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Les investisseurs obligataires anticipent une nouvelle normalisation sur les marchés de taux
information fournie par Newsmanagers02/02/2018 à 10:30

(NEWSManagers.com) - En ce début d'année 2018, l'optimisme est de mise chez les investisseurs obligataires. Tel est le principal enseignement de la première étude mondiale sur la gestion obligataire (" Global Fixed Income Study 2018 " ) réalisée par Invesco auprès de 79 spécialistes de la gestion obligataire à travers le monde*. De fait, de nombreux investisseurs estiment que la longue période de calme qui règne sur les marchés obligataires depuis la fin de la crise financière approche de son terme en raison du retrait progressif des mesures de soutien des banques centrales. Ainsi, la majorité des investisseurs interrogés anticipent désormais une période qu'ils qualifient de " nouvelle normalisation " sur les marchés de taux, caractérisée par des rendements plus faibles, une inflation basse et de nouvelles interventions des banques centrales, note l'étude. Cependant, une minorité importante des sondés estime, au contraire, que la fin du ralentissement du cycle économique entraînera une vague déflationniste dans les pays les plus fragiles. Enfin, quelques investisseurs tablent sur une forte hausse de l'inflation en lien avec la fin du cycle économique.

Pour autant, plus de la moitié des sondés (58%) pensent que l'économie mondiale est clairement en voie de redressement, mais en suivant une trajectoire de normalisation différente des scénarios observés par le passé à la suite d'une crise économique. Selon la majorité de ces investisseurs, une inflexion s'est produite et l'amélioration des principaux indicateurs sera au mieux modeste compte tenu des taux de croissance économique modérés, de la remontée progressive des taux d'intérêt des banques centrales – entraînant une hausse plus marquée de la partie courte que de la partie longue des courbes de taux –, et du faible risque inflationniste. Ainsi, 66% des sondés estiment que les banques centrales ont raison de remonter leurs taux et de réduire leur bilan. Si 33% des investisseurs estiment que la hausse des taux est une bonne chose et ne constitue pas un risque, 17% d'entre eux jugent en revanche que cette hausse des taux est une erreur de politique monétaire.

L'étude met également en exergue l'apparition de nouveaux défis majeurs pour les investisseurs. Certes, au cours des trois dernières années, leur principal défi a été de composer avec la baisse constante des rendements obligataires et cet environnement de faibles rendements continue d'être considéré comme le facteur ayant le plus grand impact. Mais les investisseurs font désormais face à une série de nouveaux défis qui va impacter leurs portefeuilles obligataires. Ainsi, le vieillissement de la population représente surtout une préoccupation majeure des fonds de pension, qu'il s'agisse de fonds à prestations définies ou à cotisations définies, note l'étude. " Les déficits de financement et les déséquilibres entre actif et passif sont déjà importants et risquent encore d'augmenter " , avance Invesco dans son étude.

Pour les assureurs, le principal défi des prochaines années réside dans le durcissement de la réglementation, et notamment des obligations accrues en matière de transparence et de gestion des risques imposées par la directive Solvabilité II en Europe et par les exigences en fonds propres fondées sur les risques et le système C-Ross (" China Risk Oriented Solvency System " ) en Asie. Les assureurs évoquent également les nouvelles règles comptables, avec la mise en oeuvre d'ici 2021 de la norme IFRS 17. " Ces nouvelles règles vont notamment compliquer la tâche des assureurs dont les passifs portent des garanties importantes et qui doivent générer de performances suffisantes tout en respectant le cadre réglementaire " , évoque l'étude d' Invesco.

Enfin, l'augmentation des incertitudes politiques a été suivie de près par les investisseurs obligataires à cause de la montée des partis politiques populistes, du risque d'éclatement de la zone euro et du caractère imprévisible de l'administration Trump. Ainsi, 70% des investisseurs interrogés pensent que les événements géopolitiques auront un impact sur leurs portefeuilles dans les trois prochaines années.

Ce nouvel environnement est loin d'être neutre sur la politique d'investissement des investisseurs obligataires. Certes, les actifs obligataires " core " traditionnels continuent à jouer un rôle fondamental dans de nombreux portefeuilles obligataires. De fait, ces actifs représentent encore 81% des portefeuilles des investisseurs interrogés à l'échelle mondiale. Mais le crédit alternatif (dette émergente, high yield, immobilier, dette infrastructure...) prend une place de plus en plus importante. En moyenne, les investisseurs obligataires allouent 19% de leurs portefeuilles obligataires à des stratégies de crédit alternatif, un pourcentage qui monte à 26% en Amérique du Nord. En Europe, ce pourcentage atteint seulement 17%, montre l'étude. Ce sont principalement les grands investisseurs (ceux dont l'encours est supérieur à 15 milliards d'euros) qui allouent le plus au crédit alternatif. En revanche, les investisseurs de plus petite taille (encours inférieur à 15 milliards d'euros), qui ont en général moins de ressources internes et sont contraints d'investir des montants plus modestes, ne peuvent pas exploiter dans les mêmes proportions les stratégies de crédit alternatif, indique l'étude d' Invesco.

Parmi les avantages du crédit alternatif identifiés par les investisseurs, le plus cité est la capacité à générer un alpha plus élevé, devant la diversification des portefeuilles et, enfin, la génération de revenus plus élevés.

L'étude montre, par ailleurs, qu'au cours des trois dernières années, les investisseurs ont réduit leur allocation aux portefeuilles obligataires " core " et renforcé celle aux portefeuilles de crédit alternatif. Toutefois, la majorité (63%) des investisseurs interrogés pensent revenir sur les segments obligataires " core " au cours des trois prochaines années, notamment en réduisant la part des actions dans leurs portefeuilles. Ils pensent néanmoins continuer à investir dans le crédit alternatif mais dans des proportions moindres en raison du niveau élevé des prix et de la raréfaction des opportunités. Ils estiment en effet que certains segments du crédit alternatif sont désormais chers, en particulier la dette à haut rendement, le crédit structuré et, dans une moindre mesure, les prêts directs. Le segment du crédit alternatif qui reste privilégié par les investisseurs est celui de la dette des marchés émergents. Alors que l'allocation moyenne à ce segment est actuellement de 3%, 29% des sondés pensent renforcer cette exposition au cours des trois prochaines années.

Enfin, interrogés sur la problématique du développement durable, les investisseurs estiment que les critères ESG vont jouer un rôle de plus en plus important sur les marchés obligataires, notamment pour les obligations émises par les entreprises. 35% des sondés intègrent d'ores et déjà des stratégies ESG dans leurs portefeuilles obligataires, note l'étude. Ce sont surtout les fonds de pension qui sont à l'origine de cette tendance alors que les assureurs sont moins préoccupés par les critéres ESG. D'un point de vue géographique, plus de deux-tiers des investisseurs en Europe envisagent d'appliquer des critères ESG pour sélectionner leurs instruments obligataires, contre seulement la moitié en Amérique du Nord et un quart en Asie.

*Dans le cadre de cette étude, 79 spécialistes de la gestion obligataire (emprunts d'Etat, obligations d'entreprise et prêts) travaillant pour des fonds de pension, des assureurs, des fonds souverains et des banques privées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie ont été interrogés. Le total des encours gérés par ces organisations représentait 4.400 milliards de dollars américains au 30 juin 2017.

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