L'Europe boursière pliée par des vents contraires en provenance du Moyen-Orient
information fournie par Zonebourse 03/03/2026 à 17:49
Alors que les bruits des bombes et des bottes agitent le Moyen-Orient, la planète financière s'émeut de la brusque envolée des cours de l'or noir avec un baril de Brent qui s'approche des 84 USD ( 7%). De nombreux pétroliers sont en effet bloqués dans le détroit d'Ormuz, étroit passage maritime au large de l'Iran par lequel transite près de 20% des flux mondiaux d'hydrocarbures.
"Les événements qui se sont déroulés au Moyen-Orient ce week-end marquent une régionalisation accrue des conflits antérieurs, augmentant le risque d'une crise prolongée qui pourrait peser sur les prix du pétrole si les tensions persistent au cours des prochaines semaines", soulignait ce matin Michaël Lok, CIO Groupe et Co-CEO de la division Asset Management de l'UBP.
Chez J Safra Sarasin, on dessine trois trajectoires possibles. Le scénario central, considéré comme le plus probable (50%), table sur une campagne courte et décisive : le pétrole se stabiliserait autour de 75USD le baril, entraînant une hausse temporaire de l'inflation d'environ 0,5 point et un impact modéré sur la croissance, sans remise en cause majeure des perspectives de marché malgré plus de volatilité.
Dans le scénario défavorable (25%), le conflit s'enliserait et perturberait les infrastructures énergétiques régionales, propulsant le pétrole au-delà de 100USD pendant plusieurs mois, alimentant une inflation persistante et une hausse de l'or vers 6 000USD.
À l'inverse, le scénario favorable (25%) repose sur une issue rapide en quelques semaines, avec des retombées économiques mondiales limitées et un apaisement rapide des marchés financiers.
Dans ce contexte d'incertitude, les marchés sont nerveux, comme en témoigne l'envolée du VIX (ou "indice de la peur") de 17%, pour atteindre 25, soit bien au-delà de la zone de stress (>20).
Des valeurs en mouvement
À Paris, 39 des 40 valeurs qui composent le CAC sont en rouge, seule Capgemini parvenant à tirer son épingle du jeu ( 2,8%).
A l'autre bout du spectre, on retrouve Kering (-6,3%), Legrand (-6,1%) et Saint-Gobain (-5,7%).
Notons que le secteur automobile européen est en difficulté depuis le début de la semaine. La réaction est classique : en période de choc géopolitique majeur, les investisseurs réduisent leur exposition aux valeurs cycliques, perçues comme les plus sensibles à un ralentissement économique. Renault lâche 3,7%, Stellantis recule de 3,9%, VW recule de 3,3%, Mercedes de 1,3% et BMW de 2,8%.
Dans le reste de l'actualité des sociétés, TotalEnergies a signé un accord avec Allianz Global Investors (AllianzGI) pour la cession de 50% d'un portefeuille de 11 projets de stockage par batteries d'une capacité totale de 789MW - 1 628MWh. Avec cet accord, les partenaires investiront 500 millions d'euros dans des infrastructures énergétiques cruciales pour l'Allemagne, dont 70% seront financés par de la dette.
Thales a publié des résultats annuels 2025 solides, malgré l'impact d'une surtaxe exceptionnelle en France. Le groupe enregistre des commandes de 25,3MdsEUR et une croissance des ventes accélérée au-delà de la guidance ( 8,8% organique à 22,1MdsEUR).
Amazon et RWE ont signé un accord d'achat d'électricité (PPA) pour 110 mégawatts (MW) provenant du parc éolien offshore Nordseecluster B allemand de RWE.
Rio Tinto a approuvé le projet Zulti South de Richards Bay Minerals (RBM), levant ainsi la suspension en vigueur depuis janvier 2020. Cet investissement de 473 millions de dollars vise à prolonger la durée de vie de la mine jusqu'en 2050 et à garantir la continuité opérationnelle de RBM pour les années à venir.
Une statistique et des chiffres
Sur le front des statistiques, les investisseurs ont aussi été refroidis par la statistique de l'inflation dans la zone euro. Celle-ci ressort à 1,9% en février 2026, contre 1,7% en janvier, selon l'estimation rapide publiée par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.
De son côté, l'inflation sous-jacente passe de 2,2% à 2,4%, une mauvaise surprise pour la BCE, d'autant que les prix du pétrole liés à l'opération au Moyen-Orient sont déjà inflationnistes.
"Les déclarations du chef économiste de la BCE, Philip Lane, indiquant que l'environnement actuel plaide pour ne pas prendre de risque avec l'inflation, montrent qu'une partie du Conseil des gouverneurs pourrait adopter une posture plus offensive. Cela explique la forte hausse des taux courts européens ce matin", indique Bastien Brut, analyste chez CPR AM.
Enfin, l'euro recule de 0,8% face au billet vert, à 1,15 USD.
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