Aller au contenu principal
Fermer

Libye-Un second gouvernement va prêter serment, l'impasse politique persiste
information fournie par Reuters 03/03/2022 à 12:11

(.)

BENGHAZI, Libye, 3 mars (Reuters) - La crise politique en Libye pourrait encore empirer, le nouveau gouvernement sur le point de prêter serment devant le Parlement qui l'a désigné accusant jeudi l'exécutif en place d'avoir enlevé deux de ses membres.

L'ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha, désigné Premier ministre le mois dernier par le Parlement de Tobrouk, dans l'est du pays, nL8N2UL86B et dont l'équipe gouvernementale a été approuvée mardi par ce même Parlement, doit prêter serment dans la journée.

Mais Abdoulhamid Dbeibeh, chef du gouvernement d'union nationale formé l'an dernier sous l'égide de l'Onu pour tenter de mettre fin au conflit qui déchire le pays depuis une décennie, refuse de céder le pouvoir avant la tenue d'élections.

Les services de Fathi Bachagha ont déclaré tôt jeudi matin que ses ministres des Affaires étrangères et de la Culture avaient été enlevés par une milice liée au gouvernement de Tripoli alors qu'ils tentaient de gagner Tobrouk par voie terrestre.

Le Premier ministre désigné s'était plaint mercredi soir qu'Abdoulhamid Dbeibeh avait fermé l'espace aérien libyen pour empêcher les membres du nouveau gouvernement de se rendre à Tobrouk.

Le porte-parole du gouvernement de Tripoli d'Abdoulhamid Dbeibeh n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter ces accusations d'enlèvement.

A Tobrouk, un porte-parole du Parlement a fait savoir que la séance de prestation de serment de Fathi Bachagha aurait lieu malgré l'absence probable de certains membres de son gouvernement, qui pourront prêter serment plus tard.

La validité de la démarche du Parlement en vue d'introniser Fathi Bachagha semble sujette à caution, d'après les Nations unies.

Le porte-parole du secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est fait l'écho dans un communiqué publié dans la nuit d'informations "préoccupantes" selon lesquelles le vote de confiance envers la nouvelle équipe gouvernementale mardi "n'a pas atteint les standards requis en termes de transparence et de déroulement des procédures" et s'est accompagné "d'actes d'intimidation" avec la séance.

L'Onu invite une nouvelle fois les deux parties à éviter toute initiative susceptible d'accentuer les divisions et à plutôt rechercher un accord politique pour permettre la tenue des élections dans les meilleurs délais.

Le Parlement de Tobrouk soutient la nomination d'un nouveau gouvernement car il considère que le mandat d'Abdoulhamid Dbeibeh a expiré après le report d'une année des élections présidentielle et législatives qui devaient avoir lieu fin décembre.

Le Premier ministre au pouvoir à Tripoli a contesté cette interprétation et prévenu qu'il ne remettrait sa démission qu'après des élections.

Le positionnement des puissances internationales sera crucial dans le bras de fer qui se dessine entre ces deux exécutifs pour le contrôle de la Libye, qui fait ressurgir le spectre de la division territoriale et des combats entre factions rivales après un an et demi de relative accalmie.

L'ancrage en Libye de nombreuses milices aux allégeances incertaines, ainsi que la présence de forces étrangères sur le terrain, notamment russes et turques, rend la situation particulièrement volatile dans ce pays producteur de pétrole.

(Reportage Ayman al-Warfali, rédigé par Angus McDowall ; version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...