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* L'indice des prix PCE progresse de 0,3 % en août; en hausse de 3,4 % en glissement annuel
* L'inflation sous-jacente du PCE progresse de 0,2 %; elle s'établit à 3,0 % en glissement annuel
* Le gouvernement a modifié la méthodologie pour certaines composantes
* Les dépenses de consommation bondissent de 0,9 %; le taux d'épargne a été revu à la hausse
* Le produit intérieur brut progresse à un taux révisé à la hausse de 2,2 % au deuxième trimestre
par Lucia Mutikani
L’inflation américaine a augmenté moins que prévu en août et les pressions sur les prix ont été plus modérées le mois dernier que ce qui avait été initialement annoncé, ce qui devrait réduire l’urgence pour la Réserve fédérale de relever à nouveau ses taux d’intérêt en octobre.
Une nouvelle hausse des taux cette année reste toutefois envisageable, le rapport publié mercredi par le ministère du Commerce ayant montré une forte progression des dépenses de consommation le mois dernier. Jusqu’à présent, l’économie semble tenir bon malgré les vents contraires liés au conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part, qui a entraîné une hausse des prix de l’énergie, le prix du diesel ayant notamment atteint des niveaux records. Les marchés financiers ont revu à la baisse leurs anticipations d’une hausse des taux le mois prochain.
« Les données sur les prix du mois d’août, moins mauvaises que redouté, pourraient permettre à la Fed de gagner du temps pour attendre davantage de données et de s’abstenir le 28 octobre, mais une inflation toujours élevée ainsi qu’une consommation et une économie résilientes laissent présager une nouvelle hausse des taux d’ici la fin de l’année », a déclaré Sal Guatieri, économiste senior chez BMO Capital Markets.
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE) a progressé de 0,3 % le mois dernier, après une hausse révisée à la baisse à 0,1 % en juillet, a indiqué le Bureau d’analyse économique du département du Commerce. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une hausse de 0,4 % de l’indice des prix PCE, après une hausse initialement annoncée à 0,2 % en juillet.
Sur les douze mois clos en août, l’inflation mesurée par l’indice PCE a progressé de 3,4 %, après une hausse de 3,4 % révisée à la baisse en juillet. L’inflation mesurée par l’indice PCE avait initialement été annoncée à 3,7 % en juillet en glissement annuel. Le BEA a modifié sa méthodologie de calcul des prix des logiciels et accessoires, des frais de gestion de portefeuille et des services juridiques dans l’indice des prix PCE.
Il a également révisé les données d’inflation remontant jusqu’à 2021.
Hors composantes volatiles que sont l’alimentation et l’énergie, l’indice des prix PCE a progressé de 0,2 % sur le mois, après une hausse révisée à la baisse de 0,1 % en juillet. L’inflation dite « sous-jacente » du PCE avait auparavant été estimée à 0,2 % en juillet.
LES PROBABILITÉS D’UNE HAUSSE DES TAUX EN OCTOBRE S’AMINCISSENT
L’inflation PCE sous-jacente a augmenté de 3,0 % en glissement annuel en août, après une hausse de 3,0 % révisée à la baisse en juillet. L’inflation sous-jacente avait initialement été estimée à 3,3 % sur les douze mois clos en juillet. La banque centrale américaine suit les mesures des prix PCE pour son objectif d’inflation de 2 %.
La Fed a relevé ce mois-ci son taux d'intérêt de référence au jour le jour pour le porter dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, ce qui constitue la première hausse des taux depuis trois ans, et a laissé entrevoir de nouvelles hausses des coûts d'emprunt dans les mois à venir. Les chances d'une hausse des taux en octobre ont été réduites par les commentaires formulés mardi par le président de la Fed de New York, John Williams, qui a déclaré ne voir « aucune urgence » à prendre de nouvelles mesures.
Les marchés financiers tablaient sur une probabilité d’environ 34,9 % d’une hausse des coûts d’emprunt lors de la réunion des 27 et 28 octobre, selon l’outil FedWatch du CME. Ce chiffre était en baisse par rapport aux 51,5 % enregistrés avant la publication des données sur l’inflation et aux 70 % de lundi. Les actions américaines ont progressé. Le dollar s’est affaibli face à un panier de devises. Les rendements des bons du Trésor américain ont baissé.
Une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt pourrait freiner les dépenses de consommation. Une enquête publiée mardi par le Conference Board a révélé que la confiance des consommateurs avait chuté en septembre à son plus bas niveau depuis près de 12 ans et demi. Il n’y a toutefois pas encore de signes indiquant que les consommateurs réduisent significativement leurs dépenses.
Les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers de l’activité économique, ont bondi de 0,9 % le mois dernier après une hausse révisée à la baisse de 0,1 % en juillet, a indiqué le BEA. Les dépenses avaient auparavant été estimées à une hausse de 0,2 % en juillet. Corrigées de l’inflation, les dépenses de consommation ont augmenté de 0,6 %.
Les dépenses sont en passe d’enregistrer un nouveau trimestre de forte croissance après avoir progressé à un taux annualisé de 3,8 % au cours du trimestre d’avril à juin, contribuant ainsi à porter la croissance économique à 2,2 % pendant cette période. Le produit intérieur brut a également été soutenu par les investissements des entreprises liés au développement des infrastructures d’IA, les dépenses des entreprises en équipements ayant affiché un nouveau trimestre de croissance à deux chiffres.
Les dépenses de consommation sont également soutenues par les hausses boursières liées à l’IA, ainsi que par le fait que les ménages puisent dans leur épargne et mettent moins d’argent de côté pour les jours difficiles. Les revenus personnels ont augmenté de 0,2 % en août. Le revenu disponible des ménages, après prise en compte des impôts, a progressé de 0,3 %. Le revenu disponible est toutefois resté stable après ajustement en fonction de l’inflation.
Le taux d’épargne a reculé à 4,1 % le mois dernier, contre 4,6 % en juillet. Les révisions annuelles ont toutefois montré que les ménages disposaient d’une épargne plus importante que ce qui avait été estimé précédemment.
« Les ménages à revenus moyens et modestes, pour lesquels le revenu est si déterminant pour le pouvoir d’achat compte tenu de l’absence d’actifs financiers, ont subi moins de pressions financières que ce que l’on craignait », a déclaré James Knightley, économiste en chef pour les marchés internationaux chez ING.

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