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Macron en Chine alors que l'Europe cherche avec Pékin un équilibre entre rivalité et interdépendance
information fournie par Reuters 02/12/2025 à 11:34

Le président français Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron

par Elizabeth Pineau et Michel Rose

Emmanuel Macron effectue du 3 au 5 décembre sa quatrième visite d'État en Chine dans un contexte de tensions entre Pékin et l'Union européenne, à l'heure où la montée en puissance chinoise bouleverse les relations commerciales, sécuritaires et diplomatiques mondiales.

Le président français, qui a cherché par le passé à dresser un front européen solide face à la Chine tout en veillant à ne pas froisser la deuxième économie mondiale, est contraint à un exercice d'équilibriste lors de ce voyage, estiment les analystes.

"Il doit clairement faire comprendre aux dirigeants chinois que l'Europe répondra aux menaces économiques et sécuritaires croissantes de Pékin, tout en empêchant une escalade des tensions qui conduirait à une véritable guerre commerciale et à une rupture diplomatique", a déclaré à Reuters Noah Barkin, spécialiste de la Chine chez Rhodium Group. "Ce n'est pas un message facile à faire passer".

Les discussions revêtent une importance particulière en vue du G7 d'Evian, en juin 2026, et alors que la Chine présidera l'an prochain le forum de Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec).

Attendu à Pékin mercredi soir, Emmanuel Macron entamera son voyage par une visite de la Cité interdite avant de s'entretenir le lendemain avec le président Xi Jinping dans la capitale, puis de nouveau vendredi lors d'un déplacement à Chengdu, dans la province du Sichuan (centre).

Son voyage intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales entre la Chine et l'Europe, alors que les exportations chinoises à bon marché dans les secteurs de l'acier et du textile, exclues du marché américain, pénalisent des pans entiers de l'industrie européenne.

L'Europe s'inquiète aussi du boom technologique de la Chine dans le secteur des véhicules électriques et de sa domination dans le traitement des terres rares, à même de menacer l'approvisionnement d'industries européennes essentielles.

LES EXPORTATIONS CHINOISES AFFECTENT L'INDUSTRIE EUROPÉENNE

Avant ce voyage, l'Elysée a fait savoir que le président plaiderait pour un rééquilibrage des dynamiques commerciales afin que la Chine stimule sa consommation intérieure, et en faveur d'un partage en matière d'innovation à même de faire accéder l'Europe aux technologies chinoises.

Alors que les droits de douane drastiques imposés par le président américain Donald Trump continuent de peser sur les économies du monde entier, la Chine tient pour sa part à démontrer qu'elle est ouverte aux affaires, même si l'UE exprime son inquiétude face au soutien de Pékin à la Russie - dans le dossier ukrainien notamment - et à sa politique industrielle largement subventionnée par l'État.

La France est également un partenaire-clé de la Chine en tant que fournisseur de pièces aéronautiques, les achats d'Airbus offrant à Pékin un levier sur les États-Unis dans un contexte de tensions commerciales, Washington cherchant apparemment de nouveaux engagements d'achat de Boeing.

La Chine, en passe de devenir le plus grand marché mondial de l'aviation, a acheté pour 2,7 milliards de dollars de moteurs d'avion à la France cette année.

La France, dont les constructeurs automobiles réalisent des ventes négligeables en Chine tout en étant soumis à une forte pression pour passer à l'électrique sur leur marché national, a soutenu une initiative de la Commission européenne visant à relever les droits de douane sur les importations chinoises de voitures électriques.

Elle s'est également retrouvée impliquée pendant plus d'un an dans un différend avec Pékin au sujet d'une enquête sur les importations de cognac, une mesure perçue comme une riposte chinoise au soutien de la France aux droits de douane sur les véhicules électriques. Paris s'est vu accorder un répit sur ce dossier des spiritueux il y a quelques mois.

TAÏWAN, SUJET DÉLICAT

Emmanuel Macron veillera également à ne pas réitérer les faux pas commis lors de son dernier voyage il y a deux ans, lorsque ses propos sur Taïwan tenus lors de son vol retour avaient irrité Washington.

"Macron ne peut pas se permettre d'agir de manière incontrôlée comme en 2023", a estimé Noah Barkin, ajoutant que ces commentaires, dans lesquels il semblait refuser de prendre parti entre la Chine et les États-Unis, avaient "donné une image trompeuse de la véritable orientation de la politique française à l'égard de la Chine."

Des conseillers français ont indiqué qu'Emmanuel Macron encouragerait un "statu quo" sur la question de Taïwan et exhorterait la Chine à éviter toute escalade alors que de récentes déclarations de la Première ministre japonaise ont provoqué l'ire de Pékin.

"Je m'attends à ce qu'il soit plus discipliné cette fois-ci", dit Noah Barkin. "L'enjeu est bien plus important pour la France et pour l’Europe."

(Reportage Michel Rose et Elizabeth Pineau, avec Joe Cash)

4 commentaires

  • 02 décembre 11:59

    A son retour, il arrivera à pied par la Chine, alors ?


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