L'Europe prise en étau entre l'escalade au Moyen-Orient et une Fed plus incertaine
information fournie par Zonebourse 19/03/2026 à 08:37
La Fed a, comme prévu, maintenu mercredi soir ses taux dans un intervalle allant de 3,50 à 3,75%, citant le manque de progrès réalisé sur le front de la désinflation et sur les risques associés à la guerre contre l'Iran sur l'économie américaine.
Son président, Jerome Powell, a ensuite averti que la politique monétaire de la banque pourrait rester à un niveau restrictif plus longtemps que prévu.
Ses projections laissent encore entrevoir une baisse de taux en 2026 suivie d'une autre en 2027, mais laissent aussi penser que la Fed pourrait se montrer plus restrictive que prévu au cours des mois qui viennent.
La Fed navigue à vue
Son président, Jerome Powell, a souligné le haut degré d'incertitude lié au conflit, estimant qu'une hausse marquée des prix de l'énergie pourrait à la fois raviver les tensions inflationnistes et peser sur la croissance.
Les prévisions d'inflation sous-jacente PCE de la banque centrale américaine se trouvent d'ailleurs légèrement revues à la hausse, à 2,7% pour 2026 et 2,2% pour 2027.
La Bourse de New York a fini en baisse après les annonces de la Fed, qui témoignent d'une prudence certaine quant aux implications de la situation actuelle.
A la clôture, le Dow Jones perdait 1,6%, le S&P 500 cédait 1,4% et le Nasdaq 100 abandonnait 1,4%.
A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei lâchait près de 3,5% jeudi en fin de séance.
Le scénario d'un choc énergétique se matérialise
Au-delà du ton peu amenant de la Fed, les marchés boursiers pâtissent par ailleurs d'une intensification des frappes au Proche-Orient, où les attaques se sont multipliées contre les installations énergétiques, surtout gazières, cette nuit.
La suspension du champ gazier de Shah, aux Emirats arabes unis, et de l'infrastructure pétrolière de Majnoon, en Irak, fait redouter un basculement des risques d'approvisionnement, qui semblent désormais être passés du simple stade des anticipations à celui de perturbations effectives.
Cette intensification des combats a un effet immédiat sur les prix pétroliers: le Brent grimpe de 5,8% à près de 113,6 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s'adjuge 1,2% à 97,5 dollars, à des plus hauts de quasiment quatre ans.
Du point de vue des spécialistes, un tel niveau niveau de prix, durablement élevés, ne traduit plus seulement un simple sentiment de marché défavorable, mais un véritable déficit au niveau de l'offre.
"Le marché craint désormais un nouveau choc de coûts, susceptible d'alimenter l'inflation et de rogner directement les marges des entreprises", prévient Linh Tran, analyste marchés chez XS.com.
Un avis partagé par les stratèges de Bank of America.
"Nous restons convaincus que le marché se concentre trop sur les risques haussiers liés à l'inflation mais qu'il s'inquiète insuffisamment des risques baissiers qui pèsent sur la croissance, principalement dus au récent choc sur les prix du pétrole", prévient la banque américaine dans une note parue dans la nuit.
L'aversion au risque domine, l'or perd son statut de valeur refuge
Sur le compartiment obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans progresse de presque six points de base autour de 4,26%, la perspective de taux d'intérêt maintenus à des niveaux élevés sur une longue durée pesant sur le marché.
Après la Fed hier, la Banque centrale européenne (BCE) doit publier à son tour son communiqué de politique monétaire à 14h15, qui devrait elle aussi se traduire par des taux inchangés et un discours prudent sur la résurgence des tensions inflationnistes.
Avant la BCE le marché aura pris connaissance des décisions de la Banque d'Angleterre (BoE), ainsi que des banques centrales de Suisse et de Suède.
Signe de l'aversion généralisée pour le risque, l'or subit un net repli (-2,3% à 4 783,6 dollars) et a désormais enfoncé son support clé des 4 850-4 900 dollars après avoir cassé le seuil psychologie des 5 000 dollars, ce qui témoigne d'un changement de paradigme autour du métal jaune, habituellement porté par son statut de valeur refuge.
Selon les professionnels, cette tendance semble indiquer que les investisseurs privilégient désormais des stratégies de couverture plus ciblées contre l'inflation, notamment via des instruments ayant trait à l'énergie.
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