Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine, lors d'une audition de la commission bancaire du Sénat sur sa nomination au Capitole, le 21 avril 2026 à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
Le Sénat américain a validé mercredi la nomination du candidat de Donald Trump, Kevin Warsh, à la tête de la puissante banque centrale des États-Unis, la Réserve fédérale (Fed).
M. Warsh, 56 ans, n'a plus qu'à prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans.
Les sénateurs républicains, majoritaires, ont reçu l'appui d'un seul élu du camp adverse, John Fetterman, qui vote régulièrement avec eux.
M. Fetterman mis à part, l'opposition démocrate dénonce cette nomination, doutant de la capacité de Kevin Warsh à tenir tête à Donald Trump.
Le président américain attend des taux d'intérêt plus bas pour stimuler l'économie. Il minimise la poussée de fièvre inflationniste en cours, que la Réserve fédérale est censée endiguer.
Avant le vote, le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a affirmé que M. Trump était en "croisade contre l'indépendance de la Fed".
"Alors que la guerre désastreuse menée par ce gouvernement et son programme économique raté font grimper les coûts, Donald Trump ne cherchera qu'à exercer davantage de pression sur la Fed pour qu'elle manipule les taux d'intérêt dans le sens de son seul profit politique", a estimé l'élu dans un communiqué.
- "Nouvelle ère" -
La chambre haute avait déjà validé mardi l'entrée de Kevin Warsh au conseil des gouverneurs de la Fed, pour quatorze ans cette fois.
"Le président Warsh va ouvrir une nouvelle ère au sein d'une institution qui a besoin de transparence, d'orientations politiques solides et d'un sens du devoir renouvelé", a réagi le ministre des Finances Scott Bessent sur X.
Kevin Warsh, candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine, lors d'une audition de la commission bancaire du Sénat sur sa nomination au Capitole, le 21 avril 2026 à Washington ( AFP / Mandel NGAN )
M. Trump avait envisagé de promouvoir Kevin Warsh dès 2018, du temps de son premier mandat à la Maison Blanche. Il lui avait finalement préféré Jerome Powell, renouvelé sous le démocrate Joe Biden, dont la présidence s'achève vendredi.
Donald Trump avait très vite regretté son choix et l'a fait savoir en multipliant les injures et pressions à l'encontre de M. Powell.
Nombre d'observateurs prédisent à Kevin Warsh le même sort s'il n'abaisse pas les taux directeurs.
Cette mission semble quasi impossible dans l'immédiat.
Le président de la Fed est une voix très écoutée mais son vote ne pèse pas plus lourd que celui des onze autres membres du comité fixant les taux américains.
La plupart sont aujourd'hui focalisés sur l'inflation qui s'écarte vivement de leur objectif (2%) du fait du choc énergétique créé par la guerre au Moyen-Orient. Les prix à la consommation augmentent à un rythme qui n'avait plus été vu depuis quasiment trois ans (+3,8% sur un an en avril).
- Powell reste à la Fed -
Devenu le plus jeune membre du conseil des gouverneurs en 2006, Kevin Warsh avait démissionné en 2011 en désaccord avec la politique monétaire d'alors, trop accommodante à ses yeux. Cela lui a valu une réputation de banquier central "faucon", soucieux de l'inflation.
En campagne pour le poste de président, il s'est récemment montré sous un jour plus "colombe".
Le président de la Fed, Jerome Powell et Lisa Cook, membre du conseil des gouverneurs, le 25 juin 2025 à Washington ( AFP / SAUL LOEB )
"M. Warsh pourrait peut-être voter pour une baisse des taux", dit à l'AFP Mark Zandi, économiste à Moody's, "mais il sait qu'il ne l'emportera pas", la plupart des responsables "ne voudront pas bouger, voire voudront commencer à relever les taux" au vu de l'inflation.
Kevin Warsh, qui entend engager un "changement de régime" à la Fed, va siéger aux côtés de responsables dont il a sévèrement critiqué les choix.
Le premier d'entre eux est Jerome Powell. Celui qui a incarné la Fed pendant huit ans a décidé de rompre avec la tradition en restant comme simple gouverneur (ce qu'il peut faire jusque janvier 2028) tant que l'exécutif fait planer sur lui la menace de poursuites judiciaires.
Autour de la table figure aussi la gouverneure Lisa Cook, une autre cible du président républicain qui a tenté de la révoquer. La Cour suprême doit rendre prochainement sa décision dans cette affaire.

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