Olivier Andriès, directeur général de l'équipementier aéronautique et président du groupement des industries françaises du secteur, déplore le traitement réservé à l'aérospatial par les pouvoirs publics.
Olivier Andriès, à Marchin, le 3 juin 2025 ( Belga / ERIC LALMAND )
"Ce n’est pas comme ça que le pays va s’en sortir!". A l'occasion de ses voeux pour 2026, la filière française de l'aérospatial a fustigé, par la voix de son président, une action du législateur français à contre-temps des perspectives industrielles du secteur.
Les "atlantistes" de retour vers l'industrie européenne?
Dopé par un trafic aérien record et la hausse des dépenses militaires européennes, l'aérospatial entame 2026 avec confiance, a ainsi déclaré jeudi 8 janvier Olivier Andriès. Le chef de file du Groupement des industries françaises aéronautiques en spatiales (Gifas) a souligné que les tensions géopolitiques ainsi que la politique "désinhibée et décomplexée" de Donald Trump offraient des "opportunités doubles" pour la filière aérospatiale française, grâce à la prise de conscience par certains pays européens "atlantistes" de la nécessité de renforcer leur indépendance en achetant davantage européen.
"On aborde 2026 avec confiance (...) Cela restera une année de croissance dans tous les domaines", a résumé Olivier Andriès, qui est aussi le directeur général de Safran , dont les moteurs équipent la plupart des avions les mieux vendus d'Airbus et de Boeing. Le dirigeant a jugé que la filière devait investir massivement en amont de l'échéance de 2030, quand Airbus et Boeing devront arrêter leur choix sur leur futur avion monocouloir en remplacement des A320 et 737. Ces programmes représenteront "près de 80% des livraisons d'avions commerciaux dans le monde", a-t-il noté.
L'industrie française "la plus imposée en Europe"
Dans ce contexte, le patron du Gifas déplore la volonté de "taxer plus" une filière employant 200.000 personnes en France et première industrie exportatrice du pays, qui reste avec les Etats-Unis le seul "à maîtriser de A à Z l'ensemble des composants pour faire un avion civil ou militaire".
Sur fond d'incertitude budgétaire et fiscale en France, faute de loi de finances votée fin 2025, Olivier Andriès estime que les "parlementaires ont perdu la boussole". "Le mot d'ordre, c'est 'taxer plus pour travailler moins'. Ce n'est pas comme ça que le pays va s'en sortir", a-t-il lancé, en assurant que l'industrie française était "la plus imposée en Europe".
"En 2025, le trafic aérien mondial a été en très forte croissance, plus de 5 milliards de passagers qui ont pris l'avion. C'est un record", ce qui génère "une forte demande dans le domaine des avions civils", a t-il développé. La croissance dans le secteur de la défense "a été très forte, compte tenu du contexte géopolitique", et les budgets défense en Europe sont "en très forte hausse" pour grimper en moyenne à 3,5% du produit intérieur brut (PIB) des pays membres de l'Otan à moyen terme, après 2% en 2025, a-t-il encore rappelé.
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