(Actualisé avec déclarations de Hamdok, précisions)
KHARTOUM, 21 septembre (Reuters) - Le Soudan a annoncé mardi avoir déjoué une tentative de coup d'Etat que les autorités de transition ont imputée à des partisans de l'ancien président Omar el Béchir, renversé en 2019.
Une vingtaine d'officiers et des soldats ont été arrêtés, a indiqué l'armée soudanaise dans un communiqué diffusé en début d'après-midi.
L'armée a repris le contrôle de toutes les positions ciblées par les putschistes et traque leurs éventuels complices, précise le général Altahir Abou Hadja dans le communiqué.
Dans une allocution télévisée, le Premier ministre, Abdalla Hamdok, avait auparavant déclaré que le complot avait été fomenté par des personnes appartenant pour certaines à l'état-major de l'armée.
"Il s'agit d'une tentative de coup d'Etat orchestrée par des factions à l'intérieur et à l'extérieur des forces armées, qui prolonge les tentatives de partisans de l'ancien régime visant à faire dérailler la transition démocratique", a dit le chef du gouvernement civil.
"Cette tentative a fait l'objet de vastes préparatifs, comme l'anarchie dans les villes et l'exploitation de la situation dans l'est du pays, la fermeture des routes et des ports ou le blocage de la production pétrole", a-t-il ajouté.
Abdalla Hamdok a assuré que cette tentative de putsch n'entraverait pas la transition vers la démocratie au Soudan.
Ce pays d'Afrique de l'Est est dirigé par des instances de transition, notamment un Conseil de souveraineté, dans le cadre d'un accord de partage du pouvoir entre civils et militaires depuis le renversement d'Omar el Béchir en avril 2019.
L'ancien président est actuellement emprisonné à Khartoum où il attend d'être jugé dans le cadre de plusieurs procès. Il est aussi réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations d'atrocités commises au Darfour, dans l'ouest du Soudan, au début des années 2000.
Dans une brève déclaration lue à la télévision publique, l'armée a déclaré mardi qu'elle contrôlait la situation.
Les rues de la capitale Khartoum semblaient calmes, sans déploiement inhabituel des forces de sécurité, permettant aux habitants de vaquer à leurs activités habituelles, a rapporté un témoin.
Mardi matin, un témoin a dit avoir vu des unités militaires fidèles au Conseil de souveraineté déployer des chars pour bloquer un pont reliant Khartoum et Omdurman, sur la rive opposée du Nil.
Selon une source gouvernementale ayant requis l'anonymat, les putschistes ont notamment tenté de prendre le contrôle de la radio publique à Omdurman.
Les autorités de transition ont déjà affirmé par le passé avoir déjoué des tentatives ou projets de coup d'Etat de la part de factions fidèles à Omar el Béchir, déposé par l'armée après plusieurs mois de manifestations de civils.
Abdalla Hamdok a réchappé en 2020 à une tentative d'assassinat à Khartoum.
(Reportage Khalid Abdelaziz, Ali Mirghani, Nafisa Eltahir et Nadine Awadalla, version française Bertrand Boucey et Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer