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LVMH saisit à son tour la justice face à Tiffany
information fournie par Reuters 10/09/2020 à 18:15

LVMH SAISIT À SON TOUR LA JUSTICE FACE À TIFFANY

LVMH SAISIT À SON TOUR LA JUSTICE FACE À TIFFANY

PARIS (Reuters) - LVMH va saisir à son tour la justice américaine afin que soit établie la manière dont Tiffany a géré la crise due au coronavirus, annonce jeudi le groupe dirigé par Bernard Arnault, qui a renoncé la veille au rachat du joaillier américain.

Evoquant la procédure lancée par l'américain à son encontre, le groupe français dit en avoir pris connaissance "avec étonnement" et qu'il "s’en défendra vigoureusement".

Tiffany a déposé plainte dans le Delaware, l'Etat de la côte Est où la société, basée à New York, est enregistrée, afin de contraindre LVMH à finaliser l'opération de rachat estimée à 16,2 milliards de dollars (13,7 milliards d'euros).

"LVMH estime que cette action est totalement infondée. Elle est manifestement préparée de longue date par Tiffany et a été communiquée d’une manière trompeuse pour les actionnaires et diffamatoire. LVMH s’en défendra vigoureusement", déclare le géant du luxe français dans son communiqué.

LVMH, qui compte également déposer plainte dans le Delaware, a précisé que son recours s'appuierait notamment sur la "mauvaise gestion" de la crise du coronavirus par Tiffany, et notamment le versement de dividendes.

"Le conseil d’administration de LVMH (...) a eu l’occasion d’examiner la situation économique actuelle de Tiffany et sa gestion de la crise. Il a constaté que ses résultats du premier semestre et ses perspectives pour l’année 2020 sont mauvais, et significativement inférieurs à ceux des marques comparables du groupe LVMH pendant la période", dit le groupe.

"LVMH estime, entre autres, que cette période est affectée par une situation de force majeure (material adverse effect), que Tiffany n’a pas suivi un cadre normal de gestion (ordinary course of business), notamment en distribuant des dividendes substantiels alors que la société était en perte", poursuit-il.

Cette clause "material adverse effect (MAE)" (incidence défavorable importante), dont l'accord de fusion est assorti, peut être invoquée pour annuler l'acquisition si les résultats de Tiffany sont inférieurs à ceux de ses concurrents.

Aux reproches de Tiffany, qui accuse LVMH de retarder sciemment l’obtention des autorisations administratives relatives aux règles anti-trust à travers le monde, LVMH répond que l'accusation n'a "aucune substance".

UNE AUTRE PROIE ?

"La notification à Bruxelles interviendra, comme prévu, dans les prochains jours et cette date résulte simplement du planning fixé avec la Commission européenne elle-même, ce que Tiffany sait parfaitement. Et il est légitime de penser que son autorisation sera obtenue courant octobre", ajoute-t-il.

La firme américaine a accusé une perte nette de 33 millions de dollars au premier semestre 2020, alors que celle de la division joaillerie et horlogerie de LVMH s'élève à 17 millions d'euros. Elle a néanmoins donné son aval au versement de dividendes trimestriels de 0,58 dollars par action en mai et en août, comme le permet l'accord de fusion.

Selon LVMH, elle n'aurait pas dû le faire dans la mesure où elle perdait de l'argent et subissait une diminution des ventes due à la crise sanitaire. LVMH a réduit de 30% son propre dividende au titre de l'exercice 2019.

Le groupe français ne divulgue pas la performance financière de chacune de ses marques. Le chiffre d'affaires à périmètre constant de sa division horlogerie et joaillerie a baissé de 39% au premier semestre, alors que celui de Tiffany a reculé de 34%.

Dans son ensemble, le groupe français a limité la baisse à 28% sur la même période et a enregistré un résultat opérationnel courant de 1,67 milliard d'euros.

Dans sa plainte, le joaillier reproche à LVMH d'avoir cherché à plusieurs reprises un prétexte pour invoquer la clause MAE et de l'avoir fait pour la première fois après le report de trois mois de la date limite de finalisation de l'accord, initialement fixée le 24 août.

Selon plusieurs sources interrogées par Reuters, Bernard Arnault cherche à renégocier le montant de l'acquisition, ce que le directeur financier du groupe a nié mercredi.

Certains analystes n'excluent pas que les deux parties finissent par s'entendre sur un montant inférieur à celui qui a été retenu, mais d'autres pensent que l'homme d'affaires a déjà repéré une autre proie.

(Bertrand Boucey, Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief)

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