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Les marchés trébuchent une nouvelle fois avec le pétrole, l'Afrique du Sud et la Fed

Boursorama11/12/2015 à 18:26

Les marchés européens évoluent en très nette baisse vendredi 11 décembre, pénalisés par plusieurs sources de doutes.

Les marchés s’inscrivent une nouvelle fois en forte baisse vendredi 11 décembre. La « crise des émergents » débutée l’été dernier semble sur le point de faire une nouvelle victime : l’Afrique du Sud, alors que le pétrole est toujours au plus bas et que la Fed est attendue le 16 décembre.

Le CAC40 a clôturé en baisse de 1,84% à 4.549 points vendredi, enregistrant une quatrième séance de baisse d'affilée. Outre-Rhin, le Dax 30 a quant à lui terminé en net recul de 2,44% alors que Wall Street perdait un peu plus de 1%.

La cause la plus visible de la baisse du marché est sans aucun doute le pétrole, dont les prix continuaient de se contracter lors de la dernière séance de la semaine. « Le pétrole est clairement l’un des plus gros éléments de pression à l’heure actuelle », évoque Alexandre Baradez, stratégiste chez IG.

Le baril de pétrole WTI s’échange désormais à 36 dollars, un nouveau plus bas depuis début 2009. Le Brent est quant à lui passé sous les 39 dollars vendredi, un niveau particulièrement faible.

« Vendredi, l'Agence internationale de l’Énergie (AIE) a estimé que la production de brut allait encore augmenter l'an prochain, déprimant encore plus les cours de l'or noir qui creusaient leur pertes et chutaient à leur plus bas depuis début 2009 », précisait l’AFP en milieu de séance.

L’Afrique du Sud sur les pas du Brésil ?

Le pétrole n’est pas la seule cause de pessimisme pour les opérateurs de marché en cette fin de semaine.

« On a maintenant l’Afrique du Sud qui a des difficultés. C’est toujours en lien avec l’impact des matières premières. Les taux grimpent et la devise perd rapidement de sa valeur », note Alexandre Baradez, qui trace un parallèle avec le mouvement observé cet été sur la devise brésilienne.

Le rand sud-africain a en effet perdu 10% de sa valeur depuis le début de la semaine, perdant encore 3% vendredi 11 décembre face au dollar. La devise s’échange à 0,063 USD pour 1 ZAR vendredi, contre 0,070 USD pour 1 ZAR le 7 décembre dernier.

Toujours du côté des pays dits « émergents », le stratégiste rappelle également que des chiffres sensibles sont attendus de Chine demain samedi, au sujet de la production industrielle du pays en novembre. La Chine n’est plus un sujet aussi sensible qu’à l’été dernier, mais le retour en force des doutes sur les émergents ne laisse pas les opérateurs indifférents vis-à-vis de ce type de publication.

Et si Janet Yellen décevait à son tour les attentes du marché ?

Par ailleurs, explique Alexandre Baradez, la baisse des derniers jours sur les principaux indices boursiers s’explique en partie du fait que les opérateurs de marché semblent craindre un éventuel épisode de turbulences boursières autour du discours de Janet Yellen le 16 décembre prochain.

« Soit la Fed décide finalement de ne pas baisser ses taux la semaine prochaine, et dans ce cas c’est mauvais signe pour la santé de l’économie, soit elle monte ses taux comme on l’attend, mais dans ce cas il faudra faire très attention à la communication de Janet Yellen, qui pourrait être différente de ce que le marché attend. Les investisseurs semblent justement en train d’intégrer un tel scénario alors que la Fed offre une visibilité très moyenne », et ce malgré l’imminence de la décision à venir, explique le stratégiste d’IG.

Les banques centrales, après avoir longtemps été synonymes de soutien pour les marchés, commencent en effet à devenir un sujet de doutes. Après la communication ratée de la Fed en septembre dernier, c’est la BCE qui a déçu les investisseurs début décembre en se gardant d’annoncer ce que les marchés attendaient, notamment en ce qui concerne ses montants mensuels de rachats d’actifs dans le cadre du plan de « quantitative easing ». Enfin, « la Banque du Japon maintient toujours son statu quo » vis-à-vis de son propre plan de « quantitative easing » ajoute Alexandre Baradez, rompant avec son précédent discours volontariste.

 « Dernière grosse correction avant une reprise »

Alexandre Baradez avait évoqué la semaine dernière : « Dans les jours à venir, je vois bien un CAC retomber vers 4.600 points ». Cet objectif s’est déjà réalisé.

Désormais, les objectifs à court terme du stratégiste d'IG ont été ramenés vers des valeurs plus faibles. Sur le CAC40, « on a un gap à aller combler vers 4.460 points », remarque-t-il en utilisant les outils de l’analyse graphique. Ce « gap » fait référence à la hausse des marchés du 5 octobre dernier, ayant fait bondir le CAC40 par rapport à la séance précédente. Dans la même idée, « je vois bien un S&P sous les 2.000 points dans les jours à venir », a-t-il ajouté.

L’indice américain S&P 500 a ouvert aux alentours de 2.030 points vendredi à 15h30, en baisse de 1% par rapport à la veille.

Concernant un éventuel rallye de fin d’année sur les marchés boursiers, Alexandre Baradez se montre relativement sceptique. « Normalement, on a des signes qui ne trompent pas sur la constitution d’un rallye de fin d’année sur les marchés. Or, cette année, on est déjà le 11 décembre et pour l’instant on ne voit rien qui puisse annoncer un rallye ».

Néanmoins, à plus long terme, Alexandre Baradez reste optimiste comme il l’était la semaine dernière. Le stratégiste envisage une année 2016 globalement haussière sur les marchés européens, notamment soutenus par une reprise progressive de la croissance de l’activité économique en zone euro. « Les fondamentaux s’améliorent en Europe », mentionne-t-il, ce qui le pousse à penser que « les récentes inquiétudes ne sont pas de vraies inquiétudes durables ». Last but not least, « la BCE s’est laissée de la marge de manœuvre pour le QE », évoque-t-il en conclusion.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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