* Le siège de Zurich fermera aussi, emplois transférés à
Holderbank et Zoug
* 107 emplois supprimés en Suisse
* Une centaine de postes transférés de Paris à Clamart
* LafargeHolcim invoque la nécessité de simplifier le groupe
(Actualisé avec précisions, réactions, commentaire)
par John Revill et Gilles Guillaume
ZURICH/PARIS, 25 mai (Reuters) - Le cimentier LafargeHolcim
LHN.S LHN.PA , né de la fusion entre le français Lafarge et le
suisse Holcim, a annoncé vendredi la fermeture de ses bureaux à
Paris et Zurich, ce qui entraînera 97 suppressions d'emploi dans
la capitale française.
Les postes restants au siège parisien de la rue des Belles
Feuilles, dans le XVIe arrondissement - une centaine, selon une
porte-parole - seront transférés à Clamart (Hauts-de-Seine) où
se trouve le siège de Lafarge France, a ajouté LafargeHolcim
dans un communiqué, confirmant des informations de Reuters.
Dans le cadre de cette réorganisation, qui constitue un
volet du plan stratégique 2022 lancé en mars et devrait être
achevée d'ici la fin de l'année, 107 emplois seront également
supprimés à Zurich.
Les postes restants en Suisse seront transférés vers le site
de Holderbank, à l'ouest de Zurich, là où l'ex-Holcim ouvrit sa
première cimenterie en 1912, et vers de nouveaux bureaux à Zoug.
"Cette douloureuse mais nécessaire étape de simplification
est primordiale pour créer un LafargeHolcim plus léger, plus
rapide et plus compétitif", déclare dans le communiqué Jan
Jenisch, directeur général du premier cimentier mondial.
LafargeHolcim se dit "en bonne voie pour atteindre son
objectif annoncé de réduction des frais généraux de 400 millions
de francs suisses (345 millions d'euros) d'ici le premier
trimestre 2019".
Lafarge était installé dans son immeuble de la rue des
Belles Feuilles depuis 1993 et la fermeture du siège risque de
renforcer le sentiment déjà vivace en France que le pouvoir à la
tête du groupe penche toujours un peu plus vers la Suisse, loin
de la "fusion entre égaux" invoquée au début.
"L'annonce n'est pas vraiment surprenante car il y a déjà eu
des plans de départs réguliers au siège ces dernières années", a
déclaré à Reuters Sylvain Moreno, délégué CGT chez Lafarge.
"Mais cette annonce nous dit bien que ce sont les Suisses qui
ont les rênes du pouvoir."
AUCUN AUTRE SITE EN FRANCE CONCERNÉ
Le rapprochement entre LafargeHolcim, finalisé en 2015,
prévoyait initialement une stricte parité avec deux coprésidents
issus de chaque groupe et un directeur général proposé par
Lafarge. Mais la partie française a été rattrapée par l'affaire
des paiements à des groupes armés en Syrie pour maintenir une
cimenterie en activité.
L'ex-PDG de Lafarge et coprésident de LafargeHolcim Bruno
Lafont a ainsi renoncé à poursuivre ses fonctions, laissant la
présidence au seul Suisse Beat Hesse, tandis que le directeur
général de LafargeHolcim Eric Olsen a démissionné et a été
remplacé par Jan Jenisch, de nationalité allemande mais venu
d'une autre entreprise suisse, le groupe de chimie Sika SIK.S .
Bruno Lafont et Eric Olsen ont été mis en examen fin 2017
"pour financement d'une entreprise terroriste".
L'autre grand équilibre au coeur de l'accord originel est un
partage entre le siège opérationnel côté suisse et le centre de
R&D à Lyon chez Lafarge. Il n'est pas remis en question
aujourd'hui puisque LafargeHolcim souligne "qu'aucun autre site
en France n'est concerné".
Pour Pernd Pomrehn, analyste à la banque zurichoise
Vontobel, les fermetures annoncées traduisent la stratégie de
Jan Jenisch, davantage axée sur l'échelon local.
"Il redonne maintenant aux régions davantage de
responsabilités, ce qui requiert moins de supervision de la part
de Zurich ou de Paris", a-t-il estimé.
LafargeHolcim emploie 80.000 personnes dans le monde, dont
près de 5.000 en France.
L'action a nettement sous-performé en Bourse depuis la
fusion, perdant 27% sur la période alors que l'indice Euro Stoxx
600 du secteur .SXOP a gagné 32%.
Le titre LafargeHolcim cède vendredi 0,7% dans un marché
suisse quasi inchangé .SSMI .
(Edité par Dominique Rodriguez)
Le siège de Lafarge à Paris va fermer, 97 emplois supprimés
information fournie par Reuters 25/05/2018 à 16:37
| 64,940 CHF | Swiss EBS Stocks | -2,02% |
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