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Le point sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz
information fournie par AFP 23/03/2026 à 15:08

La pointe du détroit d'Ormuz sur une page du site Marinetraffic, qui permet de suivre en direct le trafic maritime, le 4 mars 2026 à Paris  ( AFP / JULIEN DE ROSA )

La pointe du détroit d'Ormuz sur une page du site Marinetraffic, qui permet de suivre en direct le trafic maritime, le 4 mars 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers, pour la plupart iraniens, ont réussi à franchir le détroit d'Ormuz depuis que les forces iraniennes ont bloqué cette voie commerciale cruciale.

Voici des données et des statistiques sur les navires ayant traversé ce détroit de 167 kilomètres de long depuis le début de la guerre, déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février.

- Chute de 95% du trafic maritime

Du 1er au 21 mars, les transporteurs de marchandises n'ont effectué que 138 traversées, selon la société d'analyse Kpler, soit une baisse de 95% par rapport aux temps de paix.

Parmi ces traversées, 87 ont été réalisées par des pétroliers, dont plus de la moitié étaient chargés, d'après les données de Kpler. La plupart de ces navires ont navigué vers l'est.

"Le trafic dans le détroit d’Ormuz continue d’être fortement perturbé", a indiqué lundi la revue spécialisée dans l'information maritime Lloyd's List dans sa dernière mise à jour.

Selon son rédacteur en chef Richard Meade, les vraquiers, pétroliers et porte-conteneurs représentaient l'essentiel du trafic. Sur le semaine se terminant jeudi dernier, il y a eu une "hausse du nombre de méthaniers en circulation", selon lui.

- Nouvelle route?

Lundi, trois navires supplémentaires – deux méthaniers battant pavillon indien transportant du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et un pétrolier à destination de la Chine – ont été les derniers en date à emprunter le détroit, selon MarineTraffic, le service de suivi de Kpler.

Le Jag Vasant et le Pine Gas, tous deux battant pavillon indien, transportaient chacun environ 45.000 tonnes de GPL lorsqu’ils ont quitté le passage, après avoir été chargés aux Émirats arabes unis et au Koweït, à la fin février, d’après Bloomberg et MarineTraffic.

Le Bright Gold, battant pavillon panaméen, a pour sa part quitté le détroit avec environ 40.000 tonnes de méthane à son bord et devait arriver en Chine le 13 avril.

Ces trois navires, qui n'ont pas été inclus dans le décompte de Kpler, semblent avoir emprunté un itinéraire présenté comme ayant été approuvé par Téhéran, contournant l’île de Larak, au large des côtes iraniennes.

Selon Richard Meade, plusieurs gouvernements, notamment ceux de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, de l’Irak et de la Malaisie, semblent avoir mené des discussions directes avec Téhéran, "coordonnant le transit de navires" avec les Gardiens de la révolution.

Lloyd’s List avait relevé la semaine dernière qu’au moins neuf navires avaient, à cette date, emprunté ce "corridor" apparemment approuvé par l’Iran.

Deux des navires qui l’empruntaient lundi – le Bright Gold et le pétrolier indien Pine Gas – ont laissé leurs transpondeurs AIS allumés, fait rare pour un navire non iranien dans le climat actuel.

Un transpondeur est un émetteur-récepteur transmettant automatiquement les informations essentielles aux autres navires et aux autorités côtières, et à recevoir les leurs.

- Navires iraniens, grecs et chinois

La plupart des navires traversant le détroit sont des navires iraniens ou battant pavillon iranien, a déclaré Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence. Ces derniers jours, les navires grecs ont représenté 18% des traversées et les navires chinois 10%, a-t-elle précisé jeudi.

"Bien que l'Iran continue de contrôler le détroit et d'exporter son pétrole, le trafic reste globalement au point mort", a indiqué Richard Meade.

- 51 navires sous sanctions

Depuis le début du conflit, plus de 40% des navires transitant par le détroit étaient soumis à des sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse des données de passage réalisée par l'AFP. Plus de la moitié (59%) des pétroliers et méthaniers étaient sous sanctions.

Depuis le 16 mars, "tout navire se dirigeant vers l'ouest appartient à la flotte parallèle, qu'il s'agisse de méthaniers ou de pétroliers... ils dominent largement le trafic", a expliqué Bridget Diakun lors du point presse de Lloyds.

- Pétrole à destination de la Chine

Selon un rapport publié par la banque JPMorgan, les analystes des matières premières indiquent que la majeure partie du pétrole transitant par le détroit est destinée à l'Asie, principalement à la Chine.

Cichen Shen, rédacteur en chef Asie-Pacifique chez Lloyd's List, a déclaré avoir trouvé des indices en ligne selon lesquels les autorités chinoises travaillaient sur un plan de sortie pour leurs grands pétroliers bloqués dans la région.

- 1,3 million de barils de pétrole iranien

Les analystes de JPMorgan précisent que 98% du trafic pétrolier observable dans le détroit était d'origine iranienne, avec une moyenne de 1,3 million de barils par jour début mars. Un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite par le détroit en temps de paix.

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