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Marchés : « 2015, une année pour rien ? » (Diamant Bleu Gestion)

Boursorama18/12/2015 à 18:50

Malgré un beau début d'année, les marchés européens n'auront pas enregistré de performances spectaculaires en 2015.

L’année 2015 touche à sa fin et la performance des indices boursiers européens reste finalement assez modérée depuis le 1er janvier. Christian Jimenez, Président de Diamant Bleu Gestion, dresse un premier bilan provisoire d’une année qui devait bénéficier de « l’alignement des planètes ».

Il ne manquait plus que cette dernière réunion de la Fed pour boucler le panorama des grands événements de l’année 2015. Et pas des moindres puisque la Réserve Fédérale a, comme attendu, procédé à son premier relèvement de taux d’intérêt directeur depuis 10 ans. Tout un symbole.

Ce resserrement monétaire semble bel et bien mettre un terme à la suprématie du compartiment obligataire qui a largement profité au fil des crises successives d’un environnement de taux historiquement bas. Malgré l’accueil chaleureux réservé par les investisseurs à l’annonce du plus puissant argentier de la planète, le suspense autour du dénouement boursier de 2015 reste entier.

Et pour cause. Alors que le fameux « alignement des planètes » pouvait laisser présager un cru exceptionnel, les indices boursiers ont finalement été perturbés par de violents à-coups à la hausse comme à la baisse. Les nerfs des opérateurs ont été mis à rude épreuve entre une phase d’euphorie printanière, une forte rechute estivale et un automne difficile. Tout au long de l’année, l’industrie de la gestion d’actifs a dû faire face à trois faits marquants.

Volatilité, encore et toujours

Comme en 2014, les incertitudes sur la croissance économique mondiale et la situation géopolitique ont alimenté une certaine nervosité chez les opérateurs de marché.

Le choc de volatilité intervenu durant la période estivale et renouvelé en décembre a marqué une rupture dans les comportements. Les craintes d’un « hard landing » chinois et par contagion d’un ralentissement économique mondial ont causé une envolée brutale des principaux indices de volatilité durant la dernière quinzaine d’août. Alors qu’il stagnait autour de 12%, le VIX, le fameux « baromètre de la peur » de Wall Street, a plus que quadruplé en quelques jours pour dépasser 50% à la fin du mois d’août. Du jamais vu depuis 2008 et 2011.

Plus globalement, depuis deux ans, les investisseurs ont appris à vivre dans un climat d’anxiété caractérisé par des évolutions de cours en tôle ondulée. D’ailleurs, les deux premières semaines du mois de décembre se sont avérées particulièrement agitées entre l’action plus limitée qu’espéré de Mario Draghi, la poursuite de la chute des prix de l’or noir et la résurgence des inquiétudes sur le réel état de santé économique de la Chine.

A cela s’ajoute un contexte géopolitique tendu, qui constitue l’une des premières sources d’incertitudes.

Banques centrales, dans l’attente d’un essai transformé

Les banques centrales auront joué un rôle crucial dans l’orientation des marchés financiers en 2015.

À l’image des déceptions causées par une extension de programme d’assouplissement quantitatif moins généreuse que prévu de la part de la BCE, les investisseurs attendent beaucoup des grandes instances monétaires. Peut-être trop. La réaction excessive provoquée par l’annonce de la Fed, qui s’est traduite par un bond de 2,7% du CAC40 au plus fort de la séance du 17 décembre, en est une illustration supplémentaire.

La grande question est maintenant de savoir si l’économie réelle va maintenant prendre le pas sur l’artifice monétaire. Car les banques centrales ne pourront pas se substituer éternellement aux Etats, qui devront prendre le relais en menant à bien les réformes structurelles nécessaires à une relance économique.

Mis à l’index au pire de la crise des finances publiques, certains pays comme l’Espagne, l’Italie et dans une moindre mesure la Grèce, ont déjà montré l’exemple en récoltant les premiers fruits de leurs efforts. Et cela même si dans d’autres pays comme le Portugal, la situation reste plus difficile. Mais cette embellie économique devra également passer par une relance de l’investissement des entreprises, qui pourra s’appuyer sur un environnement de taux historiquement. Il s’agit là du principal garant de la reprise du marché de l’emploi ainsi que de la consommation et de la croissance.

« Trouver du papier qui rapporte »

Marché des matières premières en berne, baisse des cours de l’or, qui n’a pas joué son rôle de valeur refuge, taux d’intérêt historiquement bas… il aura été rarement aussi compliqué pour un investisseur de trouver un support de placement rentable.

À moins d’accepter de prendre davantage de risque mais de manière calculée et maitrisée. Pour cela, les classes d’actifs comme l’immobilier ou encore le compartiment des actions demeurent la meilleure alternative à la quasi gratuité du loyer de l’argent. Et cela sachant que la courbe des taux longs devrait rester basse et quasi-plate pendant encore longtemps, notamment en Europe.

Selon un sondage effectué auprès de 660 investisseurs institutionnels, le compartiment des actions devrait être la classe d’actifs la plus performante en 2016. Cela s’annonce plus particulièrement vrai pour les actions européennes. Effet positif d’un euro faible par rapport au dollar sur la compétitivité des entreprises, réduction de la facture énergétique, coût de financement extraordinairement bas… De nombreux facteurs militent en faveur d’une amélioration des bénéfices des sociétés du Vieux Continent, qui pourraient s’avérer plus performantes que leurs homologues américaines.

Dans ce contexte, nous continuons de privilégier les groupes susceptibles de générer des cash-flow réguliers et de maintenir une politique de distribution de dividendes satisfaisante dans les secteurs de la santé, de l’immobilier et des télécoms avec une préférence pour les sociétés les moins endettées.

Christian Jimenez, Président de Diamant Bleu Gestion

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