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Les producteurs de viande pourraient favoriser de nouvelles pandémies
information fournie par Newsmanagers18/11/2020 à 10:15

(NEWSManagers.com) - Près des trois-quarts des principaux fournisseurs de viande, de poisson et de produits laitiers au monde ne font donc pas suffisamment d' efforts pour éviter l' éclosion et la propagation d' une future pandémie. C' est l' une des conclusions de la troisième étude sur l' impact ESG des grands producteurs de protéines cotés en Bourse* réalisée par le réseau d' investisseurs FAIRR représentant des actifs de plus de 25.000 milliards de dollars. Ce groupement réunit notamment les sociétés de gestion françaises Amundi, LBPAM, Mirova et Comgest.

44 des 60 entreprises étudiées sont classées comme " à risque élevé " selon un nouveau " classement des risques de pandémie " établi par FAIRR et fondé sur les critères de notation considérés comme essentiels pour prévenir le risque de futures pandémies zoonotiques : la sécurité des travailleurs, la sécurité alimentaire, le bien-être animal et la gestion des antibiotiques.

" Il a été clair, tout au long de la crise de la Covid, que pour de nombreuses entreprises, les politiques, les normes et les engagements envers la sécurité des travailleurs ne sont pas allés assez loin pour protéger efficacement les travailleurs et atténuer la perturbation de la chaîne d' approvisionnement " , estime FAIRR. Pour y faire face, le réseau d'investisseurs va lancer un engagement actionnarial visant huit producteurs mondiaux de viande figurant dans l' indice dans les prochains mois. Le nom de ces entreprises est resté confidentiel, mais elles incluent des sociétés des États-Unis, du Royaume-Uni, du Brésil, de la Chine et du Japon qui ont toutes connu une perturbation de leurs activités.

Les investisseurs s'inquiètent également du fait que 42 entreprises (70 %) se sont classées à risque élevé pour la gestion des antibiotiques, ce que de nombreux investisseurs considèrent comme un indicateur de la capacité d'une entreprise de protéines animales à gérer le risque de pandémie. Une seule entreprise de l'indice évalue le risque de résistance de sa main-d' œuvre aux antimicrobiens (soit 2 % des 57 entreprises qui utilisent des antibiotiques). La résistance généralisée aux antibiotiques est jugée comme l' une des prochaines grandes menaces mondiales à la santé humaine par l' OMS (Organisation mondiale de la santé).

Les trois quarts des sociétés ne déclarent pas toutes leurs émissions de GES

L' étude de FAIRR montre par ailleurs que les plus grands producteurs mondiaux de viande, de poisson et de produits laitiers mettent en péril les efforts mondiaux visant à limiter le réchauffement climatique.

De nombreuses marques de produits alimentaires à l' échelle internationale ont récemment pris des engagements fermes pour le climat. C' est le cas de McDonald' s qui s'est engagé à réduire ses émissions de 31 % d'ici 2030 et de Nestlé qui a accepté de ne plus produire aucune émission nette d'ici à 2050, illustre l' étude. Cependant, l'indice FAIRR révèle que ces entreprises recourent couramment à des fournisseurs comme le chinois Fujian Sunner, l' américain Seaboard Corporation et le russe Cherkizovo Group qui obtiennent un score de 1 % ou moins selon les critères GES (gaz à effet de serre) de FAIRR, ce qui signifie qu'ils ne déclarent aucune de leurs émissions de GES ou n'ont pas d'objectifs publics de réduction.

Trois sociétés sur quatre (78 %) parmi les 60 figurant dans l' indice ne déclarent pas toutes leurs émissions de GES et/ou n'ont pas d'objectifs significatifs de réduction (scope 1, 2 et 3). Cette proportion atteint 86 % pour les seuls fournisseurs de viande et de produits laitiers. En outre, 35 % des sociétés étudiées dans l'indice ont fait état d'une augmentation de leurs émissions par rapport à l'année précédente. " Ces résultats suggèrent que les engagements climatiques des principales marques de grande distribution sont gravement compromis par l' incapacité de leur chaîne d' approvisionnement en protéines animales à agir contre les changements climatiques " , s' alarment les auteurs de l' étude.

En France, l' enseigne Carrefour s' est fixée comme objectif de réduire les émissions liées à l' achat de biens et de services (Scope 3) de 30% d' ici à 2030 par rapport à 2019, relève encore l' étude. Cependant, l' Indice Coller FAIRR montre que l' un de ses fournisseurs, le producteur français de volaille LDC, ne révèle aucun objectif d'émissions de GES pour les Scope 1, 2 ou 3, et fait état d'une augmentation de 8,2 % des émissions de CO2 (178 147t CO2) en 2019 par rapport à 2018, liée à une hausse de sa consommation d'énergie, détaille FAIRR. Pour autant, LDC fait partie des acteurs en pointe en matière de production de protéines durables grâce à une forte diversification de sa production. La société est le seul français du classement et figure à la vingt et unième place.

Seules trois sociétés se distinguent

Le géant norvégien de la pisciculture Mowi, la société canadienne de protéines emballées Maple Leaf Foods et l' entreprise d' aquaculture Bakkafrost sont les trois seules entreprises à être classées " à faible risque " pour les investisseurs, et occupent à ce titre les trois premières places du classement. Dix-neuf entreprises sur 60 sont classées " à risque modéré " et le reste " à risque élevé " . Par ailleurs, quatre des cinq entreprises les moins performantes sont asiatiques.

" Si l' agriculture animale mondiale était un pays, elle serait le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre " , alerte Jeremy Coller, fondateur du réseau FAIRR et directeur des investissements de Coller Capital. " Les données de FAIRR indiquent que trois quarts des géants mondiaux de l' industrie des viandes et des produits laitiers dissimulent l' ampleur réelle de leurs émissions climatiques ou refusent d' établir des objectifs concrets afin de les réduire. L' agriculture industrielle mine à la fois les ambitions climatiques des grandes marques et la viabilité des Accords de Paris " , déplore-t-il.

*L'indice Coller FAIRR évalue les 60 producteurs de protéines animales cotés en Bourse, pour la capitalisation totale est de 337 milliards de dollars, parmi lesquels de nombreux fournisseurs de hamburgers, de nuggets et de plats préparés que l' on trouve sur nos tables et dans les rayons des supermarchés.

Les entreprises sont ainsi classées selon dix critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), dont les émissions de gaz à effet de serre (GES), la déforestation, l'usage d'antibiotiques, les conditions de travail et l'investissement dans des protéines alternatives.

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