Siège du LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, le flou qui règne autour des négociations de paix au Moyen-Orient ayant pesé sur le moral, après un nouvel échange d'attaques entre les États-Unis et l'Iran dans le Golfe.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,71% à 8.150,42 points. À Francfort, le Dax a reculé 1,24% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,40%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 0,71%, le FTSEurofirst 300 de 0,67% et le Stoxx 600 de 0,54%.
Les nouveaux incidents au Moyen-Orient, notamment une attaque iranienne qui a causé des dégâts à l'aéroport du Koweït et les frappes américaines dans le détroit d'Ormuz, ont provoqué une nouvelle flambée des prix du pétrole mercredi et contribué à refroidir les espoirs d'une paix prochaine entre les Etats-Unis et l'Iran.
Donald Trump a réaffirmé dans le podcast "Pod Force One" que l'Iran avait accepté de ne jamais avoir l'arme atomique et dit que le guide suprême iranien participait aux négociations en cours, mais les investisseurs semblent s'être déjà habitués aux commentaires optimistes du locataire de la Maison blanche et les accueillent avec prudence, constatant que la hausse des prix de l'énergie se prolonge et, avec elle, les risques liés à l'inflation et à l'activité économique.
Des économistes de la Banque centrale européenne (BCE) ont averti mercredi dans un billet de blog que rien ne garantit que l'impact inflationniste de la crise au Moyen-Orient sur la zone euro sera moins grave que celui qu'a connu le bloc en 2022, juste après le début de la guerre en Ukraine et dans un contexte de reprise post-COVID.
Un sondage réalisé par Reuters auprès d'économistes révèle que la grande majorité d'entre eux s'attend à un relèvement du taux de dépôt de la BCE à 2,25% le 11 juin prochain, puis à une nouvelle hausse en septembre, afin d'apporter une réponse équilibrée face à un contexte d'inflation et à un ralentissement économique.
Les répercussions du conflit devraient en effet se faire également sentir sur l'activité économique cette année : l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a légèrement abaissé mercredi sa prévision du produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2026, notant que l'augmentation des coûts pèse sur la demande des ménages et l'activité des entreprises.
"La croissance ralentit, les conditions de crédit se sont resserrées et les signes d'effets salariaux de second tour généralisés restent limités. De plus, la politique monétaire ne peut s'attaquer aux causes profondes d'un choc lié à l'offre. La hausse des taux en juin servirait donc principalement à préserver la crédibilité de la BCE en matière de lutte contre l'inflation et à ancrer les anticipations", écrit Martin Wolburg, économiste chez Generali Investments.
Les secteurs européens de l'automobile, de la construction, des métaux, de la chimie et des transports pourraient perdre jusqu'à 1,3 million d'emplois cette année en raison de la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit entre les États-Unis et l'Iran, a averti mercredi la commissaire au Travail, Roxana Minzatu.
VALEURS
A Paris, Valeo s'est envolé de plus de 18%, JP Morgan ayant estimé dans une note de recherche que les centres de données, l'intelligence artificielle et la résilience de l'activité automobile devraient permettre d'améliorer les marges du groupe.
Cette forte hausse est la plus importante depuis la reprise de l'action après la pandémie de COVID-19 en mars 2020 et intervient à peine deux mois après qu'elle a atteint son plus bas niveau en plus de 16 ans, dans un contexte de faiblesse générale du secteur automobile européen.
Ailleurs en Europe, Inditex a gagné 1,48%, le propriétaire de l'enseigne Zara ayant fait état d'un bon démarrage de la saison estivale.
Le distributeur de mode britannique Debenhams a pour sa part grimpé de 14% après la publication de ses résultats au premier trimestre et la confirmation de sa prévision de bénéfice d'exploitation ajusté pour l'année en cours.
Le compartiment de la distribution en Europe s'est ainsi démarqué au sein du Stoxx 600, avec un gain de 1,21%, alors que la grande majorité des secteurs ont fini dans le rouge.
Le secteur des services financiers a été pénalisé (-2,46%), dans le sillage de la société suisse spécialisée dans les marchés privés Partners Group (-16%), qui a restreint les rachats dans l'un de ses fonds de capital-investissement.
A WALL STREET
Après une série de records récents de la Bourse de New York, le Dow Jones perd 0,87%, le Standard & Poor's 500 cède 0,54% et le Nasdaq Composite recule de 0,77%.
Les actions et les secteurs qui ont mené la hausse ces derniers jours sont ceux qui enregistrent les baisses les plus marquées mercredi, notamment les valeurs liées aux logiciels, qui abandonnent 3,98%.
Les perspectives encourageantes des fabricants de semi-conducteurs ont toutefois permis à la Bourse de New York d'enchaîner des records ces derniers jours malgré les incertitudes géopolitiques.
"L'observation du graphique sur les dernières décennies montre que l'écart entre l'indice SOX et sa moyenne mobile sur 50 mois n'a jamais été aussi important depuis…la bulle internet à la fin des années 90 !", écrit Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
LES INDICATEURS DU JOUR
La séance a été riche en données macroéconomiques, parmi lesquelles les indices définitifs relatifs à l'activité du secteur privé en mai.
Dans la zone euro, l'activité s'est contractée le mois dernier au rythme le plus rapide en 18 mois, tandis que les pressions sur les coûts ont atteint leur niveau le plus élevé en plus de trois ans.
En France, le secteur des services s'est contracté en mai à son rythme le plus rapide en cinq ans et demi, la faiblesse de la demande et la hausse des coûts en raison de la guerre en Iran ayant durement touché les entreprises.
Aux Etats-Unis, la croissance du secteur des services s'est en revanche accélérée, les entreprises ayant passé des commandes et reconstitué leurs stocks en prévision de pénuries et de hausses de prix.
Dans ce même pays, l'enquête mensuelle du cabinet ADP a révélé que le secteur privé a créé plus d'emplois que prévu en mai, ce qui témoigne de la bonne santé de l'économie américaine, dans l'attente des chiffres du rapport sur l'emploi, prévu vendredi.
PÉTROLE
Les incidents au Moyen-Orient font progresser à nouveau les prix du pétrole et rapprochent une nouvelle fois le Brent, référence mondiale du marché, des 100 dollars le baril.
Le Brent prend 2,06% à 97,98 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,3% à 95,92 dollars.
CHANGES
Le dollar gagne 0,23% face à un panier de devises de référence, les hostilités dans le Golfe renforçant la demande pour la devise américaine, tandis que l'euro cède 0,21% à 1,1606 dollar.
La vigueur du dollar contribue à faire passer le yen japonais au-dessus de la barre des 160 pour un dollar, un niveau auquel les autorités nippones sont déjà intervenues par le passé pour soutenir la monnaie nationale.
TAUX
Les rendements obligataires ont progressé mercredi dans la zone euro, sur fond de craintes inflationnistes.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 6,4 points de base à 3,0391%, tandis que celui de l'obligation à deux ans a gagné 5,8 points de base à 2,6766%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 4,4 points de base à 4,4986%. Celui du titre à deux ans avance de 3,6% points de base à 4,0865%.
A SUIVRE LE 4 JUIN :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)

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