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Macron estime que certaines personnes en difficulté "déconnent"
Reuters15/01/2019 à 20:15

    * Des propos dénoncés par l'opposition
    * L'Elysée appelle à remettre dans le contexte
    * "Je suis comme ça, je ne changerai pas", dit Macron

 (Actualisé avec autres déclarations §10-12)
    GRAND-BOURGTHEROULDE, Eure, 15 janvier (Reuters) - Emmanuel
Macron a affiché mardi sa volonté de davantage "responsabiliser"
les personnes en situation de difficulté économique et
financière en France, estimant que si certains "font bien",
d'autres "déconnent".
    "Une partie du traitement de la pauvreté est dans les
personnes qui vivent des situations de pauvreté, en les
responsabilisant, en les aidant à s'en sortir, en les
considérant", a dit le chef de l'Etat devant le conseil
municipal de Gasny (Eure) où il a effectué une visite surprise. 
    La solution ne réside pas "dans le face-à-face entre ceux
qui profiteraient d'un côté et ceux qui seraient les vaches à
lait de l'autre, ce n'est pas vrai", a-t-il ajouté. "Elle est
dans un travail collectif qui est très fin que font les
travailleurs sociaux. Les gens en situation de difficulté, on va
davantage les responsabiliser parce qu'il y en a qui font bien
et il y en a qui déconnent mais ils sont tous acteurs". 
    Ces propos surviennent dans un contexte social toujours
tendu après deux mois de mouvement des "Gilets jaunes" qui
manifestent depuis neuf week-ends consécutifs pour réclamer plus
de pouvoir d'achat et de démocratie participative. 
    Vendredi, le chef de l'Etat avait déjà suscité une vague
d'indignation après avoir déclaré que trop peu de Français
avaient le "sens de l'effort". 
    "J'ai envie de répondre au président : il y a des riches qui
sont de bons citoyens et des riches qui déconnent, et qui
déconnent gravement", a dit le Premier secrétaire du Parti
socialiste, Olivier Faure, à Reuters. "Cette façon de toujours
renvoyer la balle dans le même sens et de laisser penser que
l'abus est toujours du côté des plus pauvres est insupportable".
    
    MACRON DEPLORE DES "CARICATURES"
    Pour le député Les Républicains (LR) Daniel Fasquelle,
"c'est une petite phrase qui va choquer les Français, c'est même
une petite phrase inadmissible, le président ne doit pas
s'exprimer de cette façon-là."
    "Le président de la République est un exemple et doit donner
l'exemple", a-t-il dit à Reuters dans les couloirs de
l'Assemblée. "S'il doit tenir ce genre de propos, il doit les
tenir à l'égard de tous les Français, pas seulement en
stigmatisant une fois de plus les Français les plus modestes".
    A l'Elysée, on dément toute "maladresse" de la part du chef
de l'Etat et on appelle à "remettre" ses propos "dans le
contexte de sa pensée globale". 
    Un peu plus tard dans la journée, lors d'un échange de plus
de quatre heures avec quelque 650 maires normands à
Grand-Bourgtheroulde, Emmanuel Macron est revenu sur une autre
phrase qu'il avait prononcée en septembre et qui avait fait
polémique.
    Lors des journées du patrimoine à l'Elysée, il avait déclaré
à un chômeur qu'il lui suffisait de "traverser la rue" pour
trouver un travail, une sortie qui avait nourri le procès en
mépris de classe fait à l'exécutif depuis le début du
quinquennat.
    "Parfois on fait des caricatures, en pensant que ce qu'on
dit un moment à quelqu'un, de bonne foi, ce serait un message
vers tous les Français", a-t-il dit dans l'Eure. "On est au
temps du numérique, de l'info en continu, je suis comme ça, je
ne changerai pas". 

 (Marine Pennetier, avec pool, à Grand-Bourgtheroulde, et
Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse et
Jean-Baptiste Vey)
 

1 commentaire

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  • jean.rig
    15 janvier20:47

    macron n'est pas ma tasse de thé, mais je crois qu'il touche du doigt le problème général, à savoir: remettre les gens au travail ,incité les gens à travailler et ne plus trainer 3 millions de chômeurs en remorque.

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