(Actualisé avec citations, contexte)
Le futur porte-avions nucléaire de la Marine française, le plus grand navire militaire jamais construit en France qui devrait succéder au Charles-de-Gaulle en 2038, se nommera le France-Libre, a annoncé mercredi Emmanuel Macron, qui entend ainsi vanter "l'esprit de résistance" et "la volonté de rester libre".
"J'ai souhaité inscrire notre futur porte-avions dans la filiation du général De Gaulle", a déclaré le chef de l'Etat en évoquant son prédécesseur à l'Elysée, chef de la France Libre durant la Seconde Guerre mondiale, à l'occasion d'une visite sur le site Naval Group à Indret (Loire-Atlantique), où a débuté la construction de ce porte-avions de nouvelle génération (PA-NG).
"Dans ce nom passe la mémoire des femmes et des hommes qui se sont dressés face à la barbarie, unis pour sauver la patrie, déterminés à défendre une certaine idée de notre nation, nos compagnons de la Libération", a-t-il ajouté. "Ce nom scelle donc pour l'avenir un serment: pour rester libre, il nous faut être craints; pour être craint, il nous faut être puissants et pour être puissant, être prêts aux efforts."
Seuls la France et les Etats-Unis (11 bâtiments) disposent à l'heure actuelle de porte-avions à propulsion nucléaire. La Chine et l'Inde possèdent des porte-avions à propulsion classique.
A l'heure de la guerre au Moyen-Orient et de la reconfiguration sécuritaire en Europe, Emmanuel Macron, qui avait confirmé le lancement du chantier en décembre 2025, entend souligner la puissance militaire française. Un clip diffusé mercredi matin sur le réseau social X paraît ainsi répondre aux accents hégémoniques de son homologue américain Donald Trump.
"Cette volonté de rester libre, c'est celle de l'indépendance coûte que coûte, c'est celle de l'autonomie d'action sans contrainte, celle de la projection de nos forces là où la défense des intérêts de la France l'exige partout dans le monde", a insisté le chef de l'Etat sur le site Naval Group.
RUISSELLEMENT ÉCONOMIQUE
Le chantier du futur porte-avions mobilise plus de 800 acteurs, dont quelque 600 PME et de grands groupes comme Dassault Aviation, MBDA et Thales - un "ruissellement économique", dont se félicite la présidence française, qui repose sur un coût prévisionnel de dix milliards d'euros, sans compter les aéronefs.
Après des essais en mer en 2036, le France-Libre entrera en service en 2038 pour une durée de vie d'environ 45 ans.
Le navire détrône le Charles-de-Gaulle, actuellement en Méditerranée orientale, par son imposante capacité opérationnelle.
D'une longueur de 310 mètres et d'une largeur de 90 mètres, soit un surcroît d'espace de 40% par rapport au Charles-de-Gaulle, le porte-avions aura une jauge de 78.000 tonnes et transportera 30 avions de combat, deux avions de guet aérien, six hélicoptères et des drones.
Le missile nucléaire air-sol de 4e génération, l'ASN4G en cours de développement qui sera porté par la version F5 du Rafale, sera intégré au système de combat. Ce missile hypersonique, composante clé de la dissuasion nucléaire aéroportée française, devrait être opérationnel à l'horizon 2035.
Le porte-avions "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions en même temps, ce qui n'est pas le cas actuellement sur le porte-avions Charles-de-Gaulle comme sur la plupart des porte-avions, sauf sur la nouvelle classe des porte-avions américains", a-t-on précisé à l'Elysée.
Le France-Libre sera doté de catapultes électromagnétiques permettant de catapulter avions et drones.
Il sera équipé de "trois pistes, trois rails différents, ce qui va lui permettre d'être extrêmement souple en termes de mise en œuvre de ces avions, environ 40 avions", ajoute-t-on à l'Elysée.
L'équipage du France-Libre sera de 2.000 personnes, l'équivalent du Charles-de-Gaulle.
(Rédigé par Sophie Louet et Bertrand Boucey, édité par Blandine Hénault)

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