par Parisa Hafezi
DUBAÏ, 16 mars (Reuters) - Deux Iraniennes possédant également la nationalité britannique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anousheh Ashouri, détenues depuis plusieurs années en Iran, s'apprêtent à quitter le pays, a déclaré à Reuters leur avocat mercredi.
Cette annonce intervient alors que la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a déclaré mercredi matin sur Sky News que la Grande-Bretagne réfléchissait aux moyens de régler une ancienne dette de plus de 400 millions de livres (475 millions d'euros) à l'Iran.
"Elles sont toutes les deux en route pour l'aéroport de Téhéran afin de quitter l'Iran", a déclaré l'avocat des deux femmes, Hojjat Kermani.
Les médias officiels iraniens ont ensuite précisé que Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait été remise à une délégation britannique à l'aéroport international de Téhéran.
Tulip Siddiq, élue de la circonscription dont relève le quartier où habitait Nazanin Zaghari-Ratcliffe à Londres, a déclaré sur Twitter qu'elle était "à l'aéroport de Téhéran et en route pour rentrer chez elle."
Les autorités judiciaires iraniennes n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour un commentaire.
Arrêtée à l'aéroport de Téhéran en avril 2016, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, directrice de projet pour la Fondation Thomson Reuters, a ensuite été condamnée à cinq ans de prison pour avoir cherché, selon l'accusation, à renverser les autorités religieuses iraniennes, ce que sa famille et son employeur démentent.
Après avoir purgé cette peine, elle a été condamnée à une année de prison supplémentaire en avril 2021 pour propagande contre la République islamique.
Anousheh Ashouri, travailleuse humanitaire, a quant à elle été condamnée en 2019 à dix ans de prison pour espionnage au profit du Mossad, les services secrets israéliens, ainsi qu'à deux ans de prison pour "enrichissement illégal", selon la justice iranienne.
Ces libérations surviennent quelques heures après que le gouvernement britannique a fait état d'avancées dans le dossier du règlement d'une vieille dette entre les deux pays, même si Londres comme Téhéran expliquent qu'il n'y a aucun lien entre cette dette et les procédures judiciaires.
"Nous avons déjà clairement déclaré qu'il s'agit d'une dette légitime que nous devons rembourser à l'Iran et nous avons cherché des façons de la régler", a déclaré Liz Truss mercredi matin sur Sky News. Elle a précisé qu'une équipe britannique était présente en Iran, sans donner davantage de détails.
L'Iran réclame à la Grande-Bretagne le remboursement de 400 millions de livres payés en 1979, sous le règne du shah, pour l'achat de 1.750 blindés Chieftain et d'autres véhicules militaires dont la quasi-totalité n'ont jamais été livrés à la République islamique instaurée après la révolution islamique de 1979.
(Reportage Parisa Hafezi, avec la contribution de William James à Londres ; version française Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame)

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