C'est un "projet tout aussi important que l'a été l'euro", a estimé la présidente de l'Autorité des marchés financiers française.
( AFP / LUDOVIC MARIN )
Face à la concurrence internationale -États-Unis et Asie en tête-, les marchés de capitaux européens doivent se renforcer, ont plaidé mardi 17 mars plusieurs responsables financiers réunis à l'occasion de la 14e conférence annuelle de l'opérateur boursier Euronext.
"L'ambition n'est rien de moins que de renforcer dès maintenant les marchés de capitaux européens", a affirmé Stéphane Boujnah, patron d'Euronext, en préambule de la conférence annuelle. L'union des marchés de capitaux est une façon d'assurer un meilleur financement des entreprises grâce à l'épargne des Européens et vise à mieux mettre en commun les systèmes financiers de toute l'Union européenne pour faire face à la concurrence internationale.
Dans un environnement de concurrence accrue, "les grands acteurs gagnent, les fragmentés perdent", a déclaré en ouverture de la conférence Nicolai Tangen, directeur général de Norges Bank Investment Management (NBIM), qui gère le plus grand fonds souverain au monde. "Et l'Europe, en ce moment, est du mauvais côté de cette fracture."
À titre d'exemple, la part de l'Europe dans le portefeuille de NBIM est passée de 41% à 21%, pendant que l'allocation du fonds aux États-Unis a presque doublé. "Ce n'est pas un choix que nous avons fait. C'est ce que le marché a dicté. C'est la réalité du marché", a-t-il argué, mentionnant également des sociétés européennes comme Spotify ou Klarna qui ont choisi de se coter aux États-Unis où les valorisations sont "plus élevées" et la réglementation est "plus simple".
"Le projet de notre génération"
"L'Union de l'épargne et de l'investissement est le projet de notre génération", a quant à elle affirmé la présidente de l'Autorité des marchés financiers (AMF) Marie-Anne Barbat-Layani, également invitée à prendre la parole chez Euronext, estimant qu'il s'agit d'un " projet tout aussi important que l'a été l'euro" à l'époque.
Verena Ross, présidente de l'Autorité européenne des marchés financiers (Esma), a quant à elle insisté sur "l'impulsion politique nécessaire pour réellement avancer" sur le sujet, tant au niveau européen que national, "car nous avons besoin des deux pour progresser".
"L'Europe a parfois été lente et fragmentée, mais elle a aussi prouvé qu'elle pouvait agir vite, lors du Covid, de la crise énergétique, ou du soutien à l'Ukraine", a détaillé Stéphane Boujnah. "Il faut maintenant appliquer cette capacité aux marchés de capitaux".
"La préservation de notre sécurité et de notre souveraineté économiques ne peut plus être considérée comme acquise : le renforcement des marchés de capitaux européens est désormais une responsabilité collective et une condition essentielle à la liberté de l'Europe", a souligné le patron d'Euronext cité dans un communiqué de l'opérateur boursier.
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