
Ce sera une très bonne nouvelle pour la banque centrale, qui aurait été très réticente à relever des taux qui sont actuellement au plus haut depuis 12 ans, alors que la croissance économique stagne et que les dépenses de consommation et le marché du travail ralentissent.
Les traders estiment désormais que la RBA pourrait baisser ses taux en novembre, un calendrier nettement plus optimiste que celui de l'institut d'émission qui envisage un assouplissement monétaire seulement autour du second semestre 2025 si l'inflation continue de ralentir comme il le souhaite.
(Rédigé par Lewis Krauskopf à New York, Rae Wee à Singapour, Kevin Buckland à Tokyo et Maggie Fick et Amanda Cooper à Londres; compilé par Amanda Cooper; infographies de Sumanta Sen, Pasit Kongkunakornkul, Kripa Jayaram, Prinz Matgulis et Vineet Sachdev; version française Claude Chendjou; édité par Sophie Louet)

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