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Lafarge en Syrie-L'ex-directeur général Eric Olsen mis en examen
information fournie par Reuters 07/12/2017 à 22:47

    * Six anciens cadres et dirigeants de Lafarge mis en cause 
    * Ils sont notamment accusés de financement du terrorisme 
    * Des ONG s'interrogent sur ce que savait l'Etat français 
 
 (Avec mise en examen) 
    PARIS, 7 décembre (Reuters) - L'ex-directeur général de 
LafargeHolcim  LHN.S  Eric Olsen a été mis en examen et placé 
sous contrôle judiciaire jeudi, dans le cadre de l'enquête sur 
la cimenterie de Jalabiya, en Syrie, a-t-on appris de source 
judiciaire.  
    Selon la même source, il a été mis en examen par un juge 
d'instruction chargé du dossier des chefs de financement d'une 
entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. 
    Il avait été placé en garde à vue mercredi. Celle-ci a été 
levée. En revanche, celles de l'ancien PDG de Lafarge Bruno 
Lafont et de l'ex-directeur général adjoint opérations du groupe 
Christian Herrault, se poursuivent, précise-t-on de même source. 
    Deux anciens cadres de Lafarge et un responsable de la 
sécurité du groupe ont déjà été mis en examen vendredi dernier 
dans ce dossier.   
    L'enquête porte sur les conditions dans lesquelles le groupe 
français, absorbé en 2015 par le Suisse Holcim pour former le 
géant du ciment LafargeHolcim, a maintenu en 2013-2014 ses 
activités en Syrie dans une zone de conflit tenue notamment par 
l'organisation de l'Etat islamique (Daech).  
    Une enquête interne a confirmé que de l'argent avait été 
versé à des groupes armés. La filiale syrienne de Lafarge, LCS, 
est aussi soupçonnée d'avoir utilisé des matières premières, du 
pétrole notamment, venant de territoires contrôlés par Daech.  
    Les anciens directeurs de LCS Bruno Pescheux et Frédéric 
Jolibois ont été mis en examen pour financement du terrorisme, 
mise en danger d'autrui et violation de la réglementation 
relative aux relations financières avec l'étranger. 
 
    QUE SAVAIT PARIS ?      
    Jean-Claude Veillard, responsable de la sécurité du groupe, 
et toujours salarié de LafargeHolcim, a été mis en examen pour 
financement du terrorisme et mise en danger d'autrui.  
    Placés tous trois sous contrôle judiciaire, ils contestent 
les faits qui leur sont reprochés et rejettent la responsabilité 
de la poursuite des activités de la cimenterie, mise en service 
en 2010, juste avant la détérioration de la situation en Syrie, 
dit-on de sources au fait du dossier. 
    Selon l'avocat de Jean-Claude Veillard, cet ancien militaire 
des forces spéciales était au contraire "contre tout accord avec 
des groupes armés". 
    Il "n'a jamais eu de pouvoir de décision au sein de la 
société Lafarge et n'a cessé d'alerter ses interlocuteurs 
opérationnels", a expliqué à Reuters Me Sébastien Schapira. 
    Bruno Pescheux, arrivé en Syrie en 2009, avait demandé son 
départ en 2013 mais n'a pu partir qu'en juin 2014, trois mois 
avant la fermeture de la cimenterie en septembre, a expliqué à 
Reuters son avocat, Me Daniel Soulez-Larivière. 
    Selon lui, l'ancien directeur de LCS dit avoir informé des 
contraintes qu'il rencontrait le siège de Lafarge, qui a décidé 
malgré tout de maintenir en activité la cimenterie syrienne. 
    Toujours selon son avocat, il assure que l'argent versé pour 
permettre aux salariés et aux matières premières de franchir les 
check-points des groupes armés l'était par l'actionnaire syrien 
de LCS et que les matières premières étaient achetées à des 
négociants syriens ayant "pignon sur rue". 
    Des organisations non gouvernementales, parties civiles dans 
ce dossier, souhaitent pour leur part faire également la lumière 
sur ce que savait le gouvernement français de l'époque sur les 
activités de Lafarge en Syrie.    
    Selon des sources au fait de ce dossier, la cimenterie sert 
maintenant de base aux forces spéciales américaines en Syrie. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse et Jean-Stéphane 
Brosse) 
 

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