par David Milliken et Sam Tabahriti
La Grande-Bretagne pourrait interdire dès cette année les réseaux-sociaux aux mineurs de moins de 16 ans et règlementer davantage les chatbots d'intelligence artificielle (IA), dans le cadre des efforts du gouvernement face aux risques numériques.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lancé le mois dernier une consultation sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, alors que son gouvernement s'efforce de modifier la législation sur la sécurité en ligne.
Plusieurs pays européens, sous l'impulsion d'une loi votée en Australie, envisagent de restreindre l'accès aux réseaux-sociaux des mineurs. Récemment, l'Espagne, la France, la Grèce ou la Slovénie ont fait part de leurs projets en ce sens.
Keir Starmer a également déclaré lundi que tous les chatbots IA devaient être tenus responsables, citant le cas du Grok d'Elon Musk, qui s'est avéré avoir généré des images à caractère sexuel non consensuelles.
"Nous nous sommes battus, nous avons pris les mesures nécessaires, nous avons menacé d'intenter une action en justice, et nous avons remporté cette bataille contre Grok", a-t-il déclaré.
"Mais nous devons faire de même avec tous les robots IA, et nous le ferons".
DES PROPOSITIONS EN JUIN
La loi britannique de 2023 sur la sécurité en ligne est l'un des régimes de sécurité les plus stricts au monde. Les chatbots IA ne sont toutefois encadrés par le texte que si des informations sont partagées avec d'autres utilisateurs.
Cette lacune devrait bientôt être comblée, selon la ministre britannique de la Technologie, Liz Kendall. La Grande-Bretagne ne peut pas permettre que des lacunes réglementaires persistent alors que la loi a mis près de huit ans à être adoptée et à entrer en vigueur, a-t-elle déclaré.
"Je suis préoccupée par ces chatbots IA (...) tout comme le Premier ministre, par leur impact sur les enfants et les jeunes", a déclaré Liz Kendall à Times Radio.
Elle a ajouté que certains enfants nouaient des relations individuelles avec des systèmes d'IA et que cette situation n'avait pas été anticipée dans la législation sur la sécurité numérique des enfants.
Le gouvernement présentera ses propositions avant juin, a-t-elle déclaré.
S'adressant aux médias britanniques lundi, Liz Kendall a déclaré que les entreprises technologiques seraient responsables de la conformité de leurs systèmes avec la législation britannique.
Le gouvernement mènera également une consultation sur des modifications visant à introduire des ordonnances automatiques de conservation des données en cas de décès d'un enfant, afin de permettre aux enquêteurs de saisir des preuves clés en ligne, une mesure réclamée depuis longtemps par les familles endeuillées.
La consultation portera également sur les pouvoirs permettant de limiter les "jumelages avec des inconnus" sur les consoles de jeux et de bloquer l'envoi ou la réception d'images de nudité.
Les nouvelles mesures seront introduites sous la forme d'un amendement à la législation existante en matière de criminalité et de protection de l'enfance actuellement examinée par le Parlement.
De nombreux parents et défenseurs de la sécurité soutiennent l'interdiction des réseaux sociaux pour les enfants. Liz Kendall a émis des réserves en déclarant que certains groupes de protection de l'enfance craignent que cela ne pousse les activités nuisibles vers des espaces moins réglementés.
Elle a ajouté que le gouvernement devait encore définir légalement ce qui relève des réseaux sociaux avant que toute interdiction puisse entrer en vigueur.
(Rédigé par David Milliken et Sam Tabahriti ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

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