* Il craint "un retrait massif des entreprises européennes"
* La bonne volonté européenne ne suffira pas, juge-t-il
* Le départ de Total aurait un effet d'entraînement
par John Irish
PARIS, 18 mai (Reuters) - Le représentant des intérêts
commerciaux français à Téhéran redoute un exode massif des
entreprises européennes après le retrait des Etats-Unis de
l'accord sur le nucléaire et craint que les efforts européens
pour l'empêcher se révèlent vains.
L'Union européenne s'est dite vendredi déterminée à sauver
l'accord de Vienne de juillet 2015, qui encadre les activités
nucléaires de l'Iran en échange d'une levée progressive des
sanctions économiques frappant Téhéran.
"Ce qu'on peut malheureusement craindre, c'est un retrait
massif des entreprises européennes", estime pour sa part
Matthieu Etourneau, directeur général du Centre français des
affaires de Téhéran, lors d'une conférence de l'Institut
français des relations internationales.
Le groupe pétrolier français Total TOTF.PA a confirmé
mercredi qu'il ne pourrait poursuivre son projet de
développement du plus grand gisement de gaz naturel au monde, en
Iran, qu'à la condition d'obtenir une dérogation le protégeant
contre toute sanction "secondaire" des Etats-Unis.
Si l'arrivée de grandes entreprises comme Total a eu un
effet d'entraînement dans la région pour toute une série de
sociétés sous-traitantes, leur départ aura un effet exactement
inverse, estime-t-il.
"Ce qui se dessine, c'est que les entreprises impliquées
vont faire plusieurs demandes d'exemptions ou de 'waivers' mais
la ligne américaine est extrêmement intransigeante sur la
question, il est donc peu probable que ces exemptions soient
accordées", anticipe-t-il.
CHANGEMENT DE RÉGIME
Entre autres mesures à l'étude, la Commission européenne a
enclenché vendredi les procédures d'une "loi de blocage" datant
de 1996, encore jamais employée, qu'elle chercher à actualiser
pour protéger ses entreprises des sanctions que les Etats-Unis
s'apprêtent à réinstaurer à l'issue d'un délai de 90 à 180 jours
suivant la décision de Donald Trump.
Les sanctions américaines visent notamment le secteur
pétrolier, prépondérant dans l'économie iranienne, et les
transactions passées avec la Banque centrale iranienne.
Tout en saluant l'initiative européenne, Matthieu Etourneau
est sceptique quant à sa capacité à bloquer à temps les
sanctions, à l'heure où les entreprises sont contraintes de
prendre des décisions rapides avant l'expiration des délais.
"On a le sentiment que la position américaine c'est le
changement de régime", dit-il "qu'est qu'on peut faire dans ce
cadre-là ?".
Certaines petites banques françaises comptant des clients
faisant affaire en Iran ont déjà prévenu qu'il était peu
probable que leurs services dans le pays se poursuivent au-delà
du 6 août, note-t-il, et les sanctions liées aux transactions
avec la Banque centrale vont encore compliquer les choses.
"En absence d'accompagnement bancaire, l'ensemble des
secteurs économiques seront impactés, y compris ceux qui sont
encore soumis à des exemptions comme la santé et
l'agroalimentaire", prédit-il. Un rééquilibrage passant par un
renforcement des liens économiques entre l'Iran et les pays
asiatiques est à prévoir, ajoute-t-il.
"A court terme, le plus facile à mettre en place serait une
prise en charge par les États européens des sanctions
américaines qui serait imposées à certaines entreprises",
estime-t-il.
(Julie Carriat pour le service français, édité par Yves
Clarisse)
L'émissaire du Medef en Iran pessimiste pour les sociétés européennes
information fournie par Reuters 18/05/2018 à 16:46
| 28,600 EUR | Euronext Paris | -1,17% | |
| 6,522 EUR | Euronext Paris | +1,84% | |
| 75,800 EUR | Euronext Paris | +0,70% |
© 2026 Thomson Reuters. All rights reserved.
Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies.
A lire aussi
-
Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rendra samedi aux Canaries pour coordonner l'évacuation des passagers du paquebot touché par l'hantavirus, attendu le lendemain dans l'archipel espagnol, ont indiqué vendredi des sources au sein du ministère ... Lire la suite
-
Donald Trump a annoncé vendredi un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie à partir de samedi, disant espérer que cette trêve signe le "début de la fin" du conflit. Moscou avait déjà décrété de son côté une trêve avant les commémorations en Russie ... Lire la suite
-
La ministre française déléguée aux Anciens combattants, Alice Rufo, participe à Sétif, en Algérie, à la commémoration des manifestations indépendantistes du 8 mai 1945, réprimées dans le sang par l'armée française.
-
L'homme de 23 ans soupçonné d'avoir tué à coups de couteau Chloé, une collégienne de 14 ans mercredi dans l'Aisne, a été mis en examen vendredi pour assassinat et viols, et placé en détention provisoire, a annoncé le procureur de Laon. Le suspect a été mis en examen ... Lire la suite
Mes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer