Le tableau de l'indice boursier allemand DAX à la bourse de Francfort
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse lundi, les actifs risqués étant fortement pénalisés par l'extension du conflit militaire au Moyen-Orient, qui entraîne une hausse des prix du pétrole et ravive les craintes inflationnistes.
À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 2,17% à 8.394,32 points. Le Footsie britannique a perdu 1,20 et le Dax allemand 2,42%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 2,38%, le FTSEurofirst 300 a perdu 1,64% et le Stoxx 600 a reculé de 1,65%.
Les Bourses européennes ont démarré la semaine avec une forte aversion au risque, l'opération militaire lancée samedi par les États-Unis et Israël contre l'Iran, un tournant dans la région du Moyen-Orient, se poursuivant et s'étendant au Liban, ravivant les craintes d'une hausse de l'inflation.
L'attention des investisseurs se concentre principalement sur le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique à l'océan Indien, et dont la perturbation reste une source d'angoisse pour le marché, ce passage étant une voie essentielle pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL).
"La crise iranienne renforce un changement structurel que nous soulignons depuis quelques temps : la géopolitique redevient un facteur macroéconomique récurrent", selon Monica Defend, directrice d'Amundi Investment Institute, soulignant qu'à court terme cela alimente le risque d'inflation, la vigueur du dollar américain et la dispersion des classes d'actifs.
Le prix du Brent prend 6,88% à 77,88 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 6,04% à 71,07 dollars, réduisant toutefois légèrement la hausse amorcée pendant la nuit sur les marchés asiatiques.
Selon l'Agence internationale de l'énergie et des analystes, le marché pétrolier reste bien approvisionné malgré les risques au Moyen-Orient, les augmentations de l'offre de producteurs tels que les États-Unis, la Guyane et l'Opep+ devant dépasser la demande mondiale cette année.
L'annonce dimanche par l'Opep+ d'une augmentation de la production de 206.000 barils par jour en avril a probablement contribué à atténuer légèrement la pression sur les prix du pétrole, souligne Indosuez Wealth Management dans uen note.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de prix du gaz naturel, a pour sa part augmenté de plus de 40% lundi pour atteindre 45,38 euros par mégawattheure (MWh) sur l'Intercontinental Exchange.
Les prix de l'énergie font l'objet d'une attention particulière, car ils influencent le coût des carburants et, plus généralement, les perspectives d'inflation, ce qui pourrait avoir une incidence sur la politique monétaire des banques centrales à travers le monde.
Ces inquiétudes se sont reflétées lundi sur le marché obligataire, qui a vu les rendements augmenter fortement dans l'après-midi des deux côtés de l'Atlantique.
VALEURS
Les perturbations causées par le conflit au Moyen-Orient ont affecté les actions de nombreux secteurs ce lundi.
Les groupes énergétiques ont été les grands gagnants (+2,12%), bénéficient de la hausse des prix du brut. TotalEnergies a pris 3,09%, Eni 3,63% et Shell 1,90%.
Les compagnies aériennes, parmi lesquelles Lufthansa (-5,2%) et Air France KLM (-9,4%), ont en revanche terminé en forte baisse, les analystes voyant divers risques pour le secteur, dont les annulations de vols et la flambée des prix du carburant.
Accor, également pénalisé par les risques pesant sur le secteur des voyages, a perdu près de 9%.
Les banques européennes ont également souffert, le compartiment du Stoxx reculant de 3,17%, sa plus forte baisse depuis avril 2025, tout comme le luxe, qui a perdu 4,35%.
A WALL STREET
La Bourse de New York cède du terrain à la clôture des marchés européens, mais réduit les pertes enregistrées en début de séance.
Le Dow Jones perd 0,55%, le Standard & Poor's 500 0,45% et le Nasdaq Composite 0,30%.
Comme en Europe, le secteur des voyages est fortement perturbé, les compagnies aériennes Delta et United Airlines reculant d'entre 3% et 4%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Outre la situation géopolitique qui monopolise le marché ce lundi, les investisseurs ont pris connaissance de nouvelles données sur l'activité manufacturière en Europe et aux États-Unis.
Dans la zone euro, l'activité a touché en février un plus haut niveau depuis près de quatre ans, grâce à la reprise des nouvelles commandes et à l'augmentation de la production industrielle, et malgré la pression exercée par la hausse des coûts sur les marges.
Aux Etats-Unis, la croissance de l'activité manufacturière est restée plutôt stable en février, mais l'indice des prix payés par les usines pour leurs intrants a atteint son plus haut niveau en près de trois ans et demi, soulignant les risques inflationnistes de la politique commerciale américaine.
Les investisseurs ont également pris connaissance des chiffres des ventes au détail en Allemagne, qui ont enregistré une baisse plus marquée que prévu en janvier, selon les données publiées par l'Office fédéral de la statistique.
CHANGES
Les investisseurs se sont tournés lundi vers des valeurs refuges, telles que le dollar américain, qui s'apprécie de 1,13% face à un panier de devises de référence. Le billet vert a également été soutenu par les craintes de voir une hausse de l'inflation repousser la date de la prochaine baisse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale (Fed).
L'euro perd 1,16% à 1,1676 dollar, tandis que le yen recule de 1,08% à 157,76 pour un dollar, l'Europe et le Japon étant plus exposés à la hausse des coûts énergétiques que les États-Unis, qui sont un exportateur net d'énergie.
La Banque nationale suisse s'est déclarée lundi plus disposée à intervenir sur les marchés des devises après que le conflit au Moyen-Orient a poussé le franc suisse, un actif refuge réputé, à son plus haut niveau par rapport à l'euro depuis plus de dix ans.
TAUX
Les craintes d'une hausse de l'inflation perturbent les prévisions de politique monétaire des banques centrales ont fait grimper les rendements obligataires.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 5,6 points de base à 2,7100%, tandis que celui à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a gagné 7,7 points de base à 2,0879%.
Le mouvement est similaire aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans progressant de 9 points de base à 4,0517% et le deux ans de 10,6 points de base à 3,4854%.
A SUIVRE LE 3 MARS:
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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