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La force de l'euro a plombé les résultats du CAC 40 au premier trimestre
information fournie par Boursorama 14/05/2018 à 18:54

Les poids lourds de la coté ayant communiqué leurs résultats du premier trimestre ont dévoilé des résultats de bonne facture. Et pourtant, de la grande distribution en passant par l’automobile jusqu’à l’industrie, pas un secteur n’aura été épargné par les évolutions défavorables des changes

Les poids lourds de la coté ayant communiqué leurs résultats du premier trimestre ont dévoilé des résultats de bonne facture. Et pourtant, de la grande distribution en passant par l’automobile jusqu’à l’industrie, pas un secteur n’aura été épargné par les évolutions défavorables des changes

L’Oréal, LVMH, CapGemini, Peugeot … les poids lourds de la coté ayant communiqué leurs résultats du premier trimestre ont dévoilé des résultats de bonne facture, marqués par de solides croissance organique. Elle atteint par exemple 13% chez LVMH, ou encore 6,8% chez L’Oréal.  Et pourtant, de la grande distribution en passant par l’automobile jusqu’à l’industrie, pas un secteur n’aura été épargné par les évolutions défavorables des changes. Un thème qu’il va falloir surveiller de près au cours des prochains exercices.
Le constat est amer. Pour les sociétés cotées à la bourse de Paris, mais dont le chiffre d’affaires se réalise à l’international, la croissance fond comme neige au soleil dès lors que l’on prend en compte les effets néfastes des variations de change.

L’euro en hausse de 10% sur un an

Car de fait, d’une année sur l’autre, l’euro s’est fortement apprécié par rapport aux autres devises. Dans le cas de la parité euro-dollar par exemple, le cours moyen de l’euro a été 15,4% plus élevé entre janvier et mars de cette année, par rapport à celui du trimestre correspondant de 2017. Idem pour les sociétés ayant une forte présence en Chine, qui ont dû composer avec une hausse de 6,5% en moyenne de l’euro face au yuan chinois.

Quel que soit le secteur, la montée de l’euro a plombé les résultats des sociétés françaises. En témoigne la dernière publication de la SSII CapGemini dont la croissance à changes courants est ressorti à seulement 1,2% à alors qu’elle est bien plus vigoureuse à devises constantes, à près de 7,2%. Le constat est encore plus dur pour le géant des cosmétiques L’Oréal dont la croissance en données publiées s’inscrit en hausse de 6,8% mais baisse de 1% à changes courants au cours du premier trimestre 2018.

Le secteur de la grande distribution impacté par l’euro fort

Carrefour n’a pas été épargné non plus par des effets défavorables des changes. Le jour de la publication, le titre a cédé près de 5% sur le marché parisien. La raison de ce repli ?  Un contexte difficile avec des marchés moins porteurs, une concurrence forte et des effets de changes défavorables.  « Après prise en compte d’un effet de change défavorable de -5,0%, principalement dû à la dépréciation du Real brésilien, la variation totale du chiffre d’affaires à changes courants s’élève à -2,4% » précisait le groupe, alors qu’à taux de changes constants, les ventes du groupe de distribution français est bien plus vigoureuse, à près de 2,6%.

Même constat pour Casino qui a vu son chiffre d'affaires baisser de 3,8% à 8,9 milliards d'euros, même si en données comparables, il a augmenté de 1,8%, la différence reposant particulièrement sur les effets de changes défavorables. "Plus que Carrefour, Casino est prioritairement affecté par le jeu négatif des effets de change qui portent sur 45% de son chiffre d'affaires, entre le peso colombien et le real brésilien, ce qui pèse à hauteur de -7,7% sur la formation du chiffre d'affaires du premier trimestre, des tendances qui devraient également affecter le deuxième trimestre et qui posent question dans la formation des résultats annuels du groupe", notait Invest Securities à l’occasion de la publication. Et pourtant le jour de sa publication, le titre de Casino Guichard a grimpé de 1,2% surperformant ainsi l’indice SBF 120.

Quelles solutions pour se protéger contre l’euro fort ?

Deux solutions pour les géants de la cote, la première étant de compenser les changes par une hausse des volumes. C’est ce qu’a fait PSA qui a un annoncé un bond de 42,1% de son chiffre d'affaires au premier trimestre, grâce au succès commercial de ses derniers modèles et l'apport d'Opel- Vauxhall éclipsant ainsi les effets de changes négatifs. Selon le constructeur, « les effets positifs ont plus que compensé les impacts négatifs de changes, ressortis à -2,8% au premier trimestre" se félicitait ainsi le directeur financier du groupe. Pour autant les changes « demeurent un fort vent contraire » expliquait le groupe dans son communiqué avant de détailler : « la part la plus importante vient du peso argentin (...), que nous compensons partiellement avec nos prix. L’euro s’est en effet envolé de 68% face au peso argentin comparé à la même période l’an dernier ».

Autre solution pour compenser les effets défavorables des effets de change, le « pricing power », en français, la capacité d’une entreprise à écouler ses produits quel que soit son prix de vente.   C’est typiquement un avantage concurrentiel que l’on retrouve dans le secteur du luxe. Au cours du premier trimestre 2018, LVMH a dévoilé des résultats de très bonne facture, marqués par une croissance organique de 13% grâce au dynamisme de ses deux principales branches : la mode-maroquinerie et les vins et spiritueux.  C’est encore mieux pour son comparable Kering, dont la croissance organique atteint 27,2% sur l’année 2017 à périmètre et taux de change comparables.

Mais qu’en est-il une fois que l’on prend en compte l’impact des effets de changes ?
Chez LVMH, la croissance organique ressort à 13% grâce un effet périmètre positif de 7% tandis que les effets de changes défavorables ont pesé à hauteur -10%. Pour le groupe qui ne réalise que 6% de son chiffre d’affaires en Europe, mais 10% aux Etats-Unis 18% au Japon et 21% dans le reste de l’Asie, le contexte monétaire doit être surveiller comme le lait sur le feu et ce malgré une croissance organique vigoureuse et un fort pricing power. Pour Kering, la croissance reste exceptionnelle, avec une hausse du chiffre d'affaires du groupe en hausse de 27,1% sur un an en données publiées et de 36,5% en données comparables, à 3,11 milliards d'euros.

A quoi doit-on s’attendre dans le futur ?

Plus encore que le rythme de la croissance ou le regain de volatilité, c’est la force de l’euro qui est venue jouer les troubles fêtes lors de la publication des résultats du premier trimestre. Cet handicap va-t-il perdurer ou doit-on s‘attendre à un repli de l’euro en cours d’année ? A l’heure actuelle, l’évolution de la devise européenne est avant tout corrélé au billet vert, qui s’est apprécié de 2,4% en un mois contre l’euro dans l’anticipation du resserrement de la politique monétaire de la Fed.   Résultat, la monnaie unique a récemment cassé le seuil symbolique des 1,20 contre le dollar et revient sur ses plus bas de l’année…De quoi donner un coup de pouce à la compétitivité des entreprises françaises.

FL (redaction@boursorama.fr)

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