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M6 est à vendre, TF1 en embuscade
information fournie par Cercle Finance29/03/2021 à 15:50

(Crédits photo : m6 groupe - Thierry Lewenberg Sturm )

(Crédits photo : m6 groupe - Thierry Lewenberg Sturm )

Le slogan de M6 se veut plein de promesses : "continuons de grandir ensemble". Il faut dire que depuis son lancement en 1987, la "petite chaîne qui monte" a su jouer des coudes et se faire une place dans le PAF, jusqu'à devenir aujourd'hui le nom d'un groupe multimédia de premier plan, Métropole Télévision (Groupe M6), rassemblant un bouquet de chaînes généralistes et thématiques : M6, W9, Paris Première, 6ter, Gulli, Téva, Canal J, M6 Music...

Alors que le groupe soufflera ses 35 bougies l'année prochaine, la question de son avenir est sur toutes les lèvres. Avec qui grandira désormais M6, dont la valorisation totale a été évaluée à quelque 3 milliards d'euros ? Depuis quelques semaines, plusieurs repreneurs potentiels gravitent autour du groupe.

Le 29 janvier, en effet, RTL Group, actionnaire principal de M6 avec 48,3 % du capital, confirmait envisager "une cession ou une opération de consolidation autour de sa filiale". Une déclaration qui confirmait les récents bruits de couloir et suscitait l'appétence des investisseurs : ce jour-là, le titre gagnait 5%, à 14 euros, soit son plus haut niveau en près de douze mois.

Depuis cette date, l'engouement pour le titre n'a pas faibli. A 18,5 euros aujourd'hui, M6 a gagné plus de 30% en 2 mois. "Tous les scénarios seraient, selon nous, créateurs de valeur", estimait même le bureau d'analyses Oddo début mars.

Les scénarios, justement, ne manquent pas, la liste des potentiels repreneurs n'ayant eu cesse de s'étoffer au fil des semaines. TF1, Vivendi, Groupe Arnault, Xavier Niel, les fondateurs de Mediawan, Mediaset, CMI (Daniel Křetínský), Altice.... les spéculations vont bon train. Cependant, "les articles ne précisent jamais si les éventuelles offres concernent uniquement la part de RTL Group ou la totalité du groupe M6", note Oddo.

La question n'est pourtant pas anodine : en France, la loi fixe à 49% la part maximale qu'un actionnaire peut détenir dans une chaîne de télévision française réalisant plus de 8 % de part d'audience. Un cadre strict qui pourrait conduire à des offres conjointes entre certains prétendants et la possible création de synergies entre investisseurs.

Dans ce contexte particulier, c'est finalement TF1 qui aurait déposé l'offre la plus engageante et la mieux-disante au groupe Bertelsmann (propriétaire à 75 % de RTL Group) pour la reprise de Métropole Télévision, croit savoir La Lettre A.

Selon Oddo, cette offre présenterait un double avantage, engendrant d'une part « des synergies importantes » entre les deux leaders du marché télévisuel hexagonal (jusqu'à 500 ME, selon « certaines sources » citées par capital.fr) et permettant d'autre part à TF1 d'acquérir la totalité de M6, tout en respectant la loi des 49 % - puisque Bouygues ne détiendrait que 43,7 % du nouvel ensemble.

Là encore, le législateur pourrait arbitrer l'opération : selon le dispositif anti-concentration de l'audiovisuel en vigueur dans l'Hexagone, un même groupe ne peut posséder plus de sept chaînes de TNT. TF1 pourrait alors se voir contraint de céder à des tiers certaines chaînes numériques (TF1 Films Séries, 6Tter et Paris Première croit savoir capital.fr) ou à les passer en diffusion payante afin de se conformer à la législation.

Le gendarme de la concurrence pourrait également voir d'un mauvais œil l'émergence de ce nouvel ensemble qui détiendrait, à lui seul, près de 75 % des revenus publicitaires télévisuels du marché. Les contreparties imposées pourraient ainsi s'avérer très lourdes, voire dissuasives. On évoque la revente de nombreuses chaînes, ou même l'interdiction pure et simple de l'opération… Par conséquent, TF1 et M6 pourraient rester des structures distinctes, ce qui permettrait, semble-t-il, de contourner certaines difficultés.

Moins probables, les autres scénarios de vente ne sont toutefois pas à écarter définitivement : une cession à Mediaset ou encore à Vivendi et Altice reste envisageable - d'autant que Vivendi vient de récolter 3 milliards d'euros en cédant 10 % du capital d'Universal Music à Tencent. La vente à un consortium d'actionnaires, Groupe Arnault, Xavier Niel et Mediawan par exemple, reste également possible, chacun étant sous les 49%.

Enfin, le risque d'une contre-offre n'est pas à exclure : un groupe pourrait être tenté d'acquérir une minorité de blocage. « Il n'est pas impossible qu'une OPA soit lancée par un concurrent aux mêmes conditions, lui permettant d'obtenir entre 30 et 49% du capital ! Le groupe serait alors contrôlé à égalité par ces deux actionnaires », envisage Oddo. Un risque qui pourrait inciter l'acheteur à sécuriser plus de 49 % de M6 via des alliances.

Dans ces conditions, le bureau d'analyses se veut confiant, appliquant une prime de 16,5 % à la valorisation fondamentale du titre qui, à 21 euros, constitue le plancher en cas de statu quo ou que l'opération est sans prime et sans synergie. Le broker cible ainsi un cours de 25 euros pour le titre M6. Le groupe n'a donc pas fini de grandir. Reste à savoir avec qui.

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