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Manifestations : des commerçants "soulagés", mais inquiets pour les prochains week-ends
information fournie par AFP 25/10/2026 à 13:40

Montage photo réalisé le 24 octobre 2026 montrant des vitrines de magasins protégées par des panneaux de bois aggloméré avant une nouvelle manifestation à Paris  ( AFP / Kiran RIDLEY )

Montage photo réalisé le 24 octobre 2026 montrant des vitrines de magasins protégées par des panneaux de bois aggloméré avant une nouvelle manifestation à Paris ( AFP / Kiran RIDLEY )

"Par rapport à samedi dernier, c'était beaucoup mieux": de Rennes à Toulouse, les commerçants étaient rassurés dimanche au lendemain d'une journée beaucoup plus calme que celle du 17 octobre, mais s'inquiètent du coût des fermetures successives alors que le mouvement est appelé à se poursuivre".

A Rennes, où la manifestation était interdite, les vitrines du Carrefour City de Shawkat Ahmadi, pillé le 17 octobre, sont toujours protégées par des panneaux de contreplaqué. Sur l'un d'eux, un tag : "c'est vous les pilleurs".

Des piétons passent devant l'enseigne d'un concessionnaire Audi dont les vitres ont été endommagées lors d'une manifestation, le 25 octobre 2026 à Paris  ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des piétons passent devant l'enseigne d'un concessionnaire Audi dont les vitres ont été endommagées lors d'une manifestation, le 25 octobre 2026 à Paris ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

"Cette fois aussi on a fermé dès 14H00. Tout s'est bien passé", raconte le responsable, "soulagé". Un commerçant voisin, qui a requis l'anonymat, note la différence : "cette fois il y avait des forces de l'ordre, la semaine dernière, on n'en a pas vu un."

A Bordeaux, où moins d'une dizaine de commerces ont été vandalisés selon la préfecture, contre plus de 80 la semaine précédente, les services municipaux ont nettoyé dans la nuit la place de la Bourse, jonchée de pavés et de cartouches vides après les affrontements.

"Par rapport à samedi dernier c'était beaucoup mieux, on n'a pas été gazés", témoigne Émilie, 45 ans, au comptoir du Café des Arts, rue Sainte-Catherine.

Des passants devant un magasin de vêtements dont les vitrines ont été protégées en prévision d'une nouvelle manifestation, le 24 octobre 2026 à Bordeaux  ( AFP / Philippe LOPEZ )

Des passants devant un magasin de vêtements dont les vitrines ont été protégées en prévision d'une nouvelle manifestation, le 24 octobre 2026 à Bordeaux ( AFP / Philippe LOPEZ )

A Marseille, les quelque 300 commerces de l'hyper-centre saccagés le 17 octobre ont été épargnés par le cortège, qui n'y passait pas. Leurs devantures restent couvertes de plaques de bois.

Partout en France, le bilan est sans commune mesure avec celui de la semaine précédente. Dimanche, le ministère de l'Intérieur a fait état, dans un bilan provisoire, de 24 commerces pillés, contre 1.522 commerces touchés le 17 octobre.

Un employé municipal nettoie une rue au lendemain d'une manifestation à Paris pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 25 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Un employé municipal nettoie une rue au lendemain d'une manifestation à Paris pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 25 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

"On est soulagé du point de vue de la casse massive", a déclaré à l'AFP le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France), Alain Di Crescenzo, qui a salué l'action des forces de l'ordre, dont les effectifs avaient été renforcés de 20 %, avec 70.000 policiers et gendarmes déployés.

CCI France comptait une quarantaine de commerces dégradés ou pillés, selon les données en sa possession dimanche matin.

La mobilisation est restée forte pour ce deuxième samedi avec 410.000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, contre 550.000 une semaine plus tôt, et 800.000 selon la CGT, autant que le 17 octobre.

"On ne sait pas quand ça va s'arrêter"

A Toulouse, le centre-ville, à l'écart duquel passait le cortège, n'a subi aucune dégradation, mais il est resté inhabituellement désert samedi. Les vitrines de nombreux commerces étaient couvertes de contreplaqué et plusieurs enseignes n'ont pas ouvert.

Lors de la manifestation à Marseille, le 24 octobre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Lors de la manifestation à Marseille, le 24 octobre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Sur la place du Capitole, la brasserie Les Arcades a servi 36 couverts au déjeuner, contre 300 à 400 un samedi midi ordinaire, raconte un serveur, qui n'a pas donné son nom. "C'est mieux que samedi dernier, on a eu quatre personnes avant de fermer", relativise-t-il.

A Lille, Farid Bouhmama a fermé sa boucherie de la rue des Postes dès 15H00, quand des heurts ont éclaté à quelques mètres, puis a monté la garde pendant trois heures avec "des employés et des copains". Il garde un goût amer : "j'ai perdu beaucoup de ventes".

Pour les commerçants, qui ont passé la nuit précédant la manifestation "à calfeutrer leurs boutiques, l'impact majeur reste la perte de chiffre d'affaires", selon Alain Di Crescenzo.

Or les commerces qui ont fermé d'eux-mêmes ne bénéficient d'aucune compensation, souligne-t-il.

Des policiers antiémeutes devant un magasin équipé d'un rideau de fer lors d'une manifestation, le 24 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Des policiers antiémeutes devant un magasin équipé d'un rideau de fer lors d'une manifestation, le 24 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

"Fermer ou se barricader ne peut devenir la nouvelle normalité", abonde Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour les prochains week-ends, et les syndicats de salariés mobilisent en vue d'une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre.

"On ne sait pas quand ça va s'arrêter", s'inquiète une employée de la rue de Nemours, à Rennes, théâtre de pillages le 17 octobre.

"Chaque jour porte son lot", commente Alain Di Crescenzo, qui rappelle que les commerçants sortent d'un été difficile, marqué par plusieurs vagues de canicule qui ont éloigné les clients des centres-villes. "Il reste huit semaines entre maintenant et Noël", a-t-il ajouté, alors que cette période est cruciale pour le commerce.

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