Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, est sur le point d'enregistrer la plus forte hausse mensuelle de son histoire, dans un contexte de forte volatilité provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui a secoué les marchés énergétiques tout au long du mois sans qu'une issue au conflit ne se profile.
Sur le mois de mars, le cours du Brent s'apprête à enregistrer un gain de plus de 60%, un record, selon les données de LSEG qui remontent à juin 1988.
Cette flambée serait donc plus importante que celle enregistrée en septembre 1990 (+46%), après l'invasion du Koweït par l'Irak.
Mardi, les contrats à terme sur le pétrole Brent pour livraison mai LCOc1 grimpent de près de 4% à 117,24 dollars le baril vers 12h47 GMT, tandis que ceux sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 cèdent 0,11% à 102,69 dollars le baril.
Le 9 mars, le Brent a touché un pic à 119,50 dollars le baril, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis mi-2022, sous l'effet du choc provoqué par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Il avait touché un sommet historique en 2008, à environ 147 dollars le baril, toujours selon les données de LSEG.
Le WTI se dirige quant à lui vers une hausse de 56% en mars, soit sa plus forte hausse depuis mai 2020.
La guerre a également fait flamber les prix du gaz : le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix pour l'Europe TFMBMc1 , se dirige vers une hausse de 72% sur le mois de mars.
Il évolue mardi en légère baisse autour des 53 euros par mégawattheure (MWh).
Le conflit en Iran maintient fermé de facto le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et a contraint les principaux producteurs de pétrole et de gaz naturel du Golfe à réduire leur production.
INCERTITUDE
Les déclarations souvent contradictoires du président américain, Donald Trump, ont par ailleurs entraîné de fortes fluctuations des prix ces dernières semaines, et notamment le 23 mars, quand le cours du pétrole a chuté de 15% en quelques minutes après que le locataire de la Maison blanche a fait état sur son réseau social de négociations "constructives" avec Téhéran.
La volatilité ne devrait pas disparaître de sitôt.
Selon un article du Wall Street Journal, le président américain s'est dit disposé à stopper la campagne militaire en Iran même si le détroit d'Ormuz était toujours largement fermé, une décision qui découlerait de la volonté de ne pas prolonger le conflit.
Lundi, il avait néanmois menacé une nouvelle fois de détruire les infrastructures électriques iraniennes ainsi que ses usines de désalinisation et ses puits de pétrole, demandant à Téhéran de rouvrir le détroit et d'accepter de conclure un accord avec Washington.
Mardi, dans un message publié son réseau Social Truth, le locataire de la Maison blanche a exhorté les pays qui ne parviennent pas à s'approvisionner en carburant pour avions à acheter du pétrole américain et à se rendre dans le détroit d'Ormuz pour "tout simplement le PRENDRE".
"Alors que les signaux diplomatiques restent mitigés, la réalité sur le terrain suggère que l'incertitude persistera", a déclaré Sugandha Sachdeva, analyste de SS WealthStreet, ajoutant que, même en cas d'apaisement des tensions, la remise en état des infrastructures endommagées prendrait du temps, ce qui maintiendra l'offre à un niveau réduit.
L'entrée dans la guerre, ce week-end, des Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, suscite également des inquiétudes quant à une éventuelle perturbation du trafic dans le détroit, tout aussi stratégique, de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge et le golfe d'Aden pour les navires naviguant entre l'Asie et l'Europe via le canal de Suez.
(Reportage Robert Harvey à Londres, Mohi Narayan à New Delhi et Anmol Choubey à Bangalore ; version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)

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