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Paris et Londres mènent la danse en Europe mais gardent un oeil sur Ormuz
information fournie par Zonebourse 05/06/2026 à 11:48

A mi-séance, les indices des principales places boursières européennes sont en hausse timide. Paris s'octroie 0,4%, à 8 275 points, devant Londres ( 0,35%) et Francfort ( 0,12%). Les investisseurs continuent de suivre attentivement les derniers développement au Moyen-Orient, tandis que le pétrole s'est stabilisé à un niveau élevé.

Alors qu'un brouillard géopolitique semble s'être installé durablement au-dessus du stratégique détroit d'Ormuz, Mohsen Rezaei, conseiller du Guide suprême de la Révolution islamique, a laissé entendre hier soir, lors d'un entretien avec la TV iranienne, que "la porte des négociations [avec les Etats-Unis] n'était pas fermée".

Le conseiller a pointé la position délicate du président américain qui, d'un côté, doit apaiser les tensions pour stabiliser l'économie américaine et, de l'autre, maintenir une posture de menace militaire envers l'Iran. Il a rappelé son soutien "ferme" au Hezbollah, conditionnant un plan de paix à l'arrêt des opérations israéliennes au Liban.

Ormuz sous surveillance

Dans ces conditions, les cours du pétrole se maintiennent à des niveaux élevés. Le Brent s'échange autour de 94,7 USD le baril (-0,3%), tandis que le WTI recule de 0,1%, à 92,8 USD.

Selon les dernières données d'UBS Evidence Lab, cinq pétroliers transportant du pétrole et du gaz ont franchi le détroit d'Ormuz mercredi. Si ce chiffre reste supérieur à la moyenne observée en mars-avril, il demeure très inférieur aux niveaux enregistrés en février, illustrant la persistance des perturbations dans cette voie maritime stratégique.

Sur le terrain, la situation reste d'ailleurs extrêmement tendue : Téhéran a affirmé hier avoir ciblé un navire militaire américain transportant ce qu'il a décrit comme un "centre de contrôle et de commandement" alors qu'il s'approchait des eaux territoriales iraniennes dans le golfe d'Oman. Le Commandement central américain a démenti ces allégations.

"Le mémorandum d'accord irano-américain signé hier n'a pas mis fin aux attaques : les négociations diplomatiques et l'escalade des tensions sur les infrastructures se poursuivent en parallèle", constatait ce matin Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue.

L'IA continue d'attirer les capitaux

En dehors du chapitre géopolitique, les marchés suivront avec attention les prochaines levées de fonds géantes de SpaceX, Anthropic et Google, qui absorberont à elles seules près de 250 milliards de dollars de nouveaux capitaux.

"Une part importante de ces flux provient d'investisseurs particuliers misant sur des gains rapides et sur la dynamique du marché", analyse Mark Dowding, Chief Investment Officer chez RBC BlueBay AM. Selon lui, de nombreux détenteurs se détournent des cryptos, lassés par les récentes performances du secteur, et cherchent à se repositionner sur des thématiques plus porteuses.

Sur le front des marchés, l'indice parisien est tiré par Pernod Ricard ( 2,45%), suivi par Euronext ( 2,3%) et Hermès ( 2,2%).

En revanche, STMicro recule de 4,2%, subissant des prises de bénéfices après sa hausse funiculaire des dernières semaines ( 123% au cours des trois derniers mois). Le secteur des semi-conducteurs est d'ailleurs sous pression : Infineon abandonne 7% et ASML cède 3,3%.

Enfin, Rio Tinto recule de ,16% dans un contexte de tensions commerciales autour du minerai de fer.

L'emploi américain au centre de l'attention

Les marchés prendront connaissance à 14h30 du taux de chômage aux Etats-Unis et du nombre de créations d'emplois dans le secteur agricole, des indicateurs susceptibles d'éclairer la trajectoire de l'économie américaine et de la politique monétaire de la Réserve fédérale.

Pour rappel, hier, le cabinet de services aux entreprises ADP avait indiqué que le secteur privé américain a généré 122 000 emplois le mois dernier, un nombre à peu près conforme à l'estimation moyenne des économistes, qui était de 117 000.

Ce matin, les intervenants ont déjà pu prendre connaissance de deux statistiques concernant l'Hexagone. Ainsi, la production industrielle a connu une légère croissance de 0,1% au mois d'avril en France, là où les analystes tablaient sur un repli de 0,2%. Au mois de mars, elle avait progressé de 1,4%.

Par ailleurs, le déficit commercial de la France s'est réduit en avril, s'établissant à 5,64 MdsEUR, à comparer à 6,41 MdsEUR le mois précédent (révisé de 6,86 MdsEUR en estimation initiale), selon des données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO).

Dans la zone euro, le PIB corrigé des variations saisonnières a reculé de 0,2% au 1er trimestre et de 0,1% dans l'UE par rapport au trimestre précédent, selon une estimation publiée par Eurostat.

Sur le marché des changes, l'euro grappille 0,2% face au billet vert, autour de 1,163 USD.

Enfin, sur le compartiment obligataire, le rendement de l'obligation française à 10 ans est stable autour de 3,66%, tandis que le Bund de même échéance est à 3,01%, stable lui aussi.

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