Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir sans grande orientation lundi en perspective de la publication des chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis, qui constituera le point culminant de la semaine dans le contexte actuel de révision à la hausse des anticipations de hausse des taux d'intérêt. Les contrats à terme sur les principaux indices indiquent pour l'instant une ouverture stable ou presque pour le CAC 40 alors qu'à Francfort, le DAX est attendu sur des gains de l'ordre de 0,4%, tout comme l'indice Euro STOXX 50.
En raison du jour férié d'Independence Day vendredi, le Département du Travail américain a prévu de publier avec un jour d'avance, dès jeudi, ses statistiques de l'emploi pour le mois de juin.
Les économistes prévoient en moyenne autour de 120 000 créations de postes non-agricoles, un rythme conforme aux 120 000 nouveaux jobs annoncés au titre du mois de mai. Le taux de chômage devrait quant à lui rester inchangé, à 4,3%.
Un test crucial pour la trajectoire des taux aux USA
Les investisseurs seront à l'affût de tout signe de bonne santé du marché de l'emploi après les indicateurs robustes sur l'inflation parus ces derniers temps, qui ont conduit nombre d'entre eux à revoir leur scénario d'évolution des taux de la Réserve fédérale pour les prochains mois.
Selon le baromètre FedWatch de CME Group, le marché estime désormais à plus de 29% la probabilité d'une baisse de taux d'un quart de point à la fin du mois de juillet, contre seulement 6% un mois plus tôt.
La réaction des marchés aux chiffres de l'emploi sera déterminante pour la poursuite du mouvement de rotation qui s'est récemment mis en place sur les places mondiales, d'autant que les données de JOLTS et d'ADP permettront encore d'affiner le tableau.
"Des statistiques solides viendraient conforter l'idée selon laquelle la Fed va devoir moins se focaliser sur le marché de l'emploi pour se recentrer sur les pressions inflationnistes persistantes, alors qu'elle poursuit ses efforts pour ramener l'inflation à son niveau cible", prévient Michael J Kramer, le fondateur de Mott Capital Management.
"Un tel scénario pourrait s'avérer très pénalisant pour les actifs à risque, en particulier pour le S&P 500, qui peine à retrouver une dynamique positive depuis son pic du 2 juin", avertit le stratège.
Les investisseurs réajustent leurs positions
Avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient et le repli des cours pétroliers qui s'en est suivi, dont l'envolée avait surtout pénalisé l'Europe, et les inquiétudes entourant la pérennité des investissements considérables dans l'IA Outre-Atlantique, les places new-yorkaises ont largement sous-performé leurs homologues européennes la semaine passée.
Le S&P 500 a reculé de 1,9% la semaine passée, et le Nasdaq Composite de 4,6%, tandis que le STOXX 600 a limité son repli autour de 0,5%.
Il n'est pas impossible que les marchés deviennent aussi influencés par une logique de flux alors que le premier semestre boursier touche désormais à sa fin.
"De nombreux investisseurs institutionnels se délestent de leurs actions après avoir engrangé de beaux gains, un phénomène fréquent au mois de juin, tandis que les particuliers continuent d'être massivement acheteurs", rappelle Alexandre Schont, chez iBanFirst.
"Une certaine prudence commence (...) à émerger à moyen terme, ce qui explique en partie la baisse des marchés observée ces derniers jours", souligne l'analyste.
Un calendrier chargé en Europe aussi
En Europe, la semaine sera essentiellement marquée par la réunion annuelle de la BCE qui se tiendra à partir d'aujourd'hui et jusqu'à mercredi près de Sintra, au Portugal.
Les chiffres des prix à la consommation (CPI) en zone euro, attendus mercredi, pourraient quant à eux montrer que l'inflation a désormais atteint un pic, certains économistes voyant le taux annuel refluer à 2,8% en juin contre 3,2% le mois précédent.
Du fait du moindre appétit pour les actions, les rendements des emprunts d'Etat s'inscrivent en baisse, notamment aux Etats-Unis en dépit du renforcement des anticipations de hausse. Celui des bons du Trésor américains à dix ans, pourtant très sensible aux anticipations sur la Fed, oscille autour de 4,3720%, son plus bas niveau depuis le début du mois de mai.
L'euro tente de se redresser face au dollar pour se traiter autour de 1,1395 contre le billet vert. Avec des pertes de 3% depuis le début de l'année, la monnaie unique s'inscrit désormais à des planchers d'un an en comparaison de la devise américaine.
Le dollar est en légère baisse face à un panier de devises de référence, creusant ses pertes des derniers jours: le billet vert accuse pour l'instant un repli de plus de 0,3% sur la semaine face à un panier de devises de référence.
Après trois semaines consécutives de forte baisse, le prix du baril repart à la hausse, alors que l'accord signé entre Israël et le Liban a été de nouveau fragilisé ce week-end par des frappes israéliennes et par un rejet du texte par le chef du Parlement libanais.
Le Brent gagne actuellement 0,1% à 72,1 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,7% à 69,7 dollars.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer