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La Chine part à la recherche de glace lunaire dans l’un des endroits les plus froids du système solaire
information fournie par Reuters 21/08/2026 à 13:22
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La Chine s'apprête à lancer Chang'e-7, sa mission lunaire la plus complexe sur le plan technologique à ce jour, afin de rechercher des réserves d'eau gelée dans des cratères situés dans des zones d'ombre permanente près du pôle sud de la Lune.

Cette mission non habitée, nommée d'après une déesse mythique chinoise de la Lune, prévoit le déploiement d'un atterrisseur robotisé, d'un rover et d'une sonde "sauteuse" dans l'un des endroits les plus froids du système solaire.

Elle constituera une étape majeure vers l'objectif à long terme de Pékin d'établir une présence humaine permanente sur la Lune, avec des projets en cours pour effectuer un alunissage habité avant 2030 et mettre en place une station de recherche conjointe avec la Russie d'ici 2035.

OÙ IRA CHANG'E-7?

La semaine prochaine, le vaisseau spatial Chang'e-7 décollera du site de lancement spatial de Wenchang, dans la province insulaire de Hainan, dans le sud de la Chine, à bord d'une fusée Longue Marche 5, avec à son bord une charge utile comprenant une série d'instruments scientifiques tels que des analyseurs d'eau, des caméras et des radars.

Une fois en orbite autour de la Lune, le vaisseau spatial examinera d'abord les sites d'atterrissage potentiels au pôle Sud avant de tenter de se poser.

L'un des sites envisagés se trouve près du bord du cratère Shackleton, une dépression plongée dans l'ombre permanente. Le bord dentelé du cratère est toutefois presque continuellement éclairé par la lumière du soleil.

La Chine n'a pas rendu public de calendrier pour la mission Chang'e-7, mais les observateurs du secteur spatial estiment qu'une tentative d’atterrissage pourrait avoir lieu vers novembre.

Après l'atterrissage, le rover et la sonde sautillante commenceront à explorer la surface.

La durée de la mission reste inconnue.

POURQUOI LE PÔLE SUD?

Les cratères situés près du pôle Sud de la Lune n'ont pas vu la lumière du soleil depuis des milliards d'années. Les scientifiques pensent donc qu'ils pourraient servir de congélateurs naturels, capables de préserver de l’eau ancienne ainsi que des composés organiques volatils.

Les températures peuvent descendre jusqu'à moins 203 degrés Celsius dans certaines de ces zones d'ombre, selon la Nasa.

La découverte d'eau accessible est essentielle pour les futures bases lunaires, car elle pourrait fournir de l’eau potable, de l'oxygène aux astronautes et même servir de propergol pour les fusées, réduisant ainsi le besoin de missions de ravitaillement coûteuses depuis la Terre.

Contrairement à la plupart des régions de la Lune, où la nuit lunaire peut durer jusqu’à 14 jours terrestres, les sommets élevés et les bords de cratères proches du pôle Sud bénéficient d'un ensoleillement quasi permanent. Ils constitueraient donc un emplacement idéal pour un avant-poste lunaire, avec un environnement thermique relativement stable et une source continue d’énergie solaire.

Les États-Unis, l’Inde et la Russie ont eux aussi fixé leur attention sur le pôle Sud lunaire. Seule l’Inde s’est posée à proximité, avec Chandrayaan-3 en 2023.

Au cours des prochaines années, le rover VIPER de la Nasa, le système de forage PROSPECT de l'Agence spatiale européenne (ESA) et le rover LUPEX développé par le Japon et l’Inde devraient atteindre le pôle Sud lunaire, alors que la course à la découverte de sources d’eau s’intensifie.

UN ROBOT SAUTEUR? DANS L’OBSCURITÉ?

L'un des défis auxquels sont confrontés les rovers traditionnels à roues est la forte pente des bords de cratères. Pour descendre jusqu’au fond plongé dans l’obscurité totale d'un cratère, Chang’e-7 déploiera une nouvelle sonde sauteuse.

Équipée d’un analyseur de molécules d’eau, la sonde utilisera de petits propulseurs pour pénétrer dans les cratères plongés dans l’ombre. Elle se posera ensuite sur six pattes articulées avant de bondir à nouveau vers les zones ensoleillées

afin de recharger ses batteries.

Les caractéristiques techniques relatives à la masse de la sonde, aux performances de sa propulsion ou à son autonomie de vol restent inconnues.

Selon l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, le véhicule devrait effectuer au moins trois sauts au cours de la mission.

QUI EST LE CONCURRENT DE LA CHINE DANS LA COURSE LUNAIRE ?

Les données collectées par Chang’e-7 et son successeur Chang’e-8, prévu vers 2029, seront cruciales pour le projet chinois d’un alunissage habité d’ici 2030. Ces deux missions doivent jeter les bases d’une station de recherche habitée en permanence.

L’ambition de la Chine d’envoyer des hommes sur la Lune et de construire un avant-poste près du pôle Sud coïncide avec le programme Artemis de la Nasa, qui vise à renvoyer des hommes sur la Lune d’ici 2028 et, à terme, à y établir une présence humaine durable.

En avril, la mission Artemis II a achevé un survol lunaire habité de 10 jours. Les quatre astronautes se sont aventurés plus loin dans l’espace que n’importe quel être humain auparavant, atteignant une distance record de 252.756 miles de la Terre avant de rentrer chez eux sains et saufs.

(Reportage de Shi Bu, Ethan Wang et Ryan Woo, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

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