Le producteur d'énergie nucléaire public roumain Nuclearelectrica ROSNN.BX a annoncé jeudi avoir entamé la procédure de déconnexion de son unique réacteur encore service du réseau électrique en raison des niveaux historiquement bas du Danube, fleuve utilisé en temps normal pour le refroidissement.
Cette situation, qui s'explique par des canicules à répétition dans toute l'Europe et des taux de sécheresse record, a déjà conduit Nuclearelectrica à arrêter un réacteur fin juillet.
Les deux réacteurs que possède la société à Cernavoda, ville du sud-est de la Roumanie et port fluvial du Danube - deuxième plus grand fleuve d'Europe derrière la Volga - représentent un cinquième de la production électrique du pays.
Les conditions météorologiques extrêmes avaient contraint la Roumanie à déclarer l'état d'urgence énergétique pour tout le mois d'août et à réorienter la semaine dernière une partie des eaux du Danube afin de prolonger de quelques jours le fonctionnement du dernier réacteur encore en service.
Pour dévier le Danube, le ministère roumain de l'Énergie avait fait sauter un barrage de rochers, dragué le lit du fleuve et coulé quatre barges remplies de roches afin de créer une digue, des opérations qui ont permis d'augmenter le niveau d'eau autour du réacteur de quatre centimètres.
Mais cela n'aura offert qu'un sursis et Nuclearelectrica a dit lundi que la mise à l'arrêt du deuxième réacteur était fort probable.
Dans ce contexte, le gouvernement a demandé aux entreprises et aux ménages de réduire volontairement leur consommation pendant les heures de pointe en soirée.
Le ministère de l'Énergie a par ailleurs dit avoir remis en service une centrale au lignite de 330 mégawatts, ajoutant qu'il comptait également sur une production éolienne accrue et sur l'énergie hydraulique - en fonction des réserves d'eau disponibles dans les barrages - pour pallier les pénuries.
Compte tenu de températures légèrement plus fraîches, la demande d'électricité aux heures de pointe du soir devrait être moins élevée, a estimé le ministère.
"Le réseau électrique national dispose d'une capacité transfrontalière d'environ 4.000 mégawatts pour permettre les importations d'électricité", a poursuivi le ministère.
"Tous les opérateurs européens sont informés des situations de crise énergétique régionales et se coordonnent pour garantir la sécurité de l'approvisionnement de tous les réseaux touchés par les conditions météorologiques."
Le gouvernement a en outre mis en place un dispositif permettant de procéder, si nécessaire, à des coupures d'électricité progressives et annoncées au préalable pour les consommateurs industriels.
(Luiza Ilie, Version française Benoit Van Overstraeten)

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