* Un contrat de 65 millions d'euros pour Dassault et Airbus
* Alliance sur les moteurs entre Safran et MTU Aero Engines
* 115 millions d'euros pour un programme d'études Safran
* Le duo franco-allemand ouvert à des partenaires, sous
conditions
par Julie Carriat
PARIS, 6 février (Reuters) - Florence Parly et son homologue
allemande Ursula von der Leyen lancent officiellement ce
mercredi le premier acte du système de combat aérien du futur
(SCAF), appelé à remplacer les chasseurs Rafale et Eurofighter à
l'horizon 2040.
A l'issue de deux années de travail préparatoire, un contrat
de 65 millions d'euros financé à parts égales par Paris et
Berlin sur deux ans va être notifié à Dassault Aviation
AVMD.PA et Airbus AIR.PA pour définir le concept et les
architectures du programme, a-t-on appris auprès du cabinet de
la ministre française des Armées.
La structuration industrielle du système de combat aérien du
futur était l'un des volets les plus sensibles du projet placé
sous le leadership de Paris et piloté par Dassault Aviation et
Airbus. Un projet de prototype devrait être lancé cet été, sous
l'égide de Dassault, en vue d'un premier vol de démonstrateur
vers 2025/2027.
Ce système du futur s'articulera autour d'un nouvel avion de
combat doté de drones d'accompagnement chargés d'aller au
contact des défenses aériennes ennemies, précise-t-on. Il
s'insérera plus largement dans un système connecté avec des
avions de ravitaillement, des missiles de croisière et un
système de commande et de contrôle au sol.
Sur le site de Safran SAF.PA à Gennevilliers
(Hauts-de-Seine), les ministres vont sceller l'alliance entre le
groupe français et l'allemand MTU Aero Engines MTXGn.DE , qui
se répartiront la fabrication des pièces du moteur. Un accord
industriel précisera mercredi leur rôles respectifs, Safran
supervisant l'architecture et l'intégration du moteur, MTU son
maintien en condition opérationnelle.
Les ministres inaugureront par ailleurs une plateforme de
recherche sur les aubes de turbine, qui permettra de fournir des
pièces résistantes aux températures des moteurs du futur, d'une
poussée supérieure à celle du Rafale actuel.
"PORTE OUVERTE" À D'AUTRES PARTENAIRES
Dans ce cadre, la France va annoncer un programme d'études
amont (PEA) pour Safran d'un montant de 115 millions d'euros,
afin de renforcer les compétences sur les pièces les plus
sensibles de ces moteurs.
Le tandem franco-allemand reste ouvert à d'autres
partenaires européens, souligne-t-on dans l'entourage de
Florence Parly, mais sans remettre en cause le leadership
français.
L'Espagne notamment est pressentie pour signer un accord en
ce sens lors du prochain salon du Bourget en juin, avait-on
appris en décembre de sources gouvernementales allemandes.
"A ce stade, ils ont un statut d'observateur, c'est-à-dire
qu'ils ont accès aux informations du programme mais ils ne l'ont
pas rejoint en tant que tel", dit-on dans l'entourage de
Florence Parly. "Ça arrivera peut-être dans un futur proche",
ajoute-t-on.
"La porte est ouverte à d'autres partenaires européens et
évidemment le Royaume-Uni fait partie de ces partenaires
potentiels", poursuit-on, à l'heure où les Britanniques ont
annoncé le développement de leur propre avion concurrent, le
Tempest, avec BAE Systems et le groupe italien Leonardo.
"C'est à eux de se positionner sur leur intérêt et leur
appétit pour eux de nous rejoindre, étant entendu que l'on
souhaite que le tandem franco-allemand soit bien préservé."
L'entente entre Berlin et Paris semble pour l'heure au beau
fixe.
La décision de Berlin d'exclure les F-35 de l'américain
Lockheed pour remplacer la flotte allemande des Tornado est
saluée par la France. "S'il y avait eu une décision positive sur
le F-35, ça aurait sans doute compliqué la mission du programme
SCAF", reconnaît-on.
(Edité par Sophie Louet)
Paris et Berlin posent les jalons de leur futur avion de combat
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