
L'Oréal_3 (Crédit: L. Grassin / Flickr)
Le marché des parfums et cosmétiques figure parmi les marchés les plus résistants et défensifs. Le directeur général de L'Oréal l'a encore souligné il y a quelques semaines : «Le marché de la beauté continue à être dynamique», a déclaré Nicolas Hieronimus à l'occasion d'un échange informel avec la presse. Il est moins porté cette année par la Chine, «qui reste au point mort», ou par les Etats-Unis, «qui ralentissent», que par les marchés des pays émergents, tels l'Amérique latine, mais aussi par l'Europe.
Au premier trimestre, au demeurant, L'Oréal avait vu son chiffre d'affaires (à devises et périmètre constants) progresser de 16,2% en Amérique latine et de 12,6% en Europe, soit bien plus que la croissance du marché mondial de la beauté, estimée alors autour de 6%. «La beauté est importante pour l'Europe et l'Europe pour la beauté», a commenté Nicolas Hieronimus. Notre continent a contribué, en 2023, pour 31% aux revenus de L'Oréal, dont la part de marché y est de 20% (de 25% en France).
Une terre d'innovation
«La plupart des leaders de la beauté sont européens. Le made in Europe reste valorisé par les consommateurs», a souligné le directeur général, ajoutant que les produits sont souvent lancés d'abord sur notre continent, ce qui permet au numéro un mondial de la beauté d'y «renforcer ses parts de marché».
Plus généralement, le dirigeant explique la vigueur de la demande par des tendances structurelles, comme «l'allongement de la longévité dans l'hémisphère Nord, la “premiumisation”, l'arrivée de nouveaux consommateurs dans les émergents, la diversité de la couleur de la peau et des cheveux».
Phénomène plus récent (et renforcé par la pandémie), «la recherche du bien-être» contribue aussi au dynamisme de la demande. Dans une économie européenne au ralenti et marquée par l'inflation, les consommateurs ont pu renoncer aux gros achats, comme une nouvelle voiture, mais «ils cherchent à se faire plaisir» par un parfum ou un produit de beauté, constate Nicolas Hieronimus.
Bien que chère (32fois le bénéfice 2025), l'action L'Oréal a bien résisté dans une Bourse baissière depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, reflet d'un marché de la beauté qui dispose de forces de rappel mondiales et d'une France qui ne pèse plus que 6% de l'activité du groupe.
L'Oréal est bien valorisé, mais sa solide croissance au premier trimestre ne semble pas avoir été remise en question depuis. Une valeur de qualité à conserver en portefeuille.
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